Cathobiblique

janvier 26, 2008

La doctrine du Purgatoire est-elle scripturaire ?

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 La doctrine du Purgatoire est-elle scripturaire ?

Tout d’abord, il faut noter que le mot « purgatoire » ne se trouve pas dans les Ecritures. Les mots « Trinité » ou « Incarnation » n’y sont pas non plus, pourtant ces points de doctrine sont clairement enseignés dans la Bible. De la même façon, la Bible enseigne qu’il existe un stade de purification intermédiaire après la mort. Nous l’appelons « Purgatoire ». Cependant, ce qui est important, c’est la doctrine, pas le nom qu’on lui donne.

Nous allons dans cet article considérer les preuves scripturaires de la doctrine du purgatoire, laissant de côté l’explication de la raison de la purification, qui est traité dans “Pourquoi le Purgatoire?”.

  • Gn 50, 10 : « Étant parvenus jusqu’à Gorèn-ha-Atad, – c’est au-delà du Jourdain, – ils y firent une grande et solennelle lamentation, et Joseph célébra pour son père un deuil de sept jours. » (voir aussi Nb 20, 29 ; Dt 34, 8)

Voici quelques exemples de prière rituelle et de deuil pour les morts pendant une période spécifique. La pratique juive de ces prières était destinée à libérer les âmes de la douloureuse purification où elles se trouvent et accélérer leur accès à Dieu.

  • Mt 12, 32 : « Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis ; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l’autre. »

Jésus implique que certains péchés peuvent être pardonnés dans l’autre monde. L’expression “dans l’autre” (en grec “en to mellonti”) renvoie à la vie après la mort (voir par ex. Mc 10, 30 ; Lc 18, 30 ; 20, 34-35; Eph 1, 21). Les péchés ne peuvent pas être pardonnés en enfer. Il n’y a pas de péché à pardonner au paradis. Il y a donc un lieu où le pardon peut s’effectuer : le purgatoire.

  • Mt 5, 25-26 (Cf Mt 18, 34 ; Lc 12, 58-59) : « Hâte-toi de t’accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l’adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là, que tu n’aies rendu jusqu’au dernier sou. »

L’adversaire c’est le démon (1 P 5, 8) qui est l’accusateur (Job 1, 6-12 ; Za 3, 1 ; Ap 12, 10) et Dieu est le juge. Si nous n’avons pas lutté correctement contre le démon et le péché, nous serons emprisonnés de façon temporaire, jusqu’à ce que notre dette avec Dieu soit effacée.

  • Lc 12, 47-48: « Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. Quant à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre. A qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. »

Lorsque le maître, Jésus, reviendra à la fin des temps, certains recevront des coups, un grand nombre ou un petit, mais cependant vivront. Cet état n’est pas celui du ciel, où il n’y a pas de souffrance, ni celui de l’enfer, où les âmes ne vivent plus avec Jésus.

  • Lc 16, 19-31. Parabole du pauvre Lazare et de l’homme riche.

Dans cette histoire, nous voyons cet homme riche, mort et qui souffre, mais qui cependant ressent de la compassion pour ses frères et veut les prévenir, afin qu’ils ne subissent pas le même sort. Mais il n’y a pas de souffrance au ciel, ni compassion en enfer, car cette dernière est une grâce de Dieu et les âmes en enfer sont privées des grâces de Dieu pour toujours. Où est l’homme riche ? Au purgatoire

  • 1 Co 3, 15 : « Si l’œuvre d’un homme est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu. »

Ce verset ne peut pas s’appliquer à la peine éternelle de l’enfer, car en ce lieu personne n’est sauvé. Il ne peut pas non plus s’appliquer au paradis, car personne n’y souffre. Il s’agit donc d’un stade intermédiaire où l’âme souffre temporairement afin d’accéder au ciel. C’est la définition même du purgatoire.

  • 1 Co 15, 29 : « S’il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux ? »

Paul fait référence à des personnes qui se ‘font baptiser pour les morts’ dans le contexte de l’expiation de leurs péchés. Ces morts ne peuvent pas être au paradis, car ils doivent encore expier leurs péchés, mais ils ne peuvent pas être en enfer, car en ce lieu aucun péché ne peut être expié. Ils sont au purgatoire. Ce verset correspond directement à 2 M 12, 44-45 qui parle aussi spécifiquement de prières pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés (voir plus bas).

