Cathobiblique

janvier 6, 2009

Marie est Immaculée Conception

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 9:04
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MARIE EST IMMACULEE CONCEPTION

Pour beaucoup, cette doctrine est difficile à comprendre et encore plus à croire. Le 8 décembre 1854, le Pape Pie IX a ainsi défini de façon infaillible le dogme de l’Immaculée conception :

« La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel ».

Explication du dogme

Trois point clés :

  • 1) Marie a été préservé du péché originel depuis le premier instant de son existence? Non seulement Marie a été préservé du péché originel, mais aussi des souillures (effets) du péché originel. Cela signifie qu’elle n’avait pas de nature corrompue.
  • 2) L’Immaculée Conception concerne uniquement le fait qu’elle ait été préservée du péché originel. Cependant, l’Eglise enseigne aussi que Marie n’a jamais commis de péché personnel. Dans cet article, nous considérerons donc de façon large le fait que Marie est totalement pure de tout péché.
  • 3) Ce privilège a été donné à Marie en vue des mérites du Christ. Jésus est le Sauveur de Marie. Tout comme nous, elle a été racheté par Jésus, à la différence près qu’elle a bénéficié de la rédemption d’une façon proactive. Le fruit de la Rédemption par Jésus a été appliqué pour préserver Marie, tout comme il nous est appliqué pour effacer les péchés que nous avons commis.

 

Nos frères protestants objectent ce dogme pour les raisons suivantes :

  • 1) Ils disent que cela ne se trouve pas dans les Ecritures. De plus, cela contredit Rm 3, 23 qui affirme que«tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu».
  • 2) Ils affirment que cette doctrine signifie que Marie n’a pas besoin d’être rachetée par Jésus. La réponse à cette objection se trouve plus haut dans la distinction faite entre la rédemption qui préserve du péché et la rédemption qui purifie du péché.
  • 3) Ils maintiennent que les Pères de l’Eglise n’ont pas enseigné cette doctrine et notent le fait que même le grand Thomas d’Aquin (1225-1274) l’a rejeté.

Nous examinerons tout d’abord Rm 3,23 et montrerons alors comment défendre l’Immaculée Conception scripturairement. Nous adresserons enfin la question des Pères de l’Eglise et de St Thomas d’Aquin.

Romains 3, 23 « TOUS ont péché… »

Il est évident que st Paul parle de péchés personnels que nous commettons, et non du péché originel que nous héritons. Paul ne parle pas de « tous » dans un sens absolu, excluant absolument chaque homme. Des exceptions évidentes sont par exemple Jésus, Adam et Eve avant la chute et les enfants en dessous de l’âge de raison. Les catholiques croient que Marie est une autre exception.

Plus tôt en Rm 3, 9-10, Paul dit : « Juifs et Grecs, tous sont soumis au péché, comme il est écrit : Il n’est pas de juste, pas un seul, il n’en est pas de sensé, pas un qui recherche Dieu. »

Paul cite ici le psaume 14. Lorsqu’il cite l’Ancien Testament, il respecte toujours le contexte original, selon les règles juives d’utilisation de la Bible. De ce fait, il ne transforme jamais le sens d’un verset pour lui faire dire l’inverse. Donc que veut dire le roi David, lorsqu’il dit : « Non, il n’est plus d’honnête homme, non, plus un seul » (v.3) ? David se lamente de la rébellion qui s’étend en Israël. Les ennemis de David ne sont pas seulement les nations païennes, mais aussi ses compatriotes israélites comme Saul et Absalom, membre de sa propre famille d’alliance. David utilise « tous » dans un sens collectif, qui inclut de larges portions de chaque groupe (juifs et païens), et non pas dans un sens distributif qui inclurait chaque individu. Nous savons cela parce que David distingue immédiatement « tous les malhonnêtes » de « mon peuple » (v.4) et de « la génération des justes » (v.5). Si il n’y a absolument « pas un seul » qui est juste, comment David peut-il parler de « génération des justes » ?

De la même façon, Paul utilise cette citation dans un sens collectif et non pas distributif : les païens ne sont pas les seuls à pécher contre Dieu. Les juifs, unis à Dieu par l’alliance sont aussi rebelles. Rm 3, 23 utilise donc « tous » dans un sens collectif. Paul affirme qu’il n’y a pas de distinction enter les juifs circoncis et les païens incirconcis : les deux groupes commettent des péchés personnels et ont besoin d’être justifiés par la foi ;

De même, lorsque nous lisons Rm 5, 12. 18-19, où Paul enseigne que tous les hommes héritent le péché d’Adam (péché originel), nous devons admettre des exceptions tels que Jésus, Adam et Eve, et selon la foi catholique, Marie.

Evidence scripturaire que Marie est sans péché.

  • « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon ». Gn 3, 15

Interprétation : Dieu parle au serpent (Satan) après qu’Adam et Eve ont succombé à la tentation. La descendance de la femme qui écrasera la tête du serpent est reconnue par tous les chrétiens comme étant Jésus. L’hostilité ou l’opposition entre la femme et le serpent est la même hostilité qui existe entre Jésus et le serpent. Cette hostilité est totale, le démon n’a jamais fait tomber Jésus dans le péché, comme il l’a fait avec Adam et Eve. Par conséquent, la femme, la mère de Jésus, n’a pas non plus été piégée par le péché parce qu’elle est aussi en totale hostilité envers le serpent. Cette femme est Marie, et non pas Eve, qui s’est détourné de Dieu en écoutant le démon. De plus Eve n’a pas littéralement donné naissance à Jésus, Marie si.

  • « Il entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » Lc 1, 28

Interprétation : l’ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » pour indiquer qu’elle possède la plénitude de la grâce. De fait, il ne l’appelle pas « Marie », mais utilise « pleine de grâce » comme un nom propre, manifestant ainsi combien cette plénitude est exceptionnelle. Ce titre suscite d’ailleurs chez elle la surprise : « A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. » (v.29).

Nous avons montré ailleurs comment l’Arche d’Alliance de l’Ancien Testament préfigurait Marie, l’Arche de la Nouvelle Alliance. Le premier chapitre de l’évangile de Luc fait allusion à ce thème de façon répétée :

Arche de l’Ancien Testament

 

Marie

Une nuée de gloire couvrait le Tabernacle et l’Arche (Ex 40, 34-35 ; Nb 9, 15) « L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1, 35)
L’arche est restée trois mois dans la maison d’Ebed Edom le Gittite (2 S 6, 11) Marie passa trois mois dans la maison de Zacharie et d’Elisabeth (Lc 1, 26. 40)
Le roi David demanda :« Comment l’arche de Yahvé entrerait-elle chez moi ? » (2 S 6, 9) Elisabeth demanda à Marie : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (Lc 1, 43)
David bondit et dansa devant le Seigneur lorsque l’Arche arriva à Jérusalem (2 S 6, 14-16) Jean le Baptiste bondit de joie dans le sein d’Elisabeth lorsque Marie arriva (Lc 1, 44)

 

Comme nous l’avons vu, Dieu a pris soin de préparer et de préserver le réceptacle qui contenait Sa Parole écrite. L’Arche était faite de bois d’acacia et d’or pur. Dieu exigea qu’elle soit sans défauts. Il frappa Uzza de mort pour avoir oser toucher et ainsi profaner l’Arche (2 S 6, 7). Si Dieu a pris un tel soin pour préserver l’Arche de l’Ancien Testament de toute tâche, défaut ou profanation, combien plus a-t-il préservé l’Arche du Nouveau Testament de toute trace de péché, elle qui portait un trésor encore plus saint, la Parole vivante ?

