Cathobiblique

avril 23, 2009

La Bible est-elle la seule source infaillible de la vérité de la foi?

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La Bible enseigne que l’enseignement de la foi chrétienne qui fait autorité nous vient de la Bible, de l’Église et du dépôt apostolique (Tradition).
 

 L’Écriture est bien une “norme de vérité” et même une norme éminente, mais pas dans le sens qu’elle exclue l’autorité de la Tradition apostolique et de l’Église. Les catholiques affirment que chaque vraie doctrine se trouve dans la Bible, même si c’est indirectement, et qu’aucune ne peut la contredire. 2 Tim 3,16-17 (“Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice : ainsi l’homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne.”) n’enseigne pas « Sola Scriptura », mais décrit simplement les vertus de la Sainte Écriture.

  Les fondements bibliques de la position catholique sont nombreux. Lorsque Jésus condamne la “tradition“(Mc 7, 7-13), il fait référence aux corruptions qu’il appelle les “traditions des hommes”. L’apôtre Paul lui fait référence de façon positive à la Tradition chrétienne (“gardez les traditions comme je vous les ai transmises.” 1 Co 11, 2) qu’il oppose, tout comme Jésus, avec la mauvaise tradition (“selon une tradition toute humaine…et non selon le ChristCol 2, 8). Il confirme aussi l’autorité de la Tradition orale, en faisant référence à “la parole de Dieu que vous avez entendu de nous” (1 Thess 2,13) et aux “saines paroles que tu as entendues de moi. (2 Tim 1, 13-14)”. Il est clair que l’on doit interpréter Paul en comprenant la totalité de son enseignement.

 La preuve biblique la plus claire de l’autorité infaillible de l’Église est le Concile de Jérusalem (Ac 15, 6-30) et sa décision qui fait autorité:

 Acts 15:29-30:  L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autres charges que celles-ci, qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes.”

 Dans le chapitre suivant, nous apprenons que Paul, Timothée et Silas allèrent de ville en ville et  « ils transmettaient, en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem » (Ac 16, 4). C’est la preuve de charisme d’infaillibilité, sanctionné par le Saint Esprit Lui-même, que l’Église affirme posséder lorsqu’elle est assemblée en concile.  

 Objection:

            L’Église Catholique ne peut toujours pas expliquer pourquoi Jésus et les apôtres faisaient toujours référence aux Saintes Écritures pour prouver leurs doctrines. Ils ne faisaient pas appel à la Tradition, et les juifs de l’Ancien Testament avaient foi « dans la Bible seule » (Sola Scriptura).

 Réponse:

            En Matthieu 23,2-3, Jésus enseigne que les scribes et les pharisiens ont une autorité légitime et contraignante (bien qu’ils soient souvent hypocrites): “Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas.”  L’idée de la « chaire de Moïse” ne se trouve nulle part dans l’Ancien Testament, mais vient de la Mishna (tradition orale mise par écrit), qui enseigne une sorte de « succession enseignante » à partir de Moïse. De même en Mt 2,23, la référence à “il sera appelé Nazaréen” est absente de l’Ancien Testament, et cependant a été transmis oralement “par les prophètes“. En 1 Co 10,4, Paul fait référence au rocher qui “suivait” les juifs dans le désert du Sinaï. Dans les passages qui font référence au miracle survenant lorsque Moïse frappait le rocher et l’eau jaillissait (Ex 17,1-7; Nb 20,2-13), il n’est pas fait référence à un tel mouvement miraculeux. La tradition rabbinique, elle en parle.

Les juifs n’ont jamais accepté la doctrine de la Sola Scriptura. Seuls les sadducéens rejetaient la tradition orale, mais ils rejetaient aussi la résurrection des morts, l’existence de l’âme, la vie après la mort, les récompenses et les rétributions éternelles, l’existence des démons et des anges. La nature de l’autorité dans l’Ancien Testament est illustrée par Ezra, un prêtre et un scribe qui enseignait la Loi juive à Israël. Son enseignement avait force d’autorité, le refuser était condamné par l’emprisonnement, le bannissement, la privation de biens, voire la mort (cf Ezra 7, 6. 10. 25-26).