  • Phil 2, 10: “pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et sous la terre, »

Sous la terre, c’est le lieu des justes morts, appelé aussi purgatoire.

  • 2 Tim 1, 16-18 : « Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore, car souvent il m’a réconforté, et il n’a pas rougi de mes chaînes ; au contraire, à son arrivée à Rome, il m’a recherché activement et m’a découvert. Que le Seigneur lui donne d’obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu’il m’a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne. »

Onésiphore est mort et pourtant Paul demande miséricorde pour lui pour « ce Jour là ». C’est une référence eschatologique, concernant le dernier jour (voir par ex Rm 2, 5.16 ; 1 Co 1, 8 ; 3, 13 ; 5, 5 ; 2 Co 1, 14 ; Phil 1, 6. 10 ; 2, 16 ; 1 Thess 5, 2.4-5.8 ; 2 Thess 2, 2-3 ; 2 Tim 4, 8). Bien sûr, il n’y a pas besoin de miséricorde au ciel et nulle miséricorde n’est donnée en enfer. Où est Onésiphore ? Au purgatoire.

  • Heb 12, 14 : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur; »

Nous avons besoin d’être totalement sanctifié pour voir Dieu face à face. Ce processus se déroule durant notre vie et, s’il n’est pas achevé à notre mort, il est complété au purgatoire.

  • Heb 12, 22-23 : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, et de myriades d’anges, réunion de fête,et de l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, d’un Dieu Juge universel, et des esprits des justes qui ont été rendus parfaits, »

Les âmes des hommes justes qui meurent sont « rendus parfaites ». Ces hommes ne sont pas nécessairement morts totalement purifiés et ont donc été purifiés, après leur mort. Ceux qui sont au ciel sont déjà parfaits et les âmes en enfer ne peuvent être purifiées, donc le stade de purification est le purgatoire.

  • 1 P 3, 18-20 : « Le Christ lui-même est mort une fois pour les péchés, juste pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l’esprit. C’est en lui qu’il s’en alla même prêcher aux esprits en prison, à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque se prolongeait la patience de Dieu, aux jours où Noé construisait l’Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. »

1 P 4, 6 : « C’est pour cela, en effet, que même aux morts a été annoncée la Bonne Nouvelle, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils puissent vivre selon Dieu dans l’esprit. »

Pierre parle d’une prison pour ceux qui ont désobéi, et qui cependant sont sauvés lorsque Jésus vient leur prêcher. Ce n’est pas l’enfer, parce que personne n’est sauvé en enfer. Ce n’est pas le « limbe des pères (appelé aussi le « sein d’Abraham » où les âmes des justes de l’Ancien Testament ont attendu jusqu’à ce que Jésus vienne ouvrir les portes du paradis) parce que c’est un endroit pour ceux qui ont désobéi. On ne peut imaginer Pierre évoquer qu’en un tel lieu des justes tels que David ou Jean Baptiste.

Pierre décrit un état temporaire pour des esprits désobéissants qui seront finalement sauvés. Il y a donc entre le ciel et l’enfer, un troisième endroit, le purgatoire..

  • La plus claire affirmation de l’existence du purgatoire vient du Second livre des Maccabées, qui a toujours fait partie du canon de l’Ancien Testament de l’Eglise (Voir « Le canon de l’Ancien Testament » ).

2 M 12, 43-45 : « puis le valeureux Judas exhorta la troupe à se garder pure de tout péché, ayant sous les yeux ce qui était arrivé à cause de la faute de ceux qui étaient tombés. Puis, ayant fait une collecte d’environ 2.000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché. »

Ce passage montre deux point importants :

  • 1) Il prouve que la distinction entre péché véniel et péché mortel. Bien que ces hommes avaient péché en portant des amulettes de dieux étrangers, ils «s’endormirent dans la piété». Ils ont péché; certes , mais sont mort cependant dans la piété. Donc leur péché ne menait pas à la mort (éternelle), était donc un péché véniel. Et le péché véniel, non mortel, est pardonnable après la mort.
  • 2) Il prouve aussi l’existence d’un état intermédiaire où les péchés véniels peuvent être pardonnés. Nous savons qu’il est impossible d’aider les âmes qui sont au paradis (elles n’ont pas de besoin), et il est de même impossible d’aiser les âmes en enfer (elles n’ont pas d’espérance). Prier pour les morts présuppose un stade intermédiaire pour les âmes où les péchés véniels peuvent être pardonnés et où l’expiation peut avoir lieu.

