Cathobiblique

décembre 10, 2009

L’Église est composée de saints et de pécheurs

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L’ÉGLISE EST COMPOSÉE DE SAINTS ET DE PÉCHEURS

La Bible nous enseigne à laisser le blé pousser avec l’ivraie (chiendent) dans l’Église, au lieu d’arracher immédiatement tous ceux qui pèchent (Mt 13, 24-30)

 

Les Écritures contredisent abondamment la notion puritaine selon laquelle les pêcheurs ne devraient pas être considérés comme faisant part de l’Église du Christ. Lorsque Jésus parle du « royaume de cieux », il dit que ce dernier inclut aussi bien les pécheurs que les justes, et ceci jusqu’au Dernier Jour. Il compare le royaume des cieux à un banquet nuptial, au cours duquel sont réunis « les mauvais comme les bons, et la salle de noces fut remplie de convives» (Mt 22,10; voir 22, 1–14 ).

Ailleurs, Jésus emploie une comparaison empruntée à la pêche :

Matthew 13:47–49 : « Le Royaume des Cieux est encore semblable à un filet qu’on jette en mer et qui ramène toutes sortes de choses. Quand il est plein, les pêcheurs le tirent sur le rivage, puis ils s’asseyent, recueillent dans des paniers ce qu’il y a de bon, et rejettent ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges se présenteront et sépareront les méchants d’entre les justes

Les justes et les pécheurs ne sont séparés qu’à la fin du monde.

St Paul appelle l’assemblée de Corinthe par exemple « église de Dieu » (1 Co 1,2; 2 Co 1,1; cf. 2 Co 11,2  ), tout en la réprimant sévèrement pour son immoralité qui dépassait celle des païens (1 Co 5,1).  Il dit aux chrétiens de Corinthe qu’ils sont « encore dans la chair » à cause de «la jalousie et de la dispute »  (1 Cor.3:3) et les répriment pour leur tendance à recevoir « un autre évangile », même « un autre Jésus » de celui qu’ils avaient accepté (2 Co 11,4 ). Cependant, malgré leur état de péché et de division, ils font partie de l’Église du Christ.

Nous retrouvons la même dynamique avec les sept églises de l’Apocalypse, qui sont appelées « églises » tout au long des chapitres deux et trois, bien qu’étant qualifiées de malheureuses, pitoyables, pauvres, aveugles et nues (cf. Ap 3,17) et réprimées vertement pour leurs innombrables péchés, incluant l’idolâtrie et l’immoralité.

Les Galates (faisant parties des « églises » Ga 1, 2) ne font pas mieux: «O Galates sans intelligence, qui vous a ensorcelés ?… Êtes-vous à ce point dépourvus d’intelligence, que de commencer par l’esprit pour finir maintenant dans la chair ? » (Ga 3,1.3 ). « Mais maintenant que vous avez connu Dieu ou plutôt qu’il vous a connus, comment retourner encore à ces éléments sans force ni valeur, auxquels à nouveau, comme jadis, vous voulez vous asservir ?»  (Ga 4,9)

Bien sûr le but de l’enseignement chrétien est la justice et la sainteté. Cependant cela ne signifie pas que tous les chrétiens vont atteindre ce but. Nous sommes justifiés par le Christ, mais cela ne signifie pas que nous cessons immédiatement de pécher. Les protestants comprennent cette distinction théologique (en fait contrairement à l’enseignement catholique, leur théologie sépare formellement la justification et la sanctification).

        Jésus savait que les croyants étaient toujours des pécheurs, comme le montre la parabole du blé et de l’ivraie évoquée plus haut. Mais ce passage scripturaire va encore plus loin. En effet le fiat que l’ivraie est brûlée (Mt 13,40–42 indique clairement qu’il s’agit de l’enfer) indique que dans l’Église il n’y a pas seulement des pécheurs sauvés insuffisamment sanctifiés, mais aussi des personnes qui seront finalement damnés.

