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Virginité perpétuelle de Marie

8 décembre 2008

VIRGINITÉ PERPÉTUELLE DE MARIE

L’Eglise catholique enseigne que Marie était vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus. Dieu a équipé Marie afin qu’elle soit la Mère de Dieu, l’épouse du Saint Esprit et la Mère de l’Eglise. Il l’a préservé de tout péché pour lui permettre d’accomplir ces rôles parfaitement. C’est pourquoi elle fut conçue immaculée. Marie devait être intacte spirituellement et Dieu a voulu que son corps reflète cette pureté. C’est pour cela qu’Il a miraculeusement préservé sa virginité lorsqu’elle donna naissance à Jésus et qu’Il a aussi préservé son corps de la corruption après la mort (son Assomption). L’Ecriture enseigne que nos corps reflètent notre condition spirituelle. Après que l’humanité fut blessée spirituellement par la Chute, nos corps devinrent mortels et soumis à la décomposition. Au ciel, lorsque nous serons spirituellement parfaits, nos corps ressuscités le seront aussi.

Notons au passage combien tout l’enseignement de l’Eglise sur Marie est magnifiquement cohérent et solide théologiquement. La doctrine de la virginité perpétuelle de Marie ne diminue pas la valeur de la sexualité maritale, mais reflète plutôt le rôle unique de Marie dans le plan du salut.

Pour défendre la virginité perpétuelle de Marie, nous devons d’abord examiner les versets utilisés pour attaquer cette doctrine. Ensuite, nous verrons d’autres versets qui l’exposent. Puis nous verrons ce que les Pères de l’Eglise ont enseigné. Et enfin nous verrons que mêmes les Réformateurs (qui ont inventé la sola scriptura)  ont affirmé vigoureusement que  cette doctrine est biblique.

Versets utilisés pour rejeter la virginité perpétuelle de Marie

« Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? » Mt 13, 55

  • Ni l’hébreu, ni l’araméen n’a de mot pour « cousin ». Bien que le texte du Nouveau Testament que nous avons est en grec, qui a un terme pour cela, la traduction littérale de l’hébreu ach, utilisé par Jésus et les disciples, est de fait adelphos en grec, que nous traduisons par « frère ». Or ce terme dans la Bible est utilisé dans de multiples circonstances (comme c’est le cas encore aujourd’hui) pour désigner :
  • un enfant mâle ayant les mêmes parents
  • des hommes descendants d’un même parents Ac 7, 23.26; Heb 7, 5
  • des membres d’un même peuple Ac 3, 17.22; Rm 9, 3
  • un voisin, un homme quiconque Lc 10, 29; Mt 5, 22; 7, 3
  • des personnes unis dans un intérêt commun Mt 5, 47
  • des personnes unies dans un appel commun Ap 22, 9
  • des membres de l’humanité Mt 25, 40; Heb 2, 17
  • les disciples et par implication tous les croyants Mt 28, 10; Jn 20, 17
  • les croyants, sans distinction de sexe, Mt 23, 8; Ac 1, 15; Rm 1, 13; 1 Th 1, 4; Ap 19, 10 (le mot «sœurs» est utilisé pour désigner les croyantes uniquement en 1 Tim 5, 2)
  • Dans la Bible hébraïque, Gn 14, 14 désigne Lot comme le « frère » d’Abraham, alors qu’il est son neveu (Gn 11, 26-28). De même en Gn 14,14 Jacob est appelé le « frère » de son oncle Laban (Gn 29, 10). On retrouve d’autres endroits où les mots « frère » ou « frères » sont utilisés pour désigner des membres d’une même famille (Dt 23, 7 ; 2 S 1, 26 ; 1R9, 13 ; 20, 32 ; 2R 10, 13-14 ; Jer 34, 9 ; Am 1, 9).