Même si quelqu’un rejette le canon de la Bible établi officiellement par l’Eglise catholique en 405, il n’y a aucun doute que 2 Maccabées décrit de façon correcte la pratique religieuse des juifs au deuxième siècle avant Jésus Christ. A cette époque les juifs priaient pour leurs morts (et ils le font encore aujourd’hui).

Certaines des plus anciennes liturgies chrétiennes incluent des prières pour les morts. Les tombes chrétiennes du deuxième et du troisième siècle sont ornées fréquemment de prière pour les morts. Cette pratique n’a de sens que si les premiers chrétiens croyaient au purgatoire, même si le mot n’était pas utilisé alors.

janvier 18, 2008

Les saints peuvent-ils nous entendre?

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Objection : Les saints du ciel ne peuvent pas nous entendre.

Réponse : Pourquoi pas ? Ne sont-ils pas plus vivants que lorsqu’ils étaient sur la terre ? La médiation de la communication avec eux est Jésus lui-même, qui est la vigne reliant les sarments. Nous et les saints du ciel formons une communion, un corps du Christ, étant les membres de Son corps et les membres les uns des autres.

Heb 12, 1 nous dit que nous sommes entourés d’une « nuée de témoins ». Comment ces derniers peuvent-ils ne pas être concernés par ce qu’ils voient.

Si on lit Ap 5, 8 et Ap 8, 3, on voit que les prières de demande, offertes comme encens devant Dieu, sont celles de ceux qui ont encore besoin d’aide, à savoir les fidèles sur terre. Ces prières sont offertes par ceux qui peuvent le plus aider, les saints du ciel.

Dans la parabole de Lazare et de l’homme riche (Lc 16, 19-30), l’homme riche, une fois mort est capable de prier Abraham et d’intercéder pour ses frères ; Cela suppose qu’il y a une communication au-delà de l’abîme et que la charité fraternelle s’étend au delà de la tombe.

Nous sommes certains que les saints du ciel sont dans le face à face avec Dieu (1 Co 13, 12 ; 1 Jn 3, 2). C’est dans cette vision qu’ils sont conscients des prières que nous leur adressons.

janvier 17, 2008

Jésus n’est-il pas l’unique Médiateur?

Classé dans : Objections courantes, Saints — cathobiblique @ 9:47
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Objection : 1 Tim 2, 5 dit qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme. Prier les saints n’est-il pas une violation de cette doctrine ?

Réponse :

1 Tim 2, 5 doit être compris à la lumière de 1 P 2, 5 : « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ ». St Pierre dit que les chrétiens ont part à l’unique et éternel sacerdoce de Jésus Christ. Jésus est médiateur entre Dieu et l’homme en raison de son sacerdoce. Par conséquent, partager le sacerdoce du Christ signifie partager sa médiation, à la fois au ciel et sur la terre.

De plus 1 Tim 2, 5 confirme que nous partageons la médiation du Christ, lorsque nous le lisons en contexte. Aux versets 1-4, St Paul demande aux chrétiens de participer à la médiation unique du Christ en offrant des prières et des intercessions pour tous les hommes :

« Je recommande donc, avant tout, qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes,( …) Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur ».

Les chrétiens qui intercèdent sur le terre les uns pour les autres dans la prière, ne contredisent pas l’unique médiation de Jésus Christ. De même, le fait que les saints du ciel intercèdent pour nous, ne contredit pas 1 Tim 2, 5. Car toute prière, sur terre comme au ciel, est en Christ et à travers lui, notre unique médiateur et grand prêtre.

Le principe est le suivant : bien que Dieu seul possède toutes les perfections, nous pouvons participer aux perfections de Dieu en partageant sa vie divine. Par exemple, la Bible dit que Dieu seul est bon (Mc 10, 18). Cependant nous pouvons avoir part à cette Bonté infinie : « «C’est bien, serviteur bon et fidèle».

Jésus partage nombre de ses attributs avec les chrétiens. Jésus est le Créateur de toute chose (Jn 1, 3 ; Col 1, 16-17) et cependant il partage ce rôle avec l’homme et la femme dans la procréation. Jésus est le seul Berger (Jn 10, 11-16), cependant il délègue ce rôle à St Pierre (Jn 21, 15-16) et plus tard à d’autres (Eph 4, 11). Jésus est l’éternel Grand Prêtre qui par son sacrifice, est le médiateur pour notre rédemption (Heb 3, 1 ; 7, 24 ; 9, 12 ; 10, 12), et cependant les chrétiens sont appelés à se joindre au sacerdoce du Christ (1 P 2, 5 ; Ap 1, 6 ; 5, 10).