Les Pères de l’Eglise enseignent que Marie est sans péché.

St Justin Martyr et St Irénée ont implicitement enseigné que Marie était libre de tout péché lorsqu’ils montrèrent qu’elle était la nouvelle Eve qui renversait la désobéissance de la première. Lorsqu’elle désobéit, Eve était libre de tout péché et de toute concupiscence (inclination au péché). Ainsi, son « non » à Dieu était un choix libre et conscient de sa volonté. Pour que l’obéissance de Marie puisse défaire la désobéissance d’Eve, le « oui » de Marie devait être aussi parfait que le « non » d’Eve. Cela n’a été possible que parce que Marie était libre de tout péché et de toute inclination au péché, tout comme Eve. Plus tard, d’autres Pères sont explicitement enseigné que Marie était sans péché.

St Ephrem de Syrie (306-373), docteur de l’Eglise, écrit : « Toi [Christ] seul et ta Mère sont plus beaux que tous les autres, car il n’y a pas de défaut en toi ni de tâches sur ta Mère » (Hymne 27, 8).

St Ambroise (340-397), évêque de Milan et docteur de l’Eglise, écrie dans son commentaire au ps 118 : « Marie, une Vierge non seulement incorrompue, mais une Vierge que la grâce a rendue inviolée, libre de toute trace de péché » (Commentaire du ps 118, 22, 30)

St Augustin (354-420) écrit : « Ainsi donc, à l’exception de la sainte Vierge Marie, dont il ne saurait être question quand je traite du péché et dont je ne saurais mettre en doute la parfaite innocence, sans porter atteinte à l’honneur de Dieu ; car celle qui a mérité de concevoir et d’enfanter l’innocence même, le Verbe incarné, pouvait-elle ne pas recevoir toutes les grâces par lesquelles elle serait victorieuse de tout péché quel qu’il fût? » (De la nature et de la grâce, 42).

La question du péché originel et de la nécessité du salut pour Marie

Les Pères de l’Eglise ont cru que la Sainte Ecriture et la Sainte Tradition enseignaient que Marie n’avait jamais commis de péché personnel. Cependant, ils n’adressèrent pas explicitement le fait que Marie était libre du péché originel. St Augustin, dans un passage, fait entendre que Marie était née avec le péché originel. Cependant il n’aborde pas explicitement cette question. Au Moyen Age, les docteurs de l’Eglise ont réfléchi plus directement sur la question de Marie et du péché originel. Ils ont tous affirmés que Marie a été, tout au long de sa vie, sans péché. Mais, des théologiens, tels que St Bernard, st Thomas d’Aquin et st Bonaventure (tous trois très dévoués à Marie) ont vu une difficulté. L’Immaculée Conception semble impliquer que Marie n’avait pas besoin d’un Sauveur. Comment réconcilier le fait que Marie est sans péché avec l’universalité de la rédemption accomplie par le Christ ?

Ces grands théologiens ont pressenti que cette contradiction apparente devait être résolue avant que l’Eglise ne définisse dogmatiquement ce que la Bible et la Tradition semblaient enseigner : que Marie est sans péché. Duns Scott (1266-1308), un théologien franciscain anglais, trouva une solution. Par ses brillants écrits, il montra que la préservation de Marie du péché original n’enlevait pas le besoin pour Marie d’être rachetée. Cela nécessitait une rédemption encore plus parfaite : une rédemption préservatrice. Si un homme vous sort de sables mouvants, vous direz qu’il vous a sauvé. Mais s’il vous empêche de tomber dans les sables mouvants, vous direz qu’il vous a sauvé d’une façon plus parfaite encore.

Les mérites du Christ pouvaient bien évidemment être appliqué à Marie par anticipation. Tous les saints de l’Ancien Testament ont été pardonnés de tous leurs péchés (y compris le péché originel) en raison des mérites des souffrances du Christ, de sa mort et de sa résurrection. Lorsque l’Eglise réconcilia l’Immaculée Conception avec la Rédemption universelle du Christ, les discussions autour de ce sujet cessèrent.

Les Pères ont considéré comme évident que Marie n’avait commis aucun péché personnel. Les mêmes raisons qui ont fait que Dieu a préservé Marie de tout péché personnel s’appliquent d’autant plus à la préservation du péché originel. Les péchés véniels personnels ne séparent pas une personne de Dieu comme le fait le péché originel.

Le rôle de Marie comme la Nouvelle Eve exclut non seulement tout péché, mais aussi la concupiscence. Comme st Paul l’enseigne en Romains 5, les dons obtenus pour nous par Christ sont bien plus nombreux que les dommages provoqués par Adam. La restauration accomplie par Dieu transforme toute chose, au-delà même de ce qui était à l’origine. Par conséquent, nous devons conclure que le « Oui » de Marie, qui a conduit à notre rédemption dans le Christ, a été plus parfait que le « Non » d’Eve qui a conduit à notre chute en Adam. Puisqu’Eve a dit non à Dieu avec une nature humaine parfaite, Marie de même a du dire oui à Dieu avec une nature humaine parfaite. Une telle nature exclue tout péché et toute concupiscence.

décembre 8, 2008

Virginité perpétuelle de Marie

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 6:24

VIRGINITÉ PERPÉTUELLE DE MARIE

L’Eglise catholique enseigne que Marie était vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus. Dieu a équipé Marie afin qu’elle soit la Mère de Dieu, l’épouse du Saint Esprit et la Mère de l’Eglise. Il l’a préservé de tout péché pour lui permettre d’accomplir ces rôles parfaitement. C’est pourquoi elle fut conçue immaculée. Marie devait être intacte spirituellement et Dieu a voulu que son corps reflète cette pureté. C’est pour cela qu’Il a miraculeusement préservé sa virginité lorsqu’elle donna naissance à Jésus et qu’Il a aussi préservé son corps de la corruption après la mort (son Assomption). L’Ecriture enseigne que nos corps reflètent notre condition spirituelle. Après que l’humanité fut blessée spirituellement par la Chute, nos corps devinrent mortels et soumis à la décomposition. Au ciel, lorsque nous serons spirituellement parfaits, nos corps ressuscités le seront aussi.

Notons au passage combien tout l’enseignement de l’Eglise sur Marie est magnifiquement cohérent et solide théologiquement. La doctrine de la virginité perpétuelle de Marie ne diminue pas la valeur de la sexualité maritale, mais reflète plutôt le rôle unique de Marie dans le plan du salut.

