Posted by: cathobiblique | janvier 27, 2008

Pourquoi le Purgatoire ?

 Pourquoi le Purgatoire ?

L’existence d’un stade du purification après la mort, pour les âmes des justes n’étant pas totalement purifiés, est clairement établi par les Ecritures (Voir « Le Purgatoire est-il scripturaire ? »).

Pour comprendre à présent la nécessité du Purgatoire, il faut d’abord considérer ce qu’est le péché et quelles sont ses conséquences.

Le péché

Le péché est le plus grand drame de la vie, puisqu’il est séparation de la source de toute vie, bonté et joie, Dieu lui-même. Pêcher, c’est dire « non » à Dieu, à Sa volonté, à Sa loi et à Son amour. C’est rompre l’alliance d’amour qui nous unit à Dieu. C’est de fait comparable à l’infidélité conjugale, comme le montre les Ecritures à de nombreux endroits (par ex. Os 2, 4-15).

Il y a deux types de péchés : le péché actuel et le péché originel. Le péché actuel est quelque chose que nous faisons, le péché originel est quelque chose que nous avons (tel une maladie). Le péché actuel c’est donc tous les péchés que nous commettons, en particulier les actes, les choix que nous faisons et qui sont en opposition avec la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans la loi de Dieu, la loi morale écrite à la fois dans les Dix commandements et dans nos consciences.

Le péché étant réel, le pardon doit l’être tout autant. Or « sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission des péchés » (Hb 9, 22). Or « qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? » (Mc 2, 7). C’est pour cela que le Verbe de Dieu s’est fait homme (cf Jn 1, 14) et est mort sur une croix « pour abolir le péché par son sacrifice » (Hb 9, 26). Donc le pardon des péchés nécessite la croix, ce qui donne la mesure de la gravité du péché, quel qu’il soit.

Péché véniel et péché mortel

Si tout péché est un mal et une offense faite à Dieu, il y a cependant deux niveaux de gravité dans le péché, selon Jésus. En Lc 12, 47-48, il enseigne : « Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. Quand à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre ». Quelle est cette distinction ? St Jean parle (en 1 Jn 5, 16) d’un « péché qui ne mène pas à la mort »  - ce qu’on appelle un péché « véniel » -  et d’un « péché qui mène à la mort » - un péché « mortel ».

Le péché véniel endommage la relation que nous avons avec Dieu, le péché mortel la détruit. Le péché véniel est comme une dispute entre deux époux, le péché mortel est comme un divorce. Ainsi mourir dans un état de péché mortel, c’est perdre le paradis pour toujours, puisqu’il n’y a pas de repentance et de conversion après la mort. La mort de Jésus sur la croix est la satisfaction parfaite de l’offense faite à Dieu par le péché mortel. De plus tous ceux qui reçoivent ses mérites et sa satisfaction sont réconciliés, le péché leur est remis ainsi que la peine éternelle due au péché mortel. Or, même lorsque le péché mortel est remis, il reste souvent une peine temporelle à subir en cette vie ou, si cette peine n’est pas satisfaite à la mort, au purgatoire.

La peine temporelle dans la Bible

Or si nous regardons dans les Ecritures, il apparaît qu’après la confession des péchés et le pardon reçu de Dieu, il demeure la nécessité de la réparation, qui est aussi appelée satisfaction. La sainteté et la justice de Dieu exige cette réparation en raison de l’offense commise et aussi pour la transformation du pécheur. Un des passages célèbre de l’Ecriture illustre cela. Après le péché d’adultère commis par le Roi David avec Bethsabée, la femme d’Urie, le prophète Nathan vient et confronte David. « David dit à Nathan : ‘J’ai péché contre le Seigneur’. Alors Nathan dit à David : ‘De son côté, le Seigneur pardonne ta faute, tu ne mourras pas. Seulement, parce que tu as outragé le Seigneur en cette affaire, l’enfant qui t’est né mourra’ » (2 S 12, 13-14).

D’autres exemples bibliques inclus l’exclusion du Paradis d’Adam et Eve (Gn 3, 23-24), les 40 ans d’errance dans le désert des Hébreux désobéissants (livre de l’Exode), l’interdiction faite à Moïse d’entrer dans la Terre Promise (Dt 32, 51-52) et la maladie et la mort comme conséquence d’une communion indigne (1 Co 1, 31).

Jésus donne à ses disciples (et par extension aux prêtres) le pouvoir non seulement de « délier » les péchés (pardonner au nom de Dieu) mais aussi de « lier » (imposer des pénitences) : Mt 16, 19 ; 18, 18 ; Jn 20, 23.

La Bible donne d’autres passages qui évoquent ce principe de pénitence : Ex 32, 30-32 ; Nb 14, 19-23 ; 16, 43-48 ; 25, 6-13 ; Rm 8, 13.17 ; 1 Co 11, 27-32 ; 12, 24-26 ; 2 Co 4, 10 ; Phil 3, 10 ; Col 1, 24 ; 2 Tim 4, 6 ; Heb 12, 6-8 ; 1 P 4, 1.13.

