Cathobiblique

décembre 14, 2009

L’Église est une, non pas une association de dénominations

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 12:09
Tags: , ,

L’Église est une, non pas une association de dénominations

La Bible condamne à maintes reprises la division, le sectarisme et le confessionnalisme. La Bible enseigne qu’il n’y a qu’une seule Église, avec une vérité et une tradition apostolique unifiée.

La désunion doctrinale s’oppose à l’enseignement biblique, qui exhorte continuellement à l’unité et interdit toute forme de division entre chrétiens. A la dernière Cène, Jésus a prier pour les chrétiens afin’ qu’ils soient un, comme nous [le Père et le Fils] sont un” et “parfaitement un (Jn 17,22–23). Il parle aussi de l’Église comme ‘d’un seul troupeau” avec “un seul berger  (Jn 10,16). St Luc décrit les premiers chrétiens comme étant « d’un seul cœur et d’une seule âme » (Ac 4,32). St Pierre avertit les chrétiens à propos des “faux enseignants” qui “introduiront des sectes pernicieuses,” qui iront contre “la voie de la vérité.” (2 P 2,1–2).

St Paul en particulier condamne à plusieurs reprises les “dissensions” et les “difficultés,” (Rm 16,17) “disputes,”(Rm 16,17) jalousies et dispute”(1 Co 3,3), les “divisions” et les “factions,”(1 Co 11,18–19)  ainsi que l’ “esprit de parti”(Ga 5,20) et appelle les chrétiens à être “unis dans le même esprit et dans la même pensée.”(1 Co 1,10; cf. Phil 22). Il condamne expressément les associations de parti autour de personnes, en demandant rhétoriquement, “Est-ce que Christ est divisé ?” (1 Co 1,12–13; cf. 3,4–7) Son enseignement solide sur ce sujet est schématisé dans ces deux passages :

1 Tim 6,3–5 : Si quelqu’un enseigne autre chose et ne reste pas attaché à de saines paroles, celles de notre Seigneur Jésus Christ, et à la doctrine conforme à la piété, c’est un être aveuglé par l’orgueil, un ignorant en mal de questions oiseuses et de querelles de mots ; de là viennent l’envie, la discorde, les outrages, les soupçons malveillants, les disputes interminables de gens à l’esprit corrompu, privés de la vérité, aux yeux de qui la piété est une source de profits.

Tite 3,9-11 : Mais les folles recherches, les généalogies, les disputes, les polémiques au sujet de la Loi, évite-les. Elles sont sans utilité et sans profit. Quant à l’homme de parti, après un premier et un second avertissement, romps avec lui. Un tel individu, tu le sais, est un dévoyé et un pécheur qui se condamne lui-même.

Certaines personnes affirment qu’il y aurait place pour désaccords entre chrétiens, faisant la distinction entre des doctrines essentielles, communes à tous et d’autres secondaires, optionnelles, où chacun serait libre de croire ce qu’il veut. Ces personnes citent parfois Paul en Rm 14 qui affirme : « que chacun s’en tienne à son jugement.»(Rm 14, 5).

Or, Rm 14 n’est pas la preuve de la légitimité d’une liberté doctrinale, puisque ce chapitre ne parle pas de doctrine mais de pratique, telle que ce qui convient de manger  («que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent » « le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson» Rm 14,2-3 ; 14–17).

La notion de doctrines « centrales » distinctes de doctrines dites secondaires » n’est pas une distinction biblique. Jésus nous a exhorté à «observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28,20)  sans faire de distinction entre des enseignements plus ou moins importants. De même st Paul considère la Tradition Chrétienne comme une unité et non comme un amalgame de théories en compétition. Il évoque “la tradition que vous avez reçue de nous (2 Th 3,6), “ le bon dépôt (2 Tim 1,14) et “ l’enseignement que vous avez reçu (Rm 16,17). Il exhorte les chrétiens à être “ une seule âme, un seul sentiment” (Phil 2,2) et à  tenir “fermes dans un même esprit, luttant de concert et d’un cœur unanime pour la foi de l’Évangile” (Phil 1,27) Tout comme Jésus, il fait le lien entre l’unité doctrinale et l’unicité de Dieu: “ Il n’y a qu’un Corps et qu’un Espritun seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (Eph 4,3–5).