Pour défendre la virginité perpétuelle de Marie, nous devons d’abord examiner les versets utilisés pour attaquer cette doctrine. Ensuite, nous verrons d’autres versets qui l’exposent. Puis nous verrons ce que les Pères de l’Eglise ont enseigné. Et enfin nous verrons que mêmes les Réformateurs (qui ont inventé la sola scriptura)  ont affirmé vigoureusement que  cette doctrine est biblique.

Versets utilisés pour rejeter la virginité perpétuelle de Marie

« Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? » Mt 13, 55

  • Ni l’hébreu, ni l’araméen n’a de mot pour « cousin ». Bien que le texte du Nouveau Testament que nous avons est en grec, qui a un terme pour cela, la traduction littérale de l’hébreu ach, utilisé par Jésus et les disciples, est de fait adelphos en grec, que nous traduisons par « frère ». Or ce terme dans la Bible est utilisé dans de multiples circonstances (comme c’est le cas encore aujourd’hui) pour désigner :
  • un enfant mâle ayant les mêmes parents
  • des hommes descendants d’un même parents Ac 7, 23.26; Heb 7, 5
  • des membres d’un même peuple Ac 3, 17.22; Rm 9, 3
  • un voisin, un homme quiconque Lc 10, 29; Mt 5, 22; 7, 3
  • des personnes unis dans un intérêt commun Mt 5, 47
  • des personnes unies dans un appel commun Ap 22, 9
  • des membres de l’humanité Mt 25, 40; Heb 2, 17
  • les disciples et par implication tous les croyants Mt 28, 10; Jn 20, 17
  • les croyants, sans distinction de sexe, Mt 23, 8; Ac 1, 15; Rm 1, 13; 1 Th 1, 4; Ap 19, 10 (le mot «sœurs» est utilisé pour désigner les croyantes uniquement en 1 Tim 5, 2)
  • Dans la Bible hébraïque, Gn 14, 14 désigne Lot comme le « frère » d’Abraham, alors qu’il est son neveu (Gn 11, 26-28). De même en Gn 14,14 Jacob est appelé le « frère » de son oncle Laban (Gn 29, 10). On retrouve d’autres endroits où les mots « frère » ou « frères » sont utilisés pour désigner des membres d’une même famille (Dt 23, 7 ; 2 S 1, 26 ; 1R9, 13 ; 20, 32 ; 2R 10, 13-14 ; Jer 34, 9 ; Am 1, 9).

Si maintenant nous regardons plus précisément le cas de la Sainte Famille, nous découvrons les faits suivants :

  • En Lc 2, 41-51, l’histoire de Marie et de Joseph emmenant Jésus au Temple à l’âge de douze ans montre de façon évidente que Jésus est leur fils unique. Puisque tout le monde s’accorde sur le fait qu’il est le premier né, si il avait (comme certains l’affirme en se basant sur Mt 13, 55) au moins cinq frères, on n’en voit pas la trace dans ce récit qui démontre à lui tout seul qu’il pas plausible que Jésus ait eu des frères.
  • Jésus utilise lui-même le terme « frères » dans un sens large. En Mt 23, 8, il appelle les foules et ses disciples (v.1) « frères ». En d’autres mots, ils ont frères les uns des autres. En Mt 12, 49-50, il appelle ces disciples et tous ceux qui font la volonté de son Père « mes frères ».
  • En comparant Mt 27, 56 ; Mc 15, 40 et Jn 19, 25, nous voyons que Jacques et Joseph (mentionné en Mt 13, 55 avec Simon et Jude comme « frères » de Jésus) sont aussi appelés fils de Marie, femme de Clopas. Cette autre Marie (Mt 27, 61 ; 28, 1) est appelée la adelphe (féminin d’adelphos) de la Vierge Marie en Jn 19, 25 (il est peu probable qu’il y ait eu deux sœurs appelées Marie, ce terme désigne donc des cousines ou des membres d’une même famille). Mt 3, 55-56 et Mc 6, 3 mentionnent Simon, Jude et des « sœurs » avec Jacques et Joseph, les appelant tous adelphoi (pluriel d’adelphos). Puisque nous savons que Jacques et Joseph ne sont pas des frères de sang de Jésus, l’interprétation la plus probable de Mt 13, 55 est que tous ces « frères » sont cousins, selon les conventions linguistiques exposées plus haut.

Mt 1, 24-25 « Une fois réveillé, Joseph fit comme l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme et il ne la connut pas jusqu’au jour où elle enfanta un fils, et il l’appela du nom de Jésus

Est que « jusqu’au jour » signifie qu’après la naissance de Jésus, Marie a eu des relations sexuelles normales avec Joseph ? Non. Le mot « jusque » ne signifie pas nécessairement un changement de condition (dans ce cas la fin d’une abstinence sexuelle). Par exemple, 1 Co 15, 25 dit que Christ « doit régner jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds ». Cela signifie-t-il qu’après cela Christ cessera de régner ? Non, car il règnera pour toujours (Lc 1, 32-33).

Lc 2, 6-7 «  Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né »

« Premier né », en grec protokos, signifie en premier lieu « prééminent » : par ex. David est décrit comme le premier né, le plus grand des rois de la terre (Ps 89, 27) ou Dieu appelle Ephraïm (Jer 31, 9) et le peuple d’Israël (Ex 4, 22) « mon premier né ». Enfin les chrétiens sont appelés « les premiers nés » en Heb 12, 23.

Dans un sens plus littéral cependant, « premier né » désigne chez les juifs l’enfant qui, le premier ouvre le sein (Ex 13, 2). Le premier né, selon la loi mosaïque devait être racheté dans les 40 jours suivant sa naissance (Ex 34, 20). A ce moment la mère ne sait pas si elle aura d’autres enfants. Le titre de premier né, cependant sera celui qu’elle utilisera pour désigner son fils, même si celui-ci sera son unique.

Versets à utiliser pour défendre la virginité perpétuelle de Marie

Il nous faut garder à l’esprit deux éléments pendant l’étude de ces versets :

  • 1) Les «frères» de Jésus ne sont jamais appelé «fils de Marie»
  • 2) Certains de ces «frères» conseillent et réprimandent Jésus (Jn 7, 3-4 et Mc 3, 21). Or, dans la culture juive, les frères les plus jeunes ne réprimandent jamais un frère plus âgé. Par conséquent, ils n’étaient pas les jeunes enfants de Marie.

Mt 15 et Jn 19, 27

En Mt 15, Jésus condamne les Pharisiens parce qu’ils utilisaient la règle du korban (procédure visant à consacrer rituellement quelque chose au Seigneur) pour éviter de prendre soin de leurs parents âgés. Cette attitude irrita Jésus. En Jn 19, 26-7, Jésus est sur la croix et au point de mourir. Apparemment Joseph est mort puisqu’il n’est plus fait mention de lui depuis le début du ministère public de Jésus. Marie, demeurant seule, Jésus la confie à Jean, fils de Zébédée, qui n’était pas un frère de Jésus. Si Jésus avait des frères plus jeunes, ce geste n’aurait aucun sens. Jésus a condamné les Pharisiens qui se dispensaient de la responsabilité de prendre soin de leurs parents ? Pourquoi dispenserait-il ses propres frères de cette obligation importante, de ce commandement (Ex 20, 12) ? Cela ne fait aucun sens. Donc Jésus est bien fils unique.