        Il est vrai que la sainteté est la marque des chrétiens et donc de l’Église du Christ. La Première Lettre de St Jean exprime cela de très belle façon. Cependant, dans la même lettre, Jean déclare : «Si nous disons : « Nous n’avons pas de péché », nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous » et considère comme allant de soit que «nous confessons nos péchés » (1 Jn 1,8-10). Ce thème est repris à nouveau dans ce passage:

1 Jn 2, 1–2: « Petits enfants, je vous écris ceci pour que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu’un vient à pécher, nous avons comme avocat auprès du Père Jésus Christ, le Juste.; C’est lui qui est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier »

Jean évoque ici la présence du péché parmi les croyants comme d’une éventualité réelle et en donne le remède.  Jacques 5,16 de même exhorte les chrétiens à “confesser vos péchés les uns aux autres,” et st Paul lui-même se décrit comme  “le plus grand des pécheurs” (1 Tim 1, 15, notez au passage que Paul utilise le présent et non pas le passé). La notion d’une Église complètement « sainte » sur la terre est ainsi clairement réfutée par la Bible.

janvier 2, 2008

L’Eglise est sainte

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L’EGLISE EST SAINTE (CEC § 823-829)

Le Nouveau Testament évoque souvent le lien entre l’Eglise et la sainteté. L’Eglise est « une nation sainte » (1 P 2, 9). Elle est l’Epouse du Christ (Eph 5, 31-32). C’est le « temple du Dieu vivant » (2 Co 6, 16). Et comme nous l’avons plus tôt, l’Eglise est le Saint Corps du Christ. Les membres de l’Eglise sont appelés « saints » (Ac 9, 13 ; 1 Co 6, 1).

            Le concept de sainteté est omniprésent dans la Bible. Le mot hébreu pour sainteté est קדושה (Kedousha), signifie littéralement « mise à part », réservé pour un usage particulier, comme le Temple est différent des autres bâtiments, comme le Shabbat est mis à part des autres jours et comme l’épouse est mise à part pour l’époux (en hébreu « fiançailles » se dit « kiddushin »). Le peuple saint est composé de ceux que Dieu a mis à part du reste de la création, pour être le couronnement de cette création, ses fils et filles bien aimés.

            L’Eglise est sainte parce qu’elle communique la Vie divine. Comme Corps du Christ, elle possède et dispense la vie même du Christ. Ses membres sont saints parce que, par le baptême, ils sont « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). C’est la signification de la grâce : participer à la vie même de Dieu. Ainsi, ceux que l’Eglise honorent comme « saints », sont ceux qui ont répondus d’une manière exemplaire à la grâce de Dieu. Souvent cette grâce s’est manifestée par des signes extérieurs comme une pratique héroïque des vertus, une mort en martyr ou par des miracles.

            L’Eglise est sainte par sa doctrine qu’elle a reçu de son Fondateur Jésus qui est Saint (Ac 4, 27.30) et par le Saint Esprit qui demeure en elle. Sa doctrine est essentiellement l’imitation de Jésus et de sa vie de sainteté. La sainteté est ainsi la vie divine, la vie du Christ reproduit dans la vie et la mort des saints. D’une façon particulière, on le voit dans le cas des martyrs ; Ces derniers étaient vénérés dans l’Eglise primitive (Hb 11, 35-38, Ap 6, 9-11). Mais un autre groupe était encore plus vénéré par les premiers chrétiens. On dit d’eux qu’ils ont vécu le « martyre blanc », non pas en mourant de mort violent en témoin de l’Evangile, mais mourant au quotidien à eux-mêmes. Et parmi eux se trouvaient ceux qui avaient renoncé à la vie de famille pour le Christ et son Royaume, à savoir les vierges consacrés. Jésus loue le choix de ceux qui « qui se sont fait eunuques pour le Royaume des cieux » (Mt 19, 12). Ces personnes, par appel de Dieu, choisissent de se « mettre à part » comme un signe de sainteté, du kiddushin, du mariage de Dieu et de son Epouse, l’Eglise.

            Tandis que Jésus n’a jamais connu le péché, l’Eglise qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est à la fois sainte et appelée à se purifier et doit poursuivre de façon incessante son effort de pénitence et de renouvellement. « Tous les membres de l’Église, ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs (cf. 1 Jn 1, 8-10). En tous, l’ivraie du péché se trouve encore mêlée au bon grain de l’Évangile jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 13, 24-30). L’Église rassemble donc des pécheurs saisis par le salut du Christ mais toujours en voie de sanctification » (CEC § 827).

L’EGLISE EST CATHOLIQUE

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