Evidemment, Jésus est l’unique Créateur, Berger et Prêtre, mais tout chrétien participe d’une manière subordonnée à ces rôles. En participant à la vie divine du Christ, les chrétiens partagent aussi à sa médiation.

Les saints peuvent-ils nous entendre?

Prier les saints, est-ce de la nécromancie?

Classé dans : Objections courantes, Saints — cathobiblique @ 6:25
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Objection : Les saints sont morts. Les catholiques pratiquent la nécromancie (communication avec les morts) ce qui est interdit (Dt 18, 10-11).

Réponse :

La nécromancie consiste à invoquer les esprits des enfers (le Shéol de Ancien Testament) pour s’entretenir avec eux. En demandant aux saints du ciel d’intercéder pour nous, nous n’invoquons pas d’esprits, ni ne communiquons avec eux à la manière des spirites. La prière aux saints n’a rien à voir avec la nécromancie.

Par ailleurs, les saints ne sont pas morts. Les saints au ciel sont vivants et avec Dieu : « Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mc 12, 26). En Mc 9, 4, Jésus s’entretient avec Elie et Moïse. Jésus dit au bon larron : « En vérité je te le dis, tu seras avec moi aujourd’hui en paradis » (Lc 23, 43). En fait les saints du ciel sont plus vivants que nous le sommes. Ils sont libres de tout péché, ils vivent dans la présence continuelle de Dieu. Plein de l’amour de Dieu, ils sont plus le souci de nous maintenant que lors de leur vie sur la terre.

Tout comme Paul demandait aux croyants de prier pour lui (Rm 15, 30 ; Col 4, 3 ; Eph 6, 18-19 ; 1 Thess 5, 25 ; 2 Thess 3, 1), nous pouvons à présent demander à Paul et aux autres saints du ciel de prier pour nous. Nous ne sommes pas séparés d’eux par la mort, mais au contraire rendus plus proches encore par la communion que nous partageons en Jésus.

Nous savons que les anges et les saints déposent la prière des saints de la terre aux pieds de Dieu (Tb 12, 12 ; Ap 5, 8 ; 8, 3-4), appuyant ces prières par leur intercession. Les martyrs, sous l’autel céleste crient en demandant vengeance (Ap 6, 9-11), ce qui montrent qu’ils ont à la fois conscients et concernés par ce qui se passe sur la terre. Ainsi les anges et les saints du ciel intercéderont pour nous lorsque nous leur en ferons la demande.

 Jésus n’est-il pas l’unique Médiateur?

janvier 12, 2008

COMMUNION DES SAINTS EN 4 POINTS

Classé dans : Saints — cathobiblique @ 6:35
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 COMMUNION DES SAINTS EN 4 POINTS

  • 1) Tous les chrétiens sont membres du Corps du Christ (Rm 12, 4-5; 1 Co 10, 16; 12, 12-13; Ga 3, 28; Eph 1, 22-23; 3, 4-6; 4, 4.15.25; 5, 21-32; Col 1, 18; Hb 13, 1-3)
  • 2) Il n’y a qu’un Corps du Christ. (Eph 2, 15-16; 4, 4; Col 3, 15). Il n’y a pas un Corps du Christ au ciel et un autre sur terre. Il n’y a qu’un Corps du Christ, dont certains membres sur terre et d’autres sont au ciel.
  • 3) La mort physique ne nous sépare pas du Christ et donc pas de Son Corps (Rm 8, 38). Si nous sommes membres du Corps du Christ lorsque nous mourons, nous sommes toujours membres du Corps du Christ après notre mort. La victoire de Jésus sur la mort est aussi la notre (voir 1 Co 15, 25-26. 54-56; 2 Co 2, 14; 2 Tm 1, 10). La mort naturelle ne peut séparer les chrétiens du Christ, ni les uns des autres. Ainsi, la mort ne brisant pas les liens d’unité entre chrétiens, les relations entre les chrétiens sur la terre et ceux au ciel demeurent les mêmes. St Paul insiste sur le fait que nous avons besoin les uns des autres (1 Co 12, 18-20. 24-25)
  • 4) Jésus enseigne que nous aimez les uns les autres est le plus important après aimer Dieu (Mt 22, 38; Mc 12, 30-31; 1 Co 13). Cette loi de l’amour est réaffirmée à chaque page des Evangiles. Et l’une des façons d’aimer son prochain est de prier pour lui. Paul souligne que la prière d’intercession est bonne et plaît à Dieu (1 Tm 2, 1-4). Il écrit ailleurs: «Je vous le demande frères, par notre Seigneur Jésus Christ, luttez avec moi dans les prières que vous adressez à Dieu pour moi» (Rm 15, 30). Voir aussi Ac 8, 24; 2 Co 1, 10; 13, 7; Phil 1, 9; Ga 5, 13; 6, 2; Eph 4, 32; 1 Thes 3, 10-12; 4, 9-18; 5, 14-15; 25, 2; 2 Thes 1, 3; 3, 1; 1 Tim 2, 1-4; 2 Tim 1, 3-4; Hb 3, 19; 13, 18; Jc 5, 16; 1 P 1, 22; 3, 8; 1 Jn 4, 7-21, 2 Jn 5.