Il nous est dit qu’après la Résurrection, les apôtres se réunissaient dans la chambre haute « avec Marie la mère de Jésus et avec ses frères » (Ac 1, 13-14). Si les frères de Jésus  étaient aussi les fils de Marie, alors pourquoi Marie serait-elle sous la protection de Jean ?

Une lecture attentive de la Bible confirme la doctrine catholique de la virginité perpétuelle de Marie qui n’a pas eu d’autres enfants. Voyons ce qu’en disent les chrétiens des premiers siècles de l’Eglise.

Les Pères de l’Eglise défendent la virginité perpétuelle de Marie

St Athanase, le grand docteur de l’Incarnation qui a mené la lutte contre l’arianisme, est très respecté par les protestants. Dans son Discours contre les ariens, il appelle explicitement Marie la « Toujours Vierge ». Il mentionne ce titre, non comme une nouveauté ou quelque chose qui avait besoin d’être prouvé, mais comme un fait acquis pour les chrétiens.

A la fin du quatrième siècle, lorsque Helvédius remis en question la virginité perpétuelle de Marie, les Pères de l’Eglise réagirent avec indignation. St Jérome  écrivit une défense cinglante de cette doctrine, La virginité perpétuelle de la Sainte Vierge Marie contre Helvédius, condamnant son enseignement comme une nouveauté et une hérésie. St Augustin et st Ambroise défendirent vigoureusement la virginité perpétuelle de Marie. Augustin l’appelle « une Vierge qui conçoit, une Vierge qui porte, une Vierge enceinte, une Vierge qui enfante, une Vierge perpétuelle ».

Nous avons vu plus ailleurs que l’Arche d’Alliance dans l’Ancien Testament préfigurait Marie . Dieu voulut que cette Arche soit sans défaut parce qu’elle devait porter la Parole écrite de Dieu (les dix commandements). Combien plus Dieu a voulu préserver de toute tache et de tout défaut Marie l’Arche du Nouveau Testament, qui a porté la Parole vivante de Dieu.

Les réformateurs protestants défendent Marie, la « toujours vierge »

En conclusion, nous pouvons montrer à nos frères protestants que même les réformateurs soutenaient cette doctrine :

Luther : « C’est un article de foi que Marie est Mère du Seigneur et toujours vierge…Christ, nous croyons, est venu d’un sein laissé parfaitement intact »

Calvin : « Certains ont voulu suggérer de ce passage [Mt 1, 25] que la Vierge Marie a eu d’autres enfants que le Fils de Dieu, et que Joseph a demeuré alors avec elle plus tard, mais quelle folie que celle-ci ! Car l’auteur de l’évangile n’a pas voulu rapporter ce qui s’est passé ensuite, il a simplement voulu mettre en lumière l’obéissance de Joseph et montrer que Joseph a été bel et bien assuré que c’était Dieu qui avait envoyé son ange à Marie. Il n’a pas, par conséquent, vécu avec elle, ni partagé sa compagnie… Et d’ailleurs ce Notre Seigneur Jésus Christ est appelé le premier né. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un second ou un troisième, mais parce que l’auteur de l’évangile fait référence à la proéminence. L’Ecriture nous parle ainsi en nommant le premier né, qu’il y ait ou non question d’un second » (Sermon sur Mt 1, 22-25, publié en 1562).

Zwingli : « Je crois fermement que Marie, selon les paroles de l’évangile, comme un pure Vierge a donné naissance pour nous au Fils de Dieu et dans l’accouchement et après l’accouchement est demeurée pour toujours une pure et intacte Vierge »

décembre 5, 2008

Les catholiques adorent et prient devant des statues de Marie, donc ils adorent des idoles.

Classé dans : Marie, Objections courantes — cathobiblique @ 12:43

Objection :

Les catholiques adorent et prient devant des statues de Marie, donc ils adorent des idoles.

 

Réponse :

Pensez-vous honnêtement que les catholiques ne font pas la différence entre le Dieu de l’univers et du plâtre peint ? Les protestants s’agenouillent souvent en tenant une croix ou une Bible à la main. Adorent-ils du bois ou du papier imprimé ? Non, ils vous diront que ce sont des rappels de Jésus et de son œuvre de salut. De la même façon, les images des saints nous rappellent Jésus et son œuvre de salut. Aucun bon catholique pense qu’il adore Marie en s’agenouillant devant son image en prière.

novembre 22, 2008

Les statues de Marie violent le commandement de Dieu de ne pas faire des images gravées (Ex 20, 4-5)

Classé dans : Marie, Objections courantes — cathobiblique @ 5:59
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Objection

Les statues de Marie violent le commandement de Dieu de ne pas faire des images gravées (Ex 20, 4-5)

Réponse :

En Exode 20, 4-5, Dieu interdit la fabrication d’images dans l’intention de les adorer. Mais Il n’interdit pas la fabrication d’images en elle-même. En Ex 25, 18-19, Dieu ordonne à Moïse de fabriquer des statues de chérubins. En Nb 21, 8, Dieu demande à Moïse de fabriquer un serpent de bronze. Les juifs utilisèrent beaucoup d’images dans le Temple, incluant des anges, des bœufs, des lions, des palmiers et des fleurs (1 R 6-7). Pour la plupart, nous avons des photos des membres de nos familles et de ceux que nous aimons dans notre portefeuille. Ce sont des images faites de main d’homme. Est-ce que nous les adorons lorsque nous utilisons ces images pour nous rappeler les personnes qu’elles représentent ? Non. Ce même principe s’applique à la vénération des statues. Les catholiques et les orthodoxes utilisent les statues et les différentes images simplement pour se rappeler les saints qu’elles représentent.

octobre 30, 2008

Les catholiques adorent Marie

Classé dans : Marie, Objections courantes — cathobiblique @ 2:40

Objection

Les catholiques adorent Marie, ils la traitent comme la quatrième personne de la Trinité.

Réponse :

Les catholiques n’adorent que Dieu. Nous ne confondons pas une créature (même la plus grande) avec le Créateur. Nous honorons Marie. Pourquoi ? A cause des dons que Dieu lui a fait. En faisant d’elle Sa mère, Dieu a honoré Marie plus que nous ne pourrons jamais. L’Ecriture appelle Marie « bénie » et promet que toutes les générations feront de même (Lc 1, 42.48). Nous honorons Marie parce que Jésus l’a honoré (en obéissant parfaitement au 4ème commandement : Ex 20, 12 ) et nous sommes appelés à imiter Jésus.

octobre 27, 2008

Marie Mère de Dieu

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 6:09
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MERE DE DIEU

Dieu a honoré Marie plus que toutes les autres créatures en faisant d’elle la mère de Son Fils. En honorant Marie, l’Eglise Catholique ne fait que suivre l’exemple de Dieu lui-même. Les privilèges particuliers de Marie lui furent donnés par Dieu, non par les hommes.