Pourquoi le purgatoire ?

Tout péché a une double conséquence qui doit être réparé.

  • Le péché grave ou mortel nous prive de la communion avec Dieu et de ce fait nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la « peine éternelle » du péché. En effet l’Ecriture dit : « Le salaire du péché c’est la mort » (Rm 8, 26). C’est ce que Jean appelle la « seconde mort » (Ap 2, 11 ; 20, 14 ; 21, 8), à savoir la mort éternelle.
  •  D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la « peine temporelle » du péché. Ces deux conséquences découlent de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait.

En recevant le pardon des péchés et en étant restaurés dans la communion avec Dieu, les peines éternelles du péché sont remises. Mais des peines temporelles demeurent. Il s’agit alors, par les œuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et la pénitence, de se dépouiller complètement du « vieil homme » et à revêtir « l’homme nouveau » (Eph 4, 24). Tout cela bien sûr s’opère par la grâce de l’Esprit Saint qui fait que l’homme se tourne vers Dieu et se détourne de son péché, accueillant le pardon et la justice de Dieu.

Et lorsque cette œuvre de purification n’est pas complète au moment de la mort, il est nécessaire qu’elle s’achève après, car sans la sanctification « personne ne verra le Seigneur » (Heb 12,14) et parce que rien d’impur ne pourra entrer au ciel (cf. Ap 21, 27). Cette étape est temporaire, puisqu’à la fin du processus, l’âme entre dans la vision béatifique, dans le face à face avec Dieu, c’est-à-dire le ciel.

En résumé, on peut dire:

  1. Seuls les âmes imparfaites et en état de grâce entrent au Purgatoire. Ce n’est pas une “seconde chance pour ceux qui meurent en état de péché mortel sans repentir.
  2. Le Purgatoire existe pour la purification et la réparation. Les effets du péchés sont purgés. Les punitions dues au péché sont payées.
  3. Le Purgatoire est temporaire. Lorsque les saints imparfaits sont purifiés, ils entrent au ciel. Tous ceux qui sont au Purgatoire sont sauvés et vont entrer au ciel. Le Purgatoire cessera au retour du Christ. Seuls le ciel et l’enfer sont éternels.

Posted by: cathobiblique | janvier 26, 2008

La doctrine du Purgatoire est-elle scripturaire ?

 La doctrine du Purgatoire est-elle scripturaire ?

Tout d’abord, il faut noter que le mot « purgatoire » ne se trouve pas dans les Ecritures. Les mots « Trinité » ou « Incarnation » n’y sont pas non plus, pourtant ces points de doctrine sont clairement enseignés dans la Bible. De la même façon, la Bible enseigne qu’il existe un stade de purification intermédiaire après la mort. Nous l’appelons « Purgatoire ». Cependant, ce qui est important, c’est la doctrine, pas le nom qu’on lui donne.

Nous allons dans cet article considérer les preuves scripturaires de la doctrine du purgatoire, laissant de côté l’explication de la raison de la purification, qui est traité dans “Pourquoi le Purgatoire?”.

  • Gn 50, 10 : « Étant parvenus jusqu’à Gorèn-ha-Atad, - c’est au-delà du Jourdain, - ils y firent une grande et solennelle lamentation, et Joseph célébra pour son père un deuil de sept jours. » (voir aussi Nb 20, 29 ; Dt 34, 8)

Voici quelques exemples de prière rituelle et de deuil pour les morts pendant une période spécifique. La pratique juive de ces prières était destinée à libérer les âmes de la douloureuse purification où elles se trouvent et accélérer leur accès à Dieu.

  • Mt 12, 32 : « Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis ; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l’autre. »

Jésus implique que certains péchés peuvent être pardonnés dans l’autre monde. L’expression “dans l’autre” (en grec “en to mellonti”) renvoie à la vie après la mort (voir par ex. Mc 10, 30 ; Lc 18, 30 ; 20, 34-35; Eph 1, 21). Les péchés ne peuvent pas être pardonnés en enfer. Il n’y a pas de péché à pardonner au paradis. Il y a donc un lieu où le pardon peut s’effectuer : le purgatoire.

  • Mt 5, 25-26 (Cf Mt 18, 34 ; Lc 12, 58-59) : « Hâte-toi de t’accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l’adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là, que tu n’aies rendu jusqu’au dernier sou. »

L’adversaire c’est le démon (1 P 5, 8) qui est l’accusateur (Job 1, 6-12 ; Za 3, 1 ; Ap 12, 10) et Dieu est le juge. Si nous n’avons pas lutté correctement contre le démon et le péché, nous serons emprisonnés de façon temporaire, jusqu’à ce que notre dette avec Dieu soit effacée.

  • Lc 12, 47-48: « Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. Quant à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre. A qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. »

Lorsque le maître, Jésus, reviendra à la fin des temps, certains recevront des coups, un grand nombre ou un petit, mais cependant vivront. Cet état n’est pas celui du ciel, où il n’y a pas de souffrance, ni celui de l’enfer, où les âmes ne vivent plus avec Jésus.