Si maintenant nous regardons plus précisément le cas de la Sainte Famille, nous découvrons les faits suivants :

  • En Lc 2, 41-51, l’histoire de Marie et de Joseph emmenant Jésus au Temple à l’âge de douze ans montre de façon évidente que Jésus est leur fils unique. Puisque tout le monde s’accorde sur le fait qu’il est le premier né, si il avait (comme certains l’affirme en se basant sur Mt 13, 55) au moins cinq frères, on n’en voit pas la trace dans ce récit qui démontre à lui tout seul qu’il pas plausible que Jésus ait eu des frères.
  • Jésus utilise lui-même le terme « frères » dans un sens large. En Mt 23, 8, il appelle les foules et ses disciples (v.1) « frères ». En d’autres mots, ils ont frères les uns des autres. En Mt 12, 49-50, il appelle ces disciples et tous ceux qui font la volonté de son Père « mes frères ».
  • En comparant Mt 27, 56 ; Mc 15, 40 et Jn 19, 25, nous voyons que Jacques et Joseph (mentionné en Mt 13, 55 avec Simon et Jude comme « frères » de Jésus) sont aussi appelés fils de Marie, femme de Clopas. Cette autre Marie (Mt 27, 61 ; 28, 1) est appelée la adelphe (féminin d’adelphos) de la Vierge Marie en Jn 19, 25 (il est peu probable qu’il y ait eu deux sœurs appelées Marie, ce terme désigne donc des cousines ou des membres d’une même famille). Mt 3, 55-56 et Mc 6, 3 mentionnent Simon, Jude et des « sœurs » avec Jacques et Joseph, les appelant tous adelphoi (pluriel d’adelphos). Puisque nous savons que Jacques et Joseph ne sont pas des frères de sang de Jésus, l’interprétation la plus probable de Mt 13, 55 est que tous ces « frères » sont cousins, selon les conventions linguistiques exposées plus haut.

Mt 1, 24-25 « Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme et il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, et il l’appela du nom de Jésus

Est que « jusqu’au jour » signifie qu’après la naissance de Jésus, Marie a eu des relations sexuelles normales avec Joseph ? Non. Le mot « jusque » ne signifie pas nécessairement un changement de condition (dans ce cas la fin d’une abstinence sexuelle). Par exemple, 1 Co 15, 25 dit que Christ « doit régner jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds ». Cela signifie-t-il qu’après cela Christ cessera de régner ? Non, car il règnera pour toujours (Lc 1, 32-33).

Lc 2, 6-7 «  Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né »

« Premier né », en grec protokos, signifie en premier lieu « prééminent » : par ex. David est décrit comme le premier né, le plus grand des rois de la terre (Ps 89, 27) ou Dieu appelle Ephraïm (Jer 31, 9) et le peuple d’Israël (Ex 4, 22) « mon premier né ». Enfin les chrétiens sont appelés « les premiers nés » en Heb 12, 23.

Dans un sens plus littéral cependant, « premier né » désigne chez les juifs l’enfant qui, le premier ouvre le sein (Ex 13, 2). Le premier né, selon la loi mosaïque devait être racheté dans les 40 jours suivant sa naissance (Ex 34, 20). A ce moment la mère ne sait pas si elle aura d’autres enfants. Le titre de premier né, cependant sera celui qu’elle utilisera pour désigner son fils, même si celui-ci sera son unique.

Versets à utiliser pour défendre la virginité perpétuelle de Marie

Il nous faut garder à l’esprit deux éléments pendant l’étude de ces versets :

  • 1) Les «frères» de Jésus ne sont jamais appelé «fils de Marie»
  • 2) Certains de ces «frères» conseillent et réprimandent Jésus (Jn 7, 3-4 et Mc 3, 21). Or, dans la culture juive, les frères les plus jeunes ne réprimandent jamais un frère plus âgé. Par conséquent, ils n’étaient pas les jeunes enfants de Marie.