En Lc 1, 26-56, le salut de l’archange Gabriel démontre un grand respect et honneur envers Marie. Elisabeth « remplie du Saint Esprit » dit de Marie qu’elle est bénie deux fois en quatre versets. Guidée par le Saint Esprit, Elisabeth honore Marie en disant : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? »

Au verset 48, Marie prophétise que tous les ages la diront bienheureuse. Et c’est la raison pour laquelle nous ne l’appelons pas seulement la Vierge Marie, mais la Bienheureuse Vierge Marie.

La raison exige que Marie soit la Mère de Dieu

Tous les chrétiens croient que Jésus est né de la Vierge Marie. Ils croient aussi que, bien que Jésus ait deux natures (divine et humaine), Il est une Personne divine. Puisque cette Personne est née de Marie, elle est réellement la Mère de cette Personne divine, en bref la Mère de Dieu.

Si quelqu’un nie que Marie est la Mère de Dieu, qu’il en soit conscient ou pas, il nie par la même occasion l’Incarnation. Il implique alors que soit Jésus n’est pas Dieu ou bien que Jésus est deux personnes : un humain et un Dieu. Les protestants demandent : « Comment Marie, une créature, peut-elle être la mère du Créateur ? ». La réponse est que lorsque le Fils éternel de Dieu est devenu homme, Il a assumé une nature humaine. Il a pu ainsi naître d’une femme tout comme nous.

L’Ecriture enseigne que Marie est « la Mère de Dieu »

Luc 1, 43 : Elisabeth appelle Marie « mère de mon Seigneur ». Dans le Nouveau Testament, le terme « Seigneur » est réservé à Dieu.

Mat 1, 23 : « Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous ».

Luc 1, 35 : « l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu »

Ga 4, 4 : « Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi

Les Pères de l’Eglise confirment la maternité divine de Marie

St Ignace d’Antioche (110) : « Car notre Dieu, Jésus Christ, a été conçu par Marie en accord avec le plan de Dieu »

St Irénée de Lyon (180-199) : « La Vierge Marie (…) étant obéissante à Sa parole, reçue d’un ange la bonne nouvelle qu’elle porterait Dieu »

L’histoire de l’Eglise montre que le titre de Mère de Dieu ne fut pas contesté jusqu’à l’année 429. Alors un évêque nommé Nestorius commença à prêcher l’hérésie selon laquelle Jésus est deux personnes distinctes, et que Marie est seulement la mère de la personne humaine. En 431, le concile d’Ephèse condamna cette hérésie. Cette dernière ne refit surface que plus de mille après la Réforme. L’hérésie nestorienne démontre qu’une foi correcte à propos de Marie préserve une foi correcte à propos de Jésus.

Les réformateurs protestants prêchent que Marie est la Mère de Dieu

Martin Luther : « Dans cette œuvre où elle fut faite la Mère de Dieu, de nombreuses et bonnes choses lui furent nombreuses, a un tel point que personne ne peut le saisir …non seulement Marie a été la mère de Celui qui est né (à Bethléem), mais de Celui qui, avant le monde, est né éternellement du Père, né dans le temps d’une Mère et à la fois homme et Dieu »

Jean Calvin : « Il ne peut être nié que Dieu, en choisissant et en destinant Marie à être la Mère de Son Fils, lui a accordé le plus grand des honneurs… Elisabeth appelle Marie Mère du Seigneur, parce que l’unité de la personne dans les deux natures du Christ était telle que pouvait dire que l’homme mortel engendré dans le sein de Marie était en même temps le Dieu éternel »

Ulrich Zwingli : « Il lui a été donné ce qui n’appartient à aucune autre créature, à savoir que dans la chair, elle a donné naissance au Fils de Dieu »

Or, certains protestants aujourd’hui déclarent que parce que Marie n’a pas pu donné à Jésus Sa divinité, elle ne peut être appelé adéquatement sa mère. Ceci est une profonde erreur. Jésus est une personne. Une personne est une unité. C’est pourquoi nous disons qu’une personne est née, et non pas une nature ou un corps. Par exemple, nos parents ne nous ont pas donné nos âmes (qui ont été crées directement par Dieu), mais seulement nos corps. Cependant nous ne disons jamais que nos mères ont donnés naissance seulement à nos corps, mais à nous, des personnes complètes.

Or nous savons que plus une personne est importante dans la mission du Christ, plus grand est l’honneur qu’elle reçoit au ciel. Les apôtres par exemple ont reçu de très hauts rangs (Lc 22, 29-30). Marie a donné à Jésus Son corps, qui a été l’instrument de notre rédemption. Elle l’a porté dans son sein, la nourrit, l’a vêtu, la nourrit et l’a protégé. En toute chose, Marie a consenti à la volonté du Père pour Jésus. Elle a même accompagné Jésus au Calvaire où elle a communié profondément à Ses souffrances.

C’est pour cela que Marie est la plus grande des créatures de Dieu et que nous l’honorons.

Notons au passage que lorsque les pères de l’Eglise tels qu’Ignace d’Antioche et Irénée appellent Marie la Mère de Dieu, ils assument que les chrétiens considèrent que cela va de soi. Ils ne voient pas la nécessité d’expliquer et de défendre cette doctrine comme si elle prêtait à controverse. Au cinquième siècle, lorsque Nestorius commença à attaquer cette doctrine, l’Eglise reconnue immédiatement qu’il exposait une théologie nouvelle et hérétique.

Doctrine corollaire : Marie est notre mère spirituelle

Nous avons déjà montré que la reine mère de l’Ancien Testament préfigure Marie à la fois comme mère et reine du peuple élu de la Nouvelle Alliance. Les pères apostoliques comme st Justin et st Irénée enseignent que Marie est la Nouvelle Eve. Puisque Eve est la mère de la race humaine dans l’ordre de la nature, les Pères ont vu Marie comme la mère de la race humaine dans l’ordre de la grâce.

La prière Sub Tuum Praesidium (datée d’environ 250) illustre comment l’Eglise primitive considérait Marie comme une mère spirituelle :

Sous l’abri de ta miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières
quand nous sommes dans l’épreuve,
mais de tous les dangers
délivre-nous toujours,
Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.

Les premiers chrétiens honoraient et reconnaissaient la maternité spirituelle de Marie. Nous croyons qu’elle est la mère de tous les peuples parce que Jésus a racheté tous les hommes. Elle est aussi la mère de l’Eglise d’une façon toute particulière, selon le Nouveau Testament.

Marie, mère spirituelle dans le Nouveau Testament

Jn 19, 26-27 : « Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. ». Jésus n’a prononcé que sept phrases sur la croix. Ici, il fait plus que régler un problème domestique (bien que cela fasse aussi partie du sens littéral du texte).

L’Eglise a toujours compris que Jésus révélait, a ce moment précis, à tous ses disciples bien aimés, représentés par Jean, que Marie est notre mère spirituelle et que nous sommes ses enfants spirituels. Dans le moment le plus solennel de l’histoire du salut, les paroles de Jésus apportent une révélation importante.