Par conséquent la révélation biblique s’oppose très clairement à la doctrine centrale du protestantisme, la Sola Scriptura, et enseigne au contraire l’idée de l’autorité de la Tradition.

janvier 15, 2008

Le canon de la Bible (2ème partie)

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 Deuxième partie : Le Nouveau Testament

Le premier mot du NT a été écrit autour de 50 ap JC (1 Thes) et le dernier entre 70 et 90 ap JC (Ap). Il comprend 27 livres, tous acceptés comme canoniques et inspirés par les catholiques et les protestants. Cependant la question qui se pose est : « Qui a déterminé quels livres étaient inspirés ? Qui a déterminé le canon du NT ? ». La Bible n’étant pas tombé du ciel (comme le Coran…), comment est-elle née ? Comment savons-nous que nous pouvons faire confiance en chacun de ces livres ?

Un peu d’histoire

Différents évêques ont rédigé des listes des livres inspirés :

  • Méliton, évêque de Sardes, 175 ap JC
  • St Irénée, évêque de Lyon, 185
  • Eusèbe, évêque de Césarée, 325
  • Pape Damase en 382, lors du Concile de Rome, rédige un décret comprenant l’actuel canon de l’Ancien et du Nouveau Testament (73 livres).
  • Le concile d’Hippone (Afrique du Nord) approuve ce même canon en 393
  • Le concile de Carthage (Afrique du Nord), en 397, fait de même. C’est le concile que de nombreux protestants considèrent comme ayant autorité pour le canon du NT
  • Pape St Innocent I approuve le canon des 73 livres en 405 et clôture officiellement le canon de la Bible.

Le canon de la Bible a été officiellement déterminé au 4ème siècle par des conciles et des papes catholiques. Or, jusqu’à la clôture officielle du canon en 405, il y a eu de nombreux débats autour de l’inspiration des textes. Certains soutenaient que certains livres (Hébreux, Jude, Apocalypse, 2ème lettre de Pierre) n’étaient pas inspirées, tandis que d’autres affirmaient que certains livres extra-canoniques (le Berger d’Hermas, les évangiles de Pierre et de Thomas, les lettres de Barnabé et de Clément) étaient inspirés.

Comme nous l’avons vu dans notre première partie, le processus de canonisation des Ecritures est lent et difficile. De fait, la Bible ne donnant pas de liste de livres inspirés, il faut qu’une autorité autre que l’Ecriture détermine quels livres sont canoniques et quels livres ne le sont pas.

Cette autorité, c’est l’Eglise « colonne et support de la vérité » 1 Tm 3, 15. C’est ce qui fait dire à St Augustin : « Je ne croirais pas à l’Évangile, si l’autorité de l’Eglise catholique ne m’y poussait”. C’est donc l’autorité infaillible de l’Eglise éclairée par l’Esprit Saint qui fonde notre certitude que la Bible est Parole de Dieu.

Ceci amène les chrétiens non catholiques à une situation paradoxale, à savoir refuser l’autorité de l’Eglise catholique et en même temps la reconnaître par le simple fait de croire en l’inspiration des Ecritures, préservées et canonisées par elle. Martin Luther lui-même admet que les chrétiens doivent la Bible aux efforts de l’Eglise catholique : « Nous sommes obligés de concéder beaucoup de choses aux Papistes (Catholiques)- qu’ils possèdent la Parole de Dieu que nous avons reçu d’eux, autrement nous n’en aurions rien su du tout » (Commentaire à l’Evangile de Jean, ch 16). Cette déclaration de Luther confirme le fait que sans la décision de l’Eglise, nous ne saurions pas quels livres sont inspirés et font partie de la Bible.

                                               

Points de repère

  • 1) Historique

La Bible est une bibliothèque (Biblia en grec) de livres catholiques. Le Nouveau Testament a été écrit, copié et préservé par les catholiques. Le canon officiel a été déterminé par l’Eglise catholique au 4ème siècle. Ainsi tout chrétien reçoit la Bible de l’Eglise catholique

  • 2) Logique

L’Eglise qui a l’autorité pour déterminer l’infaillible Parole de Dieu, doit avoir l’autorité infaillible et être guidée par le Saint Esprit. Comme nous l’avons vu, sans l’autorité de l’Eglise catholique, nous n’avons absolument aucune garantie que ce qui est dans la Bible est l’authentique Parole de Dieu.

Croire en la Bible, c’est croire en l’autorité de l’Eglise qui garantit la Bible.

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