Si, étant sur la terre, Paul pouvait dire « l’élan de mon cœur et ma prière à Dieu, c’est qu’ils soient sauvés » (Rm 10, 1) et « je fais mémoire de toi dans mes prières, sans cesse, jour et nuit » (2 Tm 1, 3), il y a -t-il une raison pour laquelle, étant entré au ciel la charité de Paul et son désir du salut des hommes disparaissent et que son intercession cesse ? Les nombreuses exhortations de la Bible à l’amour fraternel s’appliquent à tous les chrétiens. Elles s’adressent donc aussi à ceux qui sont déjà au ciel. En voici quelques unes : Rm 12, 9-10 ; 1 Co 10, 24 ; 2 Co 1, 10-11 ; Ga 6, 2 ; 1 Thess 4, 9-10 ; 5, 11. 14-15.

Comme les membres du Corps du Christ sur terre peuvent prier les uns pour les autres, ainsi les membres du Corps du Christ qui sont au ciel peuvent prier pour nous.

Seulement pour les chrétiens ici-bas ?

Certains pourraient objecter : « ces versets ne s’appliquent qu’aux chrétiens sur la terre car ils ne faut aucune référence aux chrétiens au ciel ». Mais où trouve-t-on dans la Bible la notion que le commandement de Dieu à propos de la charité est réservé strictement aux frères sur la terre ? Les commandements de Dieu ne sont-ils pas éternels, établis au ciel comme sur la terre ?

La lettre aux Hébreux nous donne une extraordinaire exposition de la communion des saints en action. Le chapître 11 décrit l’héroïsme des saints de l’Ancien Testament, faisant mention de Noé, d’Abraham, de Sarah, de Joseph, de Moïse, et même de Rahab la prostituée. Le Chapitre 12 nous rappelle que c’est à notre tour de prendre part à la course vers le salut. L’auteur nous encourage à observer et à imiter nos frères et sœurs de l’Ancien Testament et à suivre leurs pas : « Voilà pourquoi nous aussi, entourés que nous sommes d’une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et tout péché qui nous assiège, et courir avec constance l’épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus » Heb 12, 1-2.

Notons que les saints de l’Ancien Testament sont appelés témoins et qu’ils nous entourent, comme s’ils nous supportaient alors que nous courrons. L’auteur tire sa métaphore de la course à pied, qui était un sport très populaire au 1er siècle. Il fait le lien entre la vie en ce monde et la course spirituelle que nous devons mener, luttant pour obtenir la couronne du salut (1 Co 9, 24-27). Les saints du ciel sont les spectateurs de notre course et plein de compassion, ils intercèdent pour nous devant le trône de Dieu. S’ils ne priaient pas pour nous, pourrait-on encore dire qu’ils nous aiment ?

Voir les réponses aux objections à la communion des saints

janvier 3, 2008

VENERER LES SAINTS : DE L’IDOLATRIE ?

Classé dans : Saints — cathobiblique @ 10:57
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 VENERER LES SAINTS : DE L’IDOLATRIE ?