Il est utile de noter que lorsque Jésus désigne Marie comme la mère de Jean, la mère biologique de ce dernier se trouve là : « Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient à distance, celles (…), entre autres Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée » (Mt 27, 55-56) Ce détail renforce l’importance et l’étendue des paroles de Jésus.

En 1 Co 12 st Paul enseigne que les membres de l’Eglise sont le corps du Christ. Les chrétiens ne font pas littéralement part du corps physique du Christ. Paul dit que, par grâce, nous sommes spirituellement unis à Jésus. Si Marie est la mère de la personne concrète de Jésus, et si les membres de l’Eglise sont membres du Christ, alors Marie est de même notre mère spirituelle.

Heb 2, 11 : « Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères ». Si Jésus n’a pas honte de nous appeler « frères », nous ne devrions pas avoir honte d’appeler Sa mère notre mère. Après tout, nous appelons Son Père notre Père. Par grâce, nous recevons une nouvelle famille, y compris Marie notre mère spirituelle.

Au chapitre 12 de l’Apocalypse, l’attention se porte sur la « femme enveloppé par le soleil ». Qui est cette femme ? Les chrétiens s’accordent à dire que l’enfant de cette femme est le Christ (voir Ap 12, 5 et Ap 19, 15-16). Par conséquent, la femme doit être Marie. Symboliquement la femme peut aussi représenter l’Eglise et Israël. Mais littéralement c’est Marie parce que Marie est la seule femme qui soit concrètement la mère de Jésus. Ap 12, 17 dit que la femme a d’autres enfants : « ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus. », c’est-à-dire les chrétiens. Cette femme, Marie, est la mère biologique de Jésus et la mère spirituelle de tous les chrétiens.

St Paul appelle Jésus le Nouvel Adam (1 Co 15, 45-47). Adam, le père naturel de la race humaine, préfigure Jésus le père surnaturel de la race humaine. Les Pères de l’Eglise appliquent le même principe à Eve et à Marie. Eve, la mère naturelle de la race humaine, préfigure Marie, la mère surnaturelle de la race humaine. Les premiers chrétiens ont vu cela clairement.

Tout comme les pères de la terre reflètent d’une certaine façon la paternité de Dieu (Eph 3, 14-15), les mères de la terre reflètent la maternité spirituelle de Marie. Cette maternité spirituelle nous aide à comprendre combien Dieu a donné à Marie un rôle important dans nos vies spirituelles. Nous devons reconnaître son rôle et l’accueillir comme un don précieux de Dieu, tout comme nous accueillons le don de la Bible et de l’Eglise. C’est cela la dévotion mariale catholique.

mars 12, 2008

Les types de Marie dans l’Ancien Testament

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 2:51

 Les types de Marie dans l’Ancien Testament

Dans cet article, nous allons poser les bases pour pouvoir recevoir ce que la Bible nous dit de Marie. Nous allons voir un premier lieu ce qu’est la typologie, puis voir en détail trois types de Marie dans l’Ancien TEstament

La typologie CCC § 128-130

L’Ancien Testament (AT) prépare le Nouveau Testament (NT). Les protagonistes et les évènements de l’AT, préfigurent, anticipent et symbolisent les protagonistes et les évènements du NT. Comme le dit St Augustin : « Le Nouveau se cache dans l’Ancien et dans le Nouveau l’Ancien se dévoile ». Les protagonistes et les évènements de l’AT sont appelés les « types » des protagonistes et des évènements du NT.

Le terme « type » désigne littéralement « une pièce, généralement en métal, portant une empreinte, servant à reproduire des empreintes identiques ». Par extension il désigne un symbole, ici une préfiguration prophétique d’une personne ou d’un évènement du NT.

Pour comprendre l’AT, nous devons le lire pas simplement en utilisant le sens littéral, mais aussi le sens typologique.

Il est de même pour le NT. Par exemple :

  • En Mt 12, 40, Jésus enseigne que les trois jours que Jonas a passé dans le ventre de la baleine préfigurent les trois jours de Jésus au tombeau
  • En Jn 3, 14, Jésus dit que le serpent d’airain de Nb 21, 9 symbolise sa crucifixion
  • En 1 P 3, 19-21, St Pierre montre que le déluge qui s’est produit à l’époque de Noé préfigurait le baptême chrétien
  • En 1 Co 10, 4, St Paul appelle le rocher qui suivaient les Hébreux dans le désert « Christ ». Il ne dit pas que le rocher était comme le Christ ; St Paul dit que le rocher était le Christ. Il utilise ce langage pour insister sur le fait que la relation entre un type de l’AT et son accomplissement dans le NT est plus qu’une similarité.
  • En Rm 5, 14, St Paul appelle Adam de façon spécifique un « type » du Christ.

Ces exemples montrent comment le NT enseigne que dans les personnes et les évènements de l’AT, nous devons voir des doctrines qui seront plus explicites dans l’Evangile. Ainsi, pour être fidèle au NT, nous devons chercher à apprécier la riche typologie trouvée dans l’AT.

Il y a trois types principaux de Marie dans l’AT : Eve, l’Arche d’Alliance et la Reine Mère. Ces trois types sont à la base de toutes les doctrines relatives à Marie.

Marie est la Nouvelle Eve.

Marie est la Nouvelle Arche d’Alliance

Marie est la Reine Mère du Nouveau Testament

mars 7, 2008

Marie est la Nouvelle Eve.

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 4:49

 Marie est la Nouvelle Eve.

Les Pères de l’Eglise, dans leur méditation de la Bible, utilisent beaucoup la typologie. Ils découvrirent que les individus impliqués dans la chute originelle avaient leur pendant dans le NT. Le démon, un ange déchu, apporta des paroles de mort à Eve ; l’ange Gabriel apporta des paroles de vie à Marie.

Eve, notre mère dans la chair, désobéit à Dieu et collabora grandement au péché d’Adam, ce qui provoqua la chute de la race humaine.

Marie obéit à Dieu et contribua grandement à la mission rédemptrice du Christ. Elle fut sa mère et son parfait disciple.

Les Pères firent un lien évident : tout comme le Christ est le nouvel Adam (1 Co 15, 45), Marie est la nouvelle Eve. Après qu’Adam et Eve péchèrent, Gn 3, 15 prophétise une femme et sa descendance qui seront en totale hostilité avec le serpent (Satan) et sa descendance :

« Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. ». Le fils (« il ») écrasera la tête du serpent. Puisque l’homme qui écrase la tête du serpent est Jésus, sa mère (« la femme ») est donc Marie.

Ainsi, Gn 3, 15-17 décrit deux famille : celle de la chute -Adam et Eve- et celle de la rédemption -Jésus et Marie, le nouvel Adam et la nouvelle Eve. Bien que la race humaine tomba dans le péché à travers la faute d’Adam, le rôle d’Eve fut crucial. Jésus a accomplit la rédemption du monde, et le rôle de Marie est là aussi crucial. Nous allons voir que l’Ecriture montre continuellement Jésus et Marie ensemble lors des évènements pivots de notre salut.