St Pierre fait aussi référence à un unique “chemin de justice” et au “saint commandement qui leur a été donné (2 P 2,21) tandis que st Jude nous exhorte à “ combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes.” (Jude 3). Luc 2, 42 évoque “l’enseignement des apôtres” comme un ensemble unifié sans différence d’opinion, d’écoles ou de variations. Les différentes confessions et ce qu’elles impliquent (en particulier les contradictions doctrinales et toute sorte de relativisme théologique) est ainsi clairement rejeté par l’Écriture

décembre 10, 2009

L’Église est composée de saints et de pécheurs

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 2:50
Tags: , ,

L’ÉGLISE EST COMPOSÉE DE SAINTS ET DE PÉCHEURS

La Bible nous enseigne à laisser le blé pousser avec l’ivraie (chiendent) dans l’Église, au lieu d’arracher immédiatement tous ceux qui pèchent (Mt 13, 24-30)

 

Les Écritures contredisent abondamment la notion puritaine selon laquelle les pêcheurs ne devraient pas être considérés comme faisant part de l’Église du Christ. Lorsque Jésus parle du « royaume de cieux », il dit que ce dernier inclut aussi bien les pécheurs que les justes, et ceci jusqu’au Dernier Jour. Il compare le royaume des cieux à un banquet nuptial, au cours duquel sont réunis « les mauvais comme les bons, et la salle de noces fut remplie de convives» (Mt 22,10; voir 22, 1–14 ).

Ailleurs, Jésus emploie une comparaison empruntée à la pêche :

Matthew 13:47–49 : « Le Royaume des Cieux est encore semblable à un filet qu’on jette en mer et qui ramène toutes sortes de choses. Quand il est plein, les pêcheurs le tirent sur le rivage, puis ils s’asseyent, recueillent dans des paniers ce qu’il y a de bon, et rejettent ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges se présenteront et sépareront les méchants d’entre les justes

Les justes et les pécheurs ne sont séparés qu’à la fin du monde.

St Paul appelle l’assemblée de Corinthe par exemple « église de Dieu » (1 Co 1,2; 2 Co 1,1; cf. 2 Co 11,2  ), tout en la réprimant sévèrement pour son immoralité qui dépassait celle des païens (1 Co 5,1).  Il dit aux chrétiens de Corinthe qu’ils sont « encore dans la chair » à cause de «la jalousie et de la dispute »  (1 Cor.3:3) et les répriment pour leur tendance à recevoir « un autre évangile », même « un autre Jésus » de celui qu’ils avaient accepté (2 Co 11,4 ). Cependant, malgré leur état de péché et de division, ils font partie de l’Église du Christ.

Nous retrouvons la même dynamique avec les sept églises de l’Apocalypse, qui sont appelées « églises » tout au long des chapitres deux et trois, bien qu’étant qualifiées de malheureuses, pitoyables, pauvres, aveugles et nues (cf. Ap 3,17) et réprimées vertement pour leurs innombrables péchés, incluant l’idolâtrie et l’immoralité.

Les Galates (faisant parties des « églises » Ga 1, 2) ne font pas mieux: «O Galates sans intelligence, qui vous a ensorcelés ?… Êtes-vous à ce point dépourvus d’intelligence, que de commencer par l’esprit pour finir maintenant dans la chair ? » (Ga 3,1.3 ). « Mais maintenant que vous avez connu Dieu ou plutôt qu’il vous a connus, comment retourner encore à ces éléments sans force ni valeur, auxquels à nouveau, comme jadis, vous voulez vous asservir ?»  (Ga 4,9)

Bien sûr le but de l’enseignement chrétien est la justice et la sainteté. Cependant cela ne signifie pas que tous les chrétiens vont atteindre ce but. Nous sommes justifiés par le Christ, mais cela ne signifie pas que nous cessons immédiatement de pécher. Les protestants comprennent cette distinction théologique (en fait contrairement à l’enseignement catholique, leur théologie sépare formellement la justification et la sanctification).

        Jésus savait que les croyants étaient toujours des pécheurs, comme le montre la parabole du blé et de l’ivraie évoquée plus haut. Mais ce passage scripturaire va encore plus loin. En effet le fiat que l’ivraie est brûlée (Mt 13,40–42 indique clairement qu’il s’agit de l’enfer) indique que dans l’Église il n’y a pas seulement des pécheurs sauvés insuffisamment sanctifiés, mais aussi des personnes qui seront finalement damnés.