1°- On accuse souvent les catholiques de pratiquer la nécromancie lorsqu’ils vénèrent les saints, et ils s’appuient en particulier sur ce passage pour appuyer leur propos : “On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer au feu son fils ou sa fille, qui pratique divination, incantation, mantique ou magie, personne qui use de charmes, qui interroge les spectres et devins, qui invoque les morts ; car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé ton Dieu” (Dt 18, 10-12) – Or, par la foi, les saints, quoique morts, sont vivants dans le Christ : “Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra” (Jn 11, 26) et : “Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants”(Mc12,27).

2°- Les saints sont donc dans le ciel, dans la gloire du Seigneur ; nous sommes enveloppés d’une nuée de témoins (Hb 12, 1 ; Ap 19, 1-10) – “Et il dit à Jésus: “Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous serez parvenu dans votre royaume.” Jésus lui répondit : “Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis“. (Lc 23, 42-43) – “C’est pour cela qu’ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son sanctuaire” (Ap 7, 15) – “Ils eurent la vie, et régnèrent avec le Christ pendant mille ans” (Ap 20, 4) – “Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel” (Ap 13, 6)

3°- Or nous sommes tous membres du Christ : “ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous ne faisons qu’un seul corps dans le Christ” (Rom 12, 5). Il existe une communion spirituelle étroite entre tous les membres du Corps mystique de Jésus-Christ, entre ceux qui cheminent sur la terre, et ceux qui participent déjà de la gloire du Seigneur .

4°- Plusieurs passages des Ecritures peuvent être produits pour démontrer qu’il y a communication entre les saints du ciel et le Seigneur :

- Tobie 12, 12 : l’ange Raphaël dit : “je présentais ta prière au Seigneur”. Il ne s’agit certes pas ici d’un saint, mais d’un ange : il faut cependant convenir qu’en l’occurence il intercède, ce qui prouve qu’il y a possibilité d’intercession – Et de même dans Job 23, 23 : “Mais s’il trouve pour intercesseur un ange entre mille (…)”.

- Les saints prient dans le ciel; ils y sont actifs : ” (…) tenant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfum, qui sont les prières des saints” (Ap 5, 8).

- Jérémie 15, 1 : “Yahweh me répondit : Quand Moïse et Samuel se tiendraient devant moi, mon âme ne se tournerait pas vers ce peuple ; chasse-les de devant ma face et qu’ils partent!” – Pourquoi évoquer ici une possible tentative d’intercession de Moïse et Samuel, si toute intercession est impossible?

- Le célèbre récit de la Transfiguration (Mt 17 ; Mc 9) montre ici deux saints éminents, Moïse et Elie, dans une conversation active avec le Seigneur, déjà dans sa gloire.

- Enfin dans 2 Machabées 15, 11-16  : “Il leur raconta en outre un songe digne de foi, une vision réelle, qui les réjouit tous. Voici ce qu’il avait vu : Le grand-prêtre Onias, cet homme de bien, d’un abord modeste et de moeurs douces, distingué dans son langage et adonné dès l’enfance à toutes les pratiques de la vertu, il l’avait vu, les mains étendues, priant pour toute la nation des Juifs. Ensuite lui était apparu, de la même manière, un homme distingué par son grand âge et son aire de dignité, d’un aspect admirable, et entouré de la plus imposante majesté. Onias, prenant la parole, lui avait dit: “Celui-ci est l’ami de ses frères, qui prie beaucoup pour le peuple et pour la ville sainte, Jérémie, le prophète de Dieu”.

5°- La prière d’intercession est efficace : “Job, mon serviteur, priera pour vous, et c’est par égard pour lui que je ne vous jugerez point selon votre folie” (Job 42, 8, 10) – De même pour l’intercession d’Abraham : “Abraham intercéda auprès de Dieu, et Dieu guérit Abimélech (Gn 20, 17)” (voir aussi Gn 18, 22-33 pour le cas de Sodome) – Saint Paul demande souvent quant à lui à ses disciples de prier pour lui (Eph 6, 18-20 ; Phm 22 ; 1 Th. 5, 25).

Si l’on tente un résumé par propositions qui se suivent logiquement :

1°- Les saints, même morts, sont vivants dans le Christ ;
2°- Ils sont auprès du Seigneur et participent de sa gloire ;
3°- Nous sommes reliés à eux par le principe de l’unité du Corps mystique et de la communion des saints ;
4°- Les saints du ciel sont actifs et communiquent avec le Seigneur ;
5°- La prière d’intercession est efficace.

Voir les réponses à d’autres objections à la communion des saints

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