  • Lc 16, 19-31. Parabole du pauvre Lazare et de l’homme riche.

Dans cette histoire, nous voyons cet homme riche, mort et qui souffre, mais qui cependant ressent de la compassion pour ses frères et veut les prévenir, afin qu’ils ne subissent pas le même sort. Mais il n’y a pas de souffrance au ciel, ni compassion en enfer, car cette dernière est une grâce de Dieu et les âmes en enfer sont privées des grâces de Dieu pour toujours. Où est l’homme riche ? Au purgatoire

  • 1 Co 3, 15 : « Si l’œuvre d’un homme est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu. »

Ce verset ne peut pas s’appliquer à la peine éternelle de l’enfer, car en ce lieu personne n’est sauvé. Il ne peut pas non plus s’appliquer au paradis, car personne n’y souffre. Il s’agit donc d’un stade intermédiaire où l’âme souffre temporairement afin d’accéder au ciel. C’est la définition même du purgatoire.

  • 1 Co 15, 29 : « S’il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux ? »

Paul fait référence à des personnes qui se ‘font baptiser pour les morts’ dans le contexte de l’expiation de leurs péchés. Ces morts ne peuvent pas être au paradis, car ils doivent encore expier leurs péchés, mais ils ne peuvent pas être en enfer, car en ce lieu aucun péché ne peut être expié. Ils sont au purgatoire. Ce verset correspond directement à 2 M 12, 44-45 qui parle aussi spécifiquement de prières pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés (voir plus bas).

  • Phil 2, 10: “pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et sous la terre, »

Sous la terre, c’est le lieu des justes morts, appelé aussi purgatoire.

  • 2 Tim 1, 16-18 : « Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore, car souvent il m’a réconforté, et il n’a pas rougi de mes chaînes ; au contraire, à son arrivée à Rome, il m’a recherché activement et m’a découvert. Que le Seigneur lui donne d’obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu’il m’a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne. »

Onésiphore est mort et pourtant Paul demande miséricorde pour lui pour « ce Jour là ». C’est une référence eschatologique, concernant le dernier jour (voir par ex Rm 2, 5.16 ; 1 Co 1, 8 ; 3, 13 ; 5, 5 ; 2 Co 1, 14 ; Phil 1, 6. 10 ; 2, 16 ; 1 Thess 5, 2.4-5.8 ; 2 Thess 2, 2-3 ; 2 Tim 4, 8). Bien sûr, il n’y a pas besoin de miséricorde au ciel et nulle miséricorde n’est donnée en enfer. Où est Onésiphore ? Au purgatoire.

  • Heb 12, 14 : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur; »

Nous avons besoin d’être totalement sanctifié pour voir Dieu face à face. Ce processus se déroule durant notre vie et, s’il n’est pas achevé à notre mort, il est complété au purgatoire.

  • Heb 12, 22-23 : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, et de myriades d’anges, réunion de fête,et de l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, d’un Dieu Juge universel, et des esprits des justes qui ont été rendus parfaits, »

Les âmes des hommes justes qui meurent sont « rendus parfaites ». Ces hommes ne sont pas nécessairement morts totalement purifiés et ont donc été purifiés, après leur mort. Ceux qui sont au ciel sont déjà parfaits et les âmes en enfer ne peuvent être purifiées, donc le stade de purification est le purgatoire.

  • 1 P 3, 18-20 : « Le Christ lui-même est mort une fois pour les péchés, juste pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l’esprit. C’est en lui qu’il s’en alla même prêcher aux esprits en prison, à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque se prolongeait la patience de Dieu, aux jours où Noé construisait l’Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. »

1 P 4, 6 : « C’est pour cela, en effet, que même aux morts a été annoncée la Bonne Nouvelle, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils puissent vivre selon Dieu dans l’esprit. »

Pierre parle d’une prison pour ceux qui ont désobéi, et qui cependant sont sauvés lorsque Jésus vient leur prêcher. Ce n’est pas l’enfer, parce que personne n’est sauvé en enfer. Ce n’est pas le « limbe des pères (appelé aussi le « sein d’Abraham » où les âmes des justes de l’Ancien Testament ont attendu jusqu’à ce que Jésus vienne ouvrir les portes du paradis) parce que c’est un endroit pour ceux qui ont désobéi. On ne peut imaginer Pierre évoquer qu’en un tel lieu des justes tels que David ou Jean Baptiste.

Pierre décrit un état temporaire pour des esprits désobéissants qui seront finalement sauvés. Il y a donc entre le ciel et l’enfer, un troisième endroit, le purgatoire..

  • La plus claire affirmation de l’existence du purgatoire vient du Second livre des Maccabées, qui a toujours fait partie du canon de l’Ancien Testament de l’Eglise (Voir « Le canon de l’Ancien Testament » ).