Jésus et Marie écrasent ensemble la tête du serpent.

Notons comment l’AT décrit des femmes (types de Marie) qui écrasent les ennemis d’Israël (types de Satan). En Juges 4, 17-22, Yaël plante un piquet dans le crâne du général cananéen Sisera. Juges 5, 24 la célèbre : « Bénie entre toutes les femmes soit Yaël »

Juges 9, 50-55 décrit une femme qui lance une meule de moulin sur la tête du tyran, le roi Abimélek.

Une autre femme, Judith, délivre le peuple juif de l’assaut de l’armée assyrienne en tuant pendant son sommeil son commandant en chef, Holopherne, avec sa propre épée (Judith 12-13). L’héroïsme de Judith est célébré par ces mots : « Tu es bénie par le Dieu Très Haut plus que toute les femmes du monde, et béni soit le Seigneur Dieu (…) qui t’a conduite pour trancher la tête du chef de nos ennemis » (Judith 13, 18).

Les louanges de Yaël et de Judith anticipent celles d’Elisabeth envers Marie en Luc 1, 42 : « Bénie es-tu entre toutes les femmes ». Elisabeth fait le lien ensuite avec Jésus en ajoutant immédiatement « et béni le fruit de ton sein ».

Des hommes justes écrasèrent aussi des têtes dans l’AT. David (un type de Jésus, qui est le fils de David) a vaincu Goliath le champion philistin et lui a tranché la tête avec sa propre épée (1 S 17, 41-58).

Dans le NT, des types de Marie et de Jésus (la femme et sa descendance) écrasent la tête de types de Satan.

Jésus écrase la tête de Satan de façon définitive sur la croix. De manière significative, les quatre évangélistes mentionnent le fait que Calvaire signifie « le lieu du crâne ». Satan voulait frapper mortellement Jésus sur la croix, mais ne lui a en fait qu’infligé qu’une blessure mineure (« tu l’atteindras au talon »). Satan reçu une blessure mortelle (« il écrasera ta tête ») lorsque Jésus détruisit le pouvoir du péché et de la mort.

Qui était au côté du Christ au Calvaire ? Marie. Et comment Jésus l’appelle-t-elle ? « Femme ». Marie est la Nouvelle Eve. Elle est la « femme » de Gn 3, 15, la « femme » de Jn 2 dont l’intercession à Cana fit débuter le ministère public de Jésus, la « femme » de Jn 19 au pied de la Croix et la « femme » d’Ap 12 qui, avec son fils Jésus, combat Satan jusqu’à la fin.

De la Genèse à l’Apocalypse, la Bible décrit Jésus et Marie (le Nouvel Adam et la Nouvelle Eve) écrasant ensemble la tête du serpent.

février 28, 2008

Marie est la Nouvelle Arche d’Alliance

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 5:51

 Marie est la Nouvelle Arche d’Alliance

L’Arche d’Alliance

L’arche d’Alliance était l’objet le plus sacré pour le peuple d’Israël. A l’intérieur avait été placé les tables de la Loi (Ex 25, 16), c’est-à-dire l’alliance que Dieu a établi avec son peuple. L’arche contenait aussi un peu de manne donnée par Dieu pour nourrir les Hébreux dans le désert (Ex 16, 14-16) ainsi que le bâton du prêtre Aaron. L’arche, surmontée de deux chérubins, était le trône visible du Dieu invisible. Elle était portée à l’avant du peuple partout, signifiant la présence de Dieu avec eux (par ex en Nb 10, 33).

Lorsque David conquit Jérusalem, il en fit sa capitale puis « David se leva et alla avec tout le peuple qui l’accompagnait à Baala de Juda, afin de faire monter de là l’arche de Dieu, qui porte le nom de Yahvé Sabaot, siégeant sur les chérubins.» (2 S 6, 2) L’arche fut placé sur un nouveau chariot (contrairement aux instructions données pour le transport de l’Arche en Ex 25, 13-15 et 1 Ch 15-15). Mais le chariot était instable et un des hommes chargé du transport étendit la main sur l’Arche pour la retenir (autre violation de la Loi, cf Nb 4, 15) et mourut sur le champ.

David fut alors dans un grand désarroi et dit : « Comment l’Arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? » (1 S 6, 9).

Et  « L’arche de Yahvé demeura trois mois chez Obed-Édom de Gat, et Yahvé bénit Obed-Édom et toute sa famille.» (2 S 6, 11). Finalement David ramena l’Arche à Jérusalem, conformément aux prescription de la Loi, dans la fête et la réjouissance. David lui-même « dansa et sauta » de joie devant l’Arche (2 S 6, 14-16).

Plus tard 2 M 2, 4-8 nous dit que Jérémie cacha l’Arche d’Alliance au Mont Nébo : « Il y avait dans cet écrit qu’averti par un oracle, le prophète se fit accompagner par la tente et l’arche, lorsqu’il se rendit à la montagne où Moïse, étant monté, contempla l’héritage de Dieu. Arrivé là, Jérémie trouva une habitation en forme de grotte et il y introduisit la tente, l’arche, l’autel des parfums, puis il en obstrua l’entrée.  Quelques-uns de ses compagnons, étant venus ensuite pour marquer le chemin par des signes, ne purent le retrouver. Ce qu’apprenant, Jérémie leur fit des reproches : «Ce lieu sera inconnu, dit-il, jusqu’à ce que Dieu ait opéré le rassemblement de son peuple et lui ait fait miséricorde. Alors le Seigneur manifestera de nouveau ces objets, la gloire du Seigneur apparaîtra ainsi que la Nuée, comme elle se montra au temps de Moïse et quand Salomon pria pour que le saint lieu [c'est-à-dire le Temple] fût glorieusement consacré

Ainsi l’Arche ne réapparaîtra que lorsque Dieu montrera sa miséricorde et rassemblera son peuple à nouveau. Mais quand cela se produira ?

La visitation

Luc, dans son récit de la Visitation (Lc 1, 39-56) établit un parallèle frappant avec le texte de 2 Samuel 6 que nous venons de lire. Dans ce dernier « David se leva et alla » à Baala, une ville de Juda (2 S 6, 2), ici « En ces jours-là, Marie se leva et alla en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. » (Lc 1, 39-40).

David « sauta et dansa » devant l’Arche (2 S 6, 14-16). De même en Lc 1, 41 « Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant sauta dans son sein ». Elisabeth, après avoir été remplie du Saint Esprit s’écrit : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (Lc 1, 43), question qui reflète celle de David : « Comment l’Arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? » (2 S 6, 9).