Mt 15 et Jn 19, 27

En Mt 15, Jésus condamne les Pharisiens parce qu’ils utilisaient la règle du korban (procédure visant à consacrer rituellement quelque chose au Seigneur) pour éviter de prendre soin de leurs parents âgés. Cette attitude irrita Jésus. En Jn 19, 26-7, Jésus est sur la croix et au point de mourir. Apparemment Joseph est mort puisqu’il n’est plus fait mention de lui depuis le début du ministère public de Jésus. Marie, demeurant seule, Jésus la confie à Jean, fils de Zébédée, qui n’était pas un frère de Jésus. Si Jésus avait des frères plus jeunes, ce geste n’aurait aucun sens. Jésus a condamné les Pharisiens qui se dispensaient de la responsabilité de prendre soin de leurs parents ? Pourquoi dispenserait-il ses propres frères de cette obligation importante, de ce commandement (Ex 20, 12) ? Cela ne fait aucun sens. Donc Jésus est bien fils unique.

Il nous est dit qu’après la Résurrection, les apôtres se réunissaient dans la chambre haute « avec Marie la mère de Jésus et avec ses frères » (Ac 1, 13-14). Si les frères de Jésus  étaient aussi les fils de Marie, alors pourquoi Marie serait-elle sous la protection de Jean ?

Une lecture attentive de la Bible confirme la doctrine catholique de la virginité perpétuelle de Marie qui n’a pas eu d’autres enfants. Voyons ce qu’en disent les chrétiens des premiers siècles de l’Eglise.

Les Pères de l’Eglise défendent la virginité perpétuelle de Marie

St Athanase, le grand docteur de l’Incarnation qui a mené la lutte contre l’arianisme, est très respecté par les protestants. Dans son Discours contre les ariens, il appelle explicitement Marie la « Toujours Vierge ». Il mentionne ce titre, non comme une nouveauté ou quelque chose qui avait besoin d’être prouvé, mais comme un fait acquis pour les chrétiens.

A la fin du quatrième siècle, lorsque Helvédius remis en question la virginité perpétuelle de Marie, les Pères de l’Eglise réagirent avec indignation. St Jérome  écrivit une défense cinglante de cette doctrine, La virginité perpétuelle de la Sainte Vierge Marie contre Helvédius, condamnant son enseignement comme une nouveauté et une hérésie. St Augustin et st Ambroise défendirent vigoureusement la virginité perpétuelle de Marie. Augustin l’appelle « une Vierge qui conçoit, une Vierge qui porte, une Vierge enceinte, une Vierge qui enfante, une Vierge perpétuelle ».

Nous avons vu plus ailleurs que l’Arche d’Alliance dans l’Ancien Testament préfigurait Marie . Dieu voulut que cette Arche soit sans défaut parce qu’elle devait porter la Parole écrite de Dieu (les dix commandements). Combien plus Dieu a voulu préserver de toute tache et de tout défaut Marie l’Arche du Nouveau Testament, qui a porté la Parole vivante de Dieu.

Les réformateurs protestants défendent Marie, la « toujours vierge »

En conclusion, nous pouvons montrer à nos frères protestants que même les réformateurs soutenaient cette doctrine :

Luther : « C’est un article de foi que Marie est Mère du Seigneur et toujours vierge…Christ, nous croyons, est venu d’un sein laissé parfaitement intact »

Calvin : « Certains ont voulu suggérer de ce passage [Mt 1, 25] que la Vierge Marie a eu d’autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph a demeuré alors avec elle plus tard, mais quelle folie que celle-ci ! Car l’auteur de l’évangile n’a pas voulu rapporter ce qui s’est passé ensuite, il a simplement voulu mettre en lumière l’obéissance de Joseph et montrer que Joseph a été bel et bien assuré que c’était Dieu qui avait envoyé son ange à Marie. Il n’a pas, par conséquent, vécu avec elle, ni partagé sa compagnie… Et d’ailleurs ce Notre Seigneur Jésus Christ est appelé le premier né. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un second ou un troisième, mais parce que l’auteur de l’évangile fait référence à la proéminence. L’Ecriture nous parle ainsi en nommant le premier né, qu’il y ait ou non question d’un second » (Sermon sur Mt 1, 22-25, publié en 1562).

Zwingli : « Je crois fermement que Marie, selon les paroles de l’évangile, comme un pure Vierge a donné naissance pour nous au Fils de Dieu et dans l’accouchement et après l’accouchement est demeurée pour toujours une pure et intacte Vierge »

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