2 M 12, 43-45 : « puis le valeureux Judas exhorta la troupe à se garder pure de tout péché, ayant sous les yeux ce qui était arrivé à cause de la faute de ceux qui étaient tombés. Puis, ayant fait une collecte d’environ 2.000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché. »

Ce passage montre deux point importants :

  • 1) Il prouve que la distinction entre péché véniel et péché mortel. Bien que ces hommes avaient péché en portant des amulettes de dieux étrangers, ils «s’endormirent dans la piété». Ils ont péché; certes , mais sont mort cependant dans la piété. Donc leur péché ne menait pas à la mort (éternelle), était donc un péché véniel. Et le péché véniel, non mortel, est pardonnable après la mort.
  • 2) Il prouve aussi l’existence d’un état intermédiaire où les péchés véniels peuvent être pardonnés. Nous savons qu’il est impossible d’aider les âmes qui sont au paradis (elles n’ont pas de besoin), et il est de même impossible d’aiser les âmes en enfer (elles n’ont pas d’espérance). Prier pour les morts présuppose un stade intermédiaire pour les âmes où les péchés véniels peuvent être pardonnés et où l’expiation peut avoir lieu.

Même si quelqu’un rejette le canon de la Bible établi officiellement par l’Eglise catholique en 405, il n’y a aucun doute que 2 Maccabées décrit de façon correcte la pratique religieuse des juifs au deuxième siècle avant Jésus Christ. A cette époque les juifs priaient pour leurs morts (et ils le font encore aujourd’hui).

Certaines des plus anciennes liturgies chrétiennes incluent des prières pour les morts. Les tombes chrétiennes du deuxième et du troisième siècle sont ornées fréquemment de prière pour les morts. Cette pratique n’a de sens que si les premiers chrétiens croyaient au purgatoire, même si le mot n’était pas utilisé alors.

Tags: ,

Posted by: cathobiblique | janvier 25, 2008

Qu’est ce que la Tradition?

 Qu’est ce que la Tradition? CEC§ 81-82

Jésus n’a rien écrit et n’a pas demandé à ses apôtres d’écrire quelque chose. Il les envoyer prêcher l’évangile à toute la création (Cf. Mt 16, 15). Ainsi l’Evangile s’est propagé oralement. Les premiers chrétiens ont prêché, ils n’ont pas distribué des copies du Nouveau Testament, qui n’était pas encore totalement rédigé et encore moins établit dans un canon officiel (voir ” Le canon du Nouveau Testament “). Le Nouveau Testament est la cristallisation d’une tradition orale plus large qui comprend la totalité de l’enseignement de Jésus telle qu’il a été transmis par les apôtres. C’est pour cela que l’ensemble de ces doctrines est appelée la Tradition apostolique ou Sainte Tradition. Tout ce que Jésus a dit et fait n’est pas dans les Ecritures

Dans le Nouveau Testament nous trouvons de claires affirmations que l’Ecriture ne contient pas tout l’enseignement de Jésus.

Mc 4, 33 : « C’est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la Parole selon qu’ils pouvaient l’entendre ». Beaucoup de paraboles ne sont pas rapportées dans le NT.

Mc 6, 34 : « et il se mit à les enseigner longuement ». Nous ne savons pas ce que Jésus leur a dit.

Jn 16, 12 : « J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. ». Peut être Jésus fait allusion aux enseignements qu’il donnera à ses apôtres après sa résurrection. Cependant, très peu de ces choses ont été écrites.

Jn 20, 30 : « Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d’autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. »

Jn 21, 25 : « Il y a encore bien d’autres choses qu’a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu’on en écrirait. ».

Ac 1, 3 : « C’est encore à eux [aux apôtres] qu’avec de nombreuses preuves il s’était présenté vivant après sa passion ; pendant quarante jours, il leur était apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu. »

Tradition dans le Nouveau Testament

Le mot grec le plus important pour le concept de tradition est παραδόσις « paradosis ». Il est utilisé quatre fois en référence à la tradition chrétienne. Il signifie simplement la transmission de quelque chose d’une personne à une autre. Cette « tradition » peut être mauvaise : « Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la philosophie , selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ. » (Col 2, 8 Voir aussi Mt 15, 2 et suiv). Elle peut être opposée à la volonté de Dieu (cf Mc 7, 8).

Elle peut être aussi entièrement bonne, comme on le voit dans les cas suivants :

1 Co 11, 2 : « Je vous félicite de ce qu’en toutes choses vous vous souvenez de moi et gardez les traditions comme je vous les ai transmises. »

2 Thess 2, 15 : « Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre. »

2 Thess 3, 6 : « Or nous vous prescrivons, frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui mène une vie désordonnée et ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçue de nous. »

Il est donc clair que de même que nous devons obéir aux commandements de Jésus transcrits dans le Nouveau Testament, nous devons obéir aux commandements de Jésus transmis par les apôtres.

Tradition, Evangile et Parole de Dieu sont synonymes 

Dans les quelques exemples suivants, nous voyons que la prédication des apôtres, est une prédication orale et qu’elle est appelée alternativement Tradition , Evangile, Parole de Dieu  ou autre.