Enfin, après que Marie chante une hymne de louange au Seigneur (communément appelé le Magnificat Lc 1, 46-55), elle « demeura avec elle environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. » (Lc 1,56) De même « l’arche de Yahvé demeura trois mois chez Obed-Édom de Gat, et Yahvé bénit Obed-Édom et toute sa famille. » (2 S 6, 11)

Pour parachever le tout, Luc utilise une expression très intéressante en Lc 1, 42. Il nous dit qu’Elisabeth « cria d’une voix forte » pour exprimer sa joie à l’arrivée de Marie. Or ce verbe ἀναφωνέω n’est pas utilisé ailleurs dans le Nouveau Testament. Mais il employé cinq fois dans la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament ) et à chaque fois en lien avec l’Arche d’Alliance, pour décrire l’exclamation de joie du peuple pour célébrer la présence de Dieu au milieu d’eux.

Elisabeth élève sa voix pour louer Dieu en présence de Marie, tout comme ses ancêtres (Elisabeth est lévite et descendante d’Aaron cf Lc 1, 5) le firent en présence de l’Arche d’Alliance.

Marie est donc l’Arche de la Nouvelle Alliance. Dans l’Ancien Testament, l’Arche d’Alliance contenait les tables de l’Alliance de Dieu, la parole de Dieu dans la pierre. Dans le Nouveau Testament, Marie porte la Parole de Dieu dans la chair, Jésus Christ qui va amener la Nouvelle Alliance que Jérémie entrevit il y a bien longtemps (Jer 31, 27-34).

L’Arche au ciel.

Alors que Luc utilise des expressions similaires et des images pour suggérer que Marie est la Nouvelle Arche, Jean nous dit avoir vue en vision l’Arche d’Alliance disparue depuis l’époque de Jérémie : « Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel et son arche d’alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru… Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » (Ap 11, 19-12, 2). On retrouve ici la description donnée par Jérémie en 2 M 2, 7-8, lorsqu’il parle de la Gloire de Dieu qui apparaît comme au temps de Moïse (Ex 19, 16.18). Or, en décrivant sa vision de l’Arche qui réapparaît après des centaines d’années, Jean nous dit qu’il voit une femme enveloppée de soleil !

La division en chapitres qui apparaît dans nos bibles date de 1227 lorsque Stephen Langton, professeur à l’Université de Paris divisa la Bible en chapitre (la division en verset a été entreprise en 1539 par Robert Estienne). Jean, dans sa rédaction, a écrit tout d’un trait.

Et qui est cette femme ?

« elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » Ap 12, 2

« Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un bâton de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône» Ap 12, 5

Celui qui doit mener les nations avec un bâton de fer (un bâton de berger) c’est l’Oint du Seigneur, le Messie ou Christ (voir Ps 2). Cette femme que Jean voit lorsqu’il contemple l’Arche d’Alliance, c’est la Mère du Christ.

Qu’est-ce qui fait que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance ?

L’Arche d’Alliance était le signe de la présence de Dieu parmi son peuple. En Jésus, né de Marie, Dieu était réellement présent au milieu de son peuple, d’une manière encore plus directe.

L’Arche contenait la Parole de Dieu écrit dans la pierre. Marie porta la Parole de Dieu dans la chair.

L’Arche contenait le pain du ciel, une préfiguration de l’Eucharistie (1 Co 10, 1-4). Marie porta le Pain de Vie, Jésus Christ (Jn 6, 48-50).

L’Arche contenait le bâton d’Aaron, symbole de son sacerdoce. Marie porta Jésus Christ notre Grand Prêtre (Heb 3, 1).

Si l’Arche d’Alliance était sainte,  Marie l’est encore plus. Comme Mère de Dieu, elle est l’Arche de la Nouvelle Alliance, portant Jésus Christ, la Parole de Dieu, le Pain de Vie et notre Grand Prêtre. C’est le témoignage des auteurs du Nouveau Testament.

février 20, 2008

Marie est la Reine Mère du Nouveau Testament

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 1:44
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 Marie est la Reine Mère du Nouveau Testament

Les rois de l’Ancien Testament préfigurent Jésus Christ le Roi des rois (Ap 19, 16). Jésus, dans son humanité, descend du Roi David. Par conséquent, les rois de Juda, qui sont de la lignée de David, préfigurent de manière particulière la royauté de Jésus. Lc 1, 32 déclare : « Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père »

Il est intéressant de noter que la femme du roi de Juda n’est pas la reine. En effet, comme dans les pays environnants, la polygamie est de mise dans le royaume davidique. Par exemple le roi Salomon, fils du roi David, « eut sept cents épouses de rang princier et trois cents concubines. » (1 R  11, 3). Pour garantir l’unité du royaume et sauvegarder la dynastie, la reine était la mère du roi. Elle était connue comme la « Reine Mère » et jouissait d’un grand honneur et d’une grande autorité dans le royaume. En 1 R 2, 19-20, nous lisons : « Bethsabée se rendit donc chez le roi Salomon pour lui parler d’Adonias, et le roi se leva à sa rencontre et se prosterna devant elle, puis il s’assit sur son trône, on mit un siège pour la mère du roi et elle s’assit à sa droite. Elle dit : « Je n’ai qu’une petite demande à te faire, ne me rebute pas. » Le roi lui répondit : « Demande, ô ma mère, car je ne te rebuterai pas. »

En honorant sa mère et en lui donnant un trône à sa droite, Salomon établit une institution qui dura aussi longtemps que le royaume de Juda, quasiment 400 ans. La Reine Mère avait le rôle de confidente et de conseillère du roi. Elle avait une position officielle et devait être déposée afin d’être révoquée (1 R 15, 13). Ainsi le royaume davidique ne peut se concevoir sans la Reine Mère siégeant à la droite du Roi.

Le Saint Esprit, en inspirant le Royaume de Juda de se doter de l’office de reine mère, préparait le chemin pour Marie. Jésus, le roi davidique du Nouveau Testament, n’a pas de femme. Sa mère sera donc la Reine du Nouveau Testament. Tout comme Salomon promet à sa mère Bethsabée qu’il ne refusera aucune de ses requêtes (1 R 2, 19-20), ainsi le Roi des rois ne refuse pas d’accéder à la requête de sa Reine Mère aux noces de Cana (Jn 2). Nulle raison qu’aujourd’hui encore Jésus n’accède pas aux prières de sa Mère pour nous.

La royauté de Marie, c’est exactement ce que Apocalypse 11 et 12 décrit : une femme (Marie) donne naissance à un fils (Jésus) « qui mènera toutes les nations avec un sceptre de fer » (Ap 12, 5). Jésus est le nouveau Salomon. Tout comme Salomon règna sur d’autres rois (2 Ch 9, 23-26), Jésus est le « Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » (Ap 19, 16).

Tout comme Salomon, le fils de David qui bâtit un Temple pour abriter l’Arche d’Alliance (le Temple a été détruit et l’Arche perdue en 587 av JC), Jésus, fils de David, bâtit un Temple éternel, abritant une nouvelle Arche d’Alliance au ciel (Ap 11, 19). Et comme le Roi Salomon fit asseoir sa mère sur un trône royal à sa droite, Jésus couronne Marie comme sa Reine Mère : « une femme vêtue de soleil, avec la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12, 1).

Tout roi de la maison de David jouit de la présence à ses côtés d’une reine mère. C’est précisément ce qu’est Marie : la Reine Mère du Roi Messianique.

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