1 Co 11, 2 : « Gardez les traditions comme je vous ai transmises »

2 Thess 2, 15 : « Gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre »

2 Thess 3, 6 : « … la tradition que vous avez reçu de nous »

1 Co 15, 1 : «  …l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu »

Ga 1, 9 : « … un évangile (…) que vous avez reçu »

1 Thess 2, 9 : « Nous vous avons annoncé l’Evangile de Dieu »

Ac 8, 14 : « Samarie a reçu la Parole de Dieu »

1 Thes 2, 13 : « …une fois reçu la Parole de Dieu que vous nous faisions entendre, vous l’avez accueillie »

2 P 2, 21 : « …le saint commandement qui leur avait été transmis »

Jude 3 : « …la foi transmise aux saints une fois pour toute »

En fait dans ses lettres aux Thessaloniciens, Paul utilise tradition, évangile et parole de Dieu de façon interchangeable.

La tradition orale selon St Paul

Dans ses deux lettres à Timothée, Paul fait de fascinantes remarques sur l’importance de la tradition orale :

2 Tim 1, 13-14 : « Prends pour norme les saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour du Christ Jésus. »

2 Tim 2, 2 : « Ce que tu as appris de moi sur l’attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d’en instruire d’autres. »

Paul dit que, non seulement que Timothée doit recevoir et suivre son enseignement oral, en plus de son enseignement écrit, mais qu’il doit enseigner d’autres à faire de même.

C’est ce que l’Eglise catholique s’efforce à faire, en accord avec le commandement de Paul, à propos de la totalité du « dépôt de foi », c’est-à-dire de l’enseignement des apôtres. Car c’est l’Eglise qui est « la colonne et le support de la vérité » (1 Tim 3, 15).

Tags:

 Pourquoi les catholiques adorent des statues en violation avec Ex 20, 4-5 ?

Réponse :

L’Eglise catholique enseigne que seul Dieu doit être adoré. Adorer une autre personne ou une chose est commettre le grave péché d’idolâtrie. En Ex 20, 4-5, Dieu interdit la fabrication d’images dans le but de les adorer. Mais Dieu n’interdit nullement le fait de fabriquer des images.

En Ex 25, 18-19, Dieu ordonne à Moïse de fabriquer des statues d’anges, en l’occurrence de chérubins.

En Nb 21, 8, Dieu demande à Moïse de fabriquer un serpent d’airain, que les Israélites devaient regarde afin d’être guéri. De plus, les juifs utilisèrent beaucoup d’images gravées dans le Temple de Jérusalem, incluant des chérubins, des bœufs, des lions, des palmiers et des fleurs (1 R 6 et 7)

Les catholiques utilisent les statues et d’autres images comme rappeler à la mémoire des fidèles les personnes représentées : Jésus, les anges et les saints. Pour la même raison, les chrétiens des autres confessions utilisent les crêches au moment de Noël. Les catholiques utilisent simplement les statues et les images dans leurs dévotions, tout au long de l’année.

Le rejet des statues et des autres images dans l’usage de la prière de l’Eglise est une hérésie connue sous le nom d’iconoclasme. Elle est apparue pour la première fois au 8ème siècle lorsque l’empereur Léon III l’Isaurien, influencé par la nouvelle religion de l’Islam (fondé en 622), commença à attaquer l’usage des statues et des icones dans l’Eglise. Au second concile de Nicée en 787, l’Eglise condamna cette hérésie. Celle-ci ne refit surface qu’à la Réforme au 16ème siècle.

Enfin, s’agenouiller devant une statue ou embrasser une icône, n’est pas en soi faire acte d’idolâtrie. Si on s’agenouille devant un roi, devant une jeune fille que l’on demande en mariage ou devant la Bible qu’on lit ce n’est pas de l’adoration mais un signe de respect.  De même en embrassant la photo d’un conjoint ou d’un enfant, nous n’embrassons pas la personne elle-même en embrassant sa photo, mais nous signifions par ce geste l’amour que nous portons à cette personne.

Ainsi s’agenouiller devant une statue ou embrasser une icône, c’est honorer et exprimer notre amour envers la personne représentée, rien de plus.

Posted by: cathobiblique | janvier 21, 2008

COMMENT DETERMINER QUELLE EST L’EGLISE FONDEE PAR JESUS ?

 COMMENT DETERMINER QUELLE EST L’EGLISE FONDEE PAR JESUS ?

L’Eglise fondée par Jésus doit remonter historiquement au premier siècle, ses doctrines doivent être les mêmes que celles de l’Eglise apostolique et ses dirigeants doivent être capables d’appuyer leur autorité en retraçant leur lien avec les Apôtres. Ainsi l’histoire, les doctrines apostoliques et l’autorité apostolique sont les trois points à considérer pour déterminer quelle Eglise Jésus a fondé. Seule l’Eglise catholique possèdent ces trois caractéristiques.

Histoire

Tout livre historique objectif montrera que seule l’Eglise catholique existait à l’époque des apôtres. Le mot « catholique » apparaît pour la première fois dans une lettre de St Ignace d’Antioche (mort en 110 ap JC) afin distinguer l’Eglise du Christ des groupes hérétiques. Il est intéressant de noter que le terme « chrétien » a aussi utilisé pour la première fois à Antioche (Ac 11, 26). La lettre de St Ignace indique qu’en 110, l’Eglise fondée par Jésus était déjà connue sous le nom d’ « Eglise catholique ».

Doctrines apostoliques

Les Pères de l’Eglise sont le lien indispensable avec le christianisme apostolique. Leurs écrits nous indiquent quelle était la foi des premiers chrétiens. Or, tous enseignent unanimement les mêmes doctrines, clairement catholiques.

Autorité apostolique

La Bible et la Sainte Tradition sont très clairs sur le fait que le Christ a laissé son Eglise avec un gouvernement hiérarchique, composé d’évêques, de presbytres (prêtres) et de diacres, avec le successeur de Pierre à leur tête. Seule l’Eglise catholique a une telle hiérarchie de gouvernement qui peut retracer son autorité - au travers d’une succession ininterrompue- jusqu’aux apôtres, auxquels Jésus a confié son autorité.

L’Eglise est une

Tags:

Posted by: cathobiblique | janvier 18, 2008

Les saints peuvent-ils nous entendre?

Objection : Les saints du ciel ne peuvent pas nous entendre.

Réponse : Pourquoi pas ? Ne sont-ils pas plus vivants que lorsqu’ils étaient sur la terre ? La médiation de la communication avec eux est Jésus lui-même, qui est la vigne reliant les sarments. Nous et les saints du ciel formons une communion, un corps du Christ, étant les membres de Son corps et les membres les uns des autres.

Heb 12, 1 nous dit que nous sommes entourés d’une « nuée de témoins ». Comment ces derniers peuvent-ils ne pas être concernés par ce qu’ils voient.

Si on lit Ap 5, 8 et Ap 8, 3, on voit que les prières de demande, offertes comme encens devant Dieu, sont celles de ceux qui ont encore besoin d’aide, à savoir les fidèles sur terre. Ces prières sont offertes par ceux qui peuvent le plus aider, les saints du ciel.

Dans la parabole de Lazare et de l’homme riche (Lc 16, 19-30), l’homme riche, une fois mort est capable de prier Abraham et d’intercéder pour ses frères ; Cela suppose qu’il y a une communication au-delà de l’abîme et que la charité fraternelle s’étend au delà de la tombe.

Nous sommes certains que les saints du ciel sont dans le face à face avec Dieu (1 Co 13, 12 ; 1 Jn 3, 2). C’est dans cette vision qu’ils sont conscients des prières que nous leur adressons.

Tags: ,

Posted by: cathobiblique | janvier 17, 2008

Jésus n’est-il pas l’unique Médiateur?

Objection : 1 Tim 2, 5 dit qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme. Prier les saints n’est-il pas une violation de cette doctrine ?

Réponse :

1 Tim 2, 5 doit être compris à la lumière de 1 P 2, 5 : « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ ». St Pierre dit que les chrétiens ont part à l’unique et éternel sacerdoce de Jésus Christ. Jésus est médiateur entre Dieu et l’homme en raison de son sacerdoce. Par conséquent, partager le sacerdoce du Christ signifie partager sa médiation, à la fois au ciel et sur la terre.

De plus 1 Tim 2, 5 confirme que nous partageons la médiation du Christ, lorsque nous le lisons en contexte. Aux versets 1-4, St Paul demande aux chrétiens de participer à la médiation unique du Christ en offrant des prières et des intercessions pour tous les hommes :

« Je recommande donc, avant tout, qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes,( …) Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur ».

Les chrétiens qui intercèdent sur le terre les uns pour les autres dans la prière, ne contredisent pas l’unique médiation de Jésus Christ. De même, le fait que les saints du ciel intercèdent pour nous, ne contredit pas 1 Tim 2, 5. Car toute prière, sur terre comme au ciel, est en Christ et à travers lui, notre unique médiateur et grand prêtre.

Le principe est le suivant : bien que Dieu seul possède toutes les perfections, nous pouvons participer aux perfections de Dieu en partageant sa vie divine. Par exemple, la Bible dit que Dieu seul est bon (Mc 10, 18). Cependant nous pouvons avoir part à cette Bonté infinie : « «C’est bien, serviteur bon et fidèle».

Jésus partage nombre de ses attributs avec les chrétiens. Jésus est le Créateur de toute chose (Jn 1, 3 ; Col 1, 16-17) et cependant il partage ce rôle avec l’homme et la femme dans la procréation. Jésus est le seul Berger (Jn 10, 11-16), cependant il délègue ce rôle à St Pierre (Jn 21, 15-16) et plus tard à d’autres (Eph 4, 11). Jésus est l’éternel Grand Prêtre qui par son sacrifice, est le médiateur pour notre rédemption (Heb 3, 1 ; 7, 24 ; 9, 12 ; 10, 12), et cependant les chrétiens sont appelés à se joindre au sacerdoce du Christ (1 P 2, 5 ; Ap 1, 6 ; 5, 10).

Evidemment, Jésus est l’unique Créateur, Berger et Prêtre, mais tout chrétien participe d’une manière subordonnée à ces rôles. En participant à la vie divine du Christ, les chrétiens partagent aussi à sa médiation.

Les saints peuvent-ils nous entendre?

Tags: , ,

Posted by: cathobiblique | janvier 17, 2008

Prier les saints, est-ce de la nécromancie?

Objection : Les saints sont morts. Les catholiques pratiquent la nécromancie (communication avec les morts) ce qui est interdit (Dt 18, 10-11).

Réponse :

La nécromancie consiste à invoquer les esprits des enfers (le Shéol de Ancien Testament) pour s’entretenir avec eux. En demandant aux saints du ciel d’intercéder pour nous, nous n’invoquons pas d’esprits, ni ne communiquons avec eux à la manière des spirites. La prière aux saints n’a rien à voir avec la nécromancie.

Par ailleurs, les saints ne sont pas morts. Les saints au ciel sont vivants et avec Dieu : « Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mc 12, 26). En Mc 9, 4, Jésus s’entretient avec Elie et Moïse. Jésus dit au bon larron : « En vérité je te le dis, tu seras avec moi aujourd’hui en paradis » (Lc 23, 43). En fait les saints du ciel sont plus vivants que nous le sommes. Ils sont libres de tout péché, ils vivent dans la présence continuelle de Dieu. Plein de l’amour de Dieu, ils sont plus le souci de nous maintenant que lors de leur vie sur la terre.

Tout comme Paul demandait aux croyants de prier pour lui (Rm 15, 30 ; Col 4, 3 ; Eph 6, 18-19 ; 1 Thess 5, 25 ; 2 Thess 3, 1), nous pouvons à présent demander à Paul et aux autres saints du ciel de prier pour nous. Nous ne sommes pas séparés d’eux par la mort, mais au contraire rendus plus proches encore par la communion que nous partageons en Jésus.

Nous savons que les anges et les saints déposent la prière des saints de la terre aux pieds de Dieu (Tb 12, 12 ; Ap 5, 8 ; 8, 3-4), appuyant ces prières par leur intercession. Les martyrs, sous l’autel céleste crient en demandant vengeance (Ap 6, 9-11), ce qui montrent qu’ils ont à la fois conscients et concernés par ce qui se passe sur la terre. Ainsi les anges et les saints du ciel intercéderont pour nous lorsque nous leur en ferons la demande.

 Jésus n’est-il pas l’unique Médiateur?

Tags: ,

Posted by: cathobiblique | janvier 15, 2008

Le canon de la Bible (2ème partie)

 Deuxième partie : Le Nouveau Testament

Le premier mot du NT a été écrit autour de 50 ap JC (1 Thes) et le dernier entre 70 et 90 ap JC (Ap). Il comprend 27 livres, tous acceptés comme canoniques et inspirés par les catholiques et les protestants. Cependant la question qui se pose est : « Qui a déterminé quels livres étaient inspirés ? Qui a déterminé le canon du NT ? ». La Bible n’étant pas tombé du ciel (comme le Coran…), comment est-elle née ? Comment savons-nous que nous pouvons faire confiance en chacun de ces livres ?

Un peu d’histoire

Différents évêques ont rédigé des listes des livres inspirés :

  • Méliton, évêque de Sardes, 175 ap JC
  • St Irénée, évêque de Lyon, 185
  • Eusèbe, évêque de Césarée, 325
  • Pape Damase en 382, lors du Concile de Rome, rédige un décret comprenant l’actuel canon de l’Ancien et du Nouveau Testament (73 livres).
  • Le concile d’Hippone (Afrique du Nord) approuve ce même canon en 393
  • Le concile de Carthage (Afrique du Nord), en 397, fait de même. C’est le concile que de nombreux protestants considèrent comme ayant autorité pour le canon du NT
  • Pape St Innocent I approuve le canon des 73 livres en 405 et clôture officiellement le canon de la Bible.

Le canon de la Bible a été officiellement déterminé au 4ème siècle par des conciles et des papes catholiques. Or, jusqu’à la clôture officielle du canon en 405, il y a eu de nombreux débats autour de l’inspiration des textes. Certains soutenaient que certains livres (Hébreux, Jude, Apocalypse, 2ème lettre de Pierre) n’étaient pas inspirées, tandis que d’autres affirmaient que certains livres extra-canoniques (le Berger d’Hermas, les évangiles de Pierre et de Thomas, les lettres de Barnabé et de Clément) étaient inspirés.

Comme nous l’avons vu dans notre première partie, le processus de canonisation des Ecritures est lent et difficile. De fait, la Bible ne donnant pas de liste de livres inspirés, il faut qu’une autorité autre que l’Ecriture détermine quels livres sont canoniques et quels livres ne le sont pas.

Cette autorité, c’est l’Eglise « colonne et support de la vérité » 1 Tm 3, 15. C’est ce qui fait dire à St Augustin : « Je ne croirais pas à l’Évangile, si l’autorité de l’Eglise catholique ne m’y poussait”. C’est donc l’autorité infaillible de l’Eglise éclairée par l’Esprit Saint qui fonde notre certitude que la Bible est Parole de Dieu.

Ceci amène les chrétiens non catholiques à une situation paradoxale, à savoir refuser l’autorité de l’Eglise catholique et en même temps la reconnaître par le simple fait de croire en l’inspiration des Ecritures, préservées et canonisées par elle. Martin Luther lui-même admet que les chrétiens doivent la Bible aux efforts de l’Eglise catholique : « Nous sommes obligés de concéder beaucoup de choses aux Papistes (Catholiques)- qu’ils possèdent la Parole de Dieu que nous avons reçu d’eux, autrement nous n’en aurions rien su du tout » (Commentaire à l’Evangile de Jean, ch 16). Cette déclaration de Luther confirme le fait que sans la décision de l’Eglise, nous ne saurions pas quels livres sont inspirés et font partie de la Bible.

                                               

Points de repère

  • 1) Historique

La Bible est une bibliothèque (Biblia en grec) de livres catholiques. Le Nouveau Testament a été écrit, copié et préservé par les catholiques. Le canon officiel a été déterminé par l’Eglise catholique au 4ème siècle. Ainsi tout chrétien reçoit la Bible de l’Eglise catholique

  • 2) Logique

L’Eglise qui a l’autorité pour déterminer l’infaillible Parole de Dieu, doit avoir l’autorité infaillible et être guidée par le Saint Esprit. Comme nous l’avons vu, sans l’autorité de l’Eglise catholique, nous n’avons absolument aucune garantie que ce qui est dans la Bible est l’authentique Parole de Dieu.

Croire en la Bible, c’est croire en l’autorité de l’Eglise qui garantit la Bible.

Tags: ,

Posted by: cathobiblique | janvier 15, 2008

Sola Scriptura?

 SOLA SCRIPTURA ?

La plupart des protestants professent la doctrine de la « sola scriptura », selon laquelle seule la Bible fait autorité en matière de foi et de morale. Si nous catholiques acceptons la Bible comme autorité parce qu’elle est la Parole de Dieu inspirée, cependant nous ne pouvons pas l’accepter comme unique règle de foi pour les raisons suivantes :

C’est contraire à la Bible

L’Ecriture nous dit que le Christ a laissé une Eglise avec une autorité divine pour gouverner en Son nom (Mt 16, 13-20 ; 18, 18 ; Lc 10, 16). Jésus a promis que cette Eglise subsisterait jusqu’à la fin des temps (Mt 16, 13-20 ; 28, 19-20 ; Jn 14, 16).

La Bible nous dit aussi que la Sainte Tradition doit être suivie, tout autant que les Saintes Ecritures : « Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre »(2 Thess 2, 15) ; « Nous vous prescrivons frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui (…) ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçu de nous »(2 Thess  3, 6).

La doctrine de la sola scriptura n’est pas dans l’Ecriture ! En fait la Bible nous dit que nous avons besoin de plus que la Bible. Elle nous confirme que tout ce que Jésus a dit et fait n’est pas écrit dans les Ecritures (Jn 21, 25) et que nous devons aussi obéir à la tradition orale, la Parole de Dieu prêchée (1 Co 11, 2 ; 1 P 1, 25). En 2 P 3, 15-16, Pierre prévient que la Bible peut être difficile à interpréter, ce qui implique nécessaire une instance ayant autorité pour l’interpréter. Enfin, 1 Tim 3, 15 déclare que l’Eglise est « la colonne et le support de la vérité »

C’est contraire à l’histoire

L’histoire de la Bible atteste que l’Eglise exerçait son autorité apostolique pour déterminer ce qui était ou non Ecriture inspirée (voir « Le canon de la Bible » http://cathobiblique.wordpress.com/2007/12/23/le-canon-de-la-bible/). Nous avons besoin de l’autorité de l’Eglise pour nous dire ce qui appartient à la Bible (1 Tim 3, 15).

C’est contraire au sens commun

Tout document écrit destiné à jouer un rôle crucial pour déterminer comment les gens doivent vivre (par exemple la constitution d’un pays) a besoin d’une autorité permanente pour le garder, en être garant et l’interpréter de façon officielle. Autrement, le chaos règne, si chaque individu interprète le document à sa guise. Les rédacteurs des constitutions nationales ont eu la sagesse de mettre en place de telles instances. Or Dieu, qui est la Sagesse même, n’aurait jamais laissé un document écrit tel que la Bible sans instituer une autorité ayant la charge de la préserver et de l’interpréter officiellement.

Pour conclure, la division du mouvement protestant et évangélique en plus de 33 000 dénominations est le fruit direct de la doctrine de la Sola Scriptura, doctrine qui n’a pas été enseigné par Jésus, ni par l’Eglise, et qui apparut plus de 1500 ans après la Pentecôte…

Tags: ,

« Newer Posts - Older Posts »

Categories