        Il est vrai que la sainteté est la marque des chrétiens et donc de l’Église du Christ. La Première Lettre de St Jean exprime cela de très belle façon. Cependant, dans la même lettre, Jean déclare : «Si nous disons : « Nous n’avons pas de péché », nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous » et considère comme allant de soit que «nous confessons nos péchés » (1 Jn 1,8-10). Ce thème est repris à nouveau dans ce passage:

1 Jn 2, 1–2: « Petits enfants, je vous écris ceci pour que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu’un vient à pécher, nous avons comme avocat auprès du Père Jésus Christ, le Juste.; C’est lui qui est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier »

Jean évoque ici la présence du péché parmi les croyants comme d’une éventualité réelle et en donne le remède.  Jacques 5,16 de même exhorte les chrétiens à “confesser vos péchés les uns aux autres,” et st Paul lui-même se décrit comme  “le plus grand des pécheurs” (1 Tim 1, 15, notez au passage que Paul utilise le présent et non pas le passé). La notion d’une Église complètement « sainte » sur la terre est ainsi clairement réfutée par la Bible.

mai 25, 2009

L’Eglise est visible

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 5:07

L’EGLISE EST VISIBLE

La Bible enseigne que l’Eglise est une institution visible et  identifiable, conférant l’enseignement apostolique, sans changement au cours des siècles.

Il est vrai que les catholiques croient en une Eglise “invisible” dans un sens: le Corps Mystique du Christ. Nous croyons que tous els chrétiens qui ont été baptisés dans le nom du Père, du Fils et du Saint Esprit font partie de l’Eglise dans ce sens, bien que d’une façon imparfaite. Mais cela ne signifie pas qu’il ne peut y avoir un corps de croyants, visible et institutionnel dont les membres peuvent être désignés comme appartenant à la véritable Eglise du Christ. Lorsque Jésus et les Ecritures parlent de l’Eglise, ce sont dans des termes qui évoquent une réalité tangible, spécifique et active dans le monde, comme communauté de croyants:

Matthieu 5,14-16:     “« Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne se peut cacher, qui est sise au sommet d’un mont. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux.”

Matthieu 18,15-17:   “« Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. Que s’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise. Et s’il refuse d’écouter même l’Eglise, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain.”

1 Timothée 3,15: « l’Église du Dieu vivant , qui est la colonne et le support de la vérité.” (cf. Mt 16,18 )

Certains chrétiens semblent penser que l’apôtre Paul était une forme de prédicateur indépendant, ne faisant pas partie d’une église, qui, à l’aide de quelques amis, prêchait l’évangile. Or la Bible rapport comment Paul était soumis à l’autorité de l’Eglise institutionnelle, bien qu’il soit un apôtre et l’auteur d’une bonne part du Nouveau Testament:

Acts 13:1–4:   Il y avait dans l’Église établie à Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaèn, ami d’enfance d’Hérode le tétrarque, et Saul. Or un jour, tandis qu’ils célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit : « Mettez-moi donc à part Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent à leur mission. Eux donc, envoyés en mission par le Saint Esprit, descendirent à Séleucie, d’où ils firent voile pour Chypre.  (cf. Ac 14,26-28).

Galates 1,18–19:   Ensuite, après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Képhas et demeurai auprès de lui quinze jours : je n’ai pas vu d’autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur »

En fait, Paul croyait que son travail apostolique s’enracinait directement sur la commission reçue de la hiérarchie apostolique.

Galates 2,9:   « Et reconnaissant la grâce qui m’avait été départie, Jacques, Képhas et Jean, ces notables, ces colonnes, nous tendirent la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion : nous irions, nous aux païens, eux à la Circoncision »

Objection:

            Mais les paroles de Jésus lui-même suggèrent que l’Eglise est avant tout invisible, pas liée à des structures confessionnelles. Par exemple, Son analogie des brebis et du berger (Jn 10,1–16; cf. 2 Tim 2,19; 1 Jn 2, 19), qui se connaissent, ne montre-elle pas que l’Eglise est un corps invisible, constituée uniquement des élus, de ceux qui sont réellement sauvés?

Réponse:

            Non, parce que l’Ecriture décrit aussi les damnés comme des “brebis” (Ps 74,1), parle d’une brebis qui s’est “perdue” (Ps.119,176) et désigne aussi la nation d’Israël (Ez 34,2–3.13.23.30) et même tous les hommes (Is 53,6).  D’une façon générale, le thème biblique des “brebis”  fait référence au fait que tous les hommes et en particulier Israël, sont les enfants de Dieu. Mais cela ne n’exclue pas l’existence d’une Eglise visible et institutionnelle, en particulier par le fait qu’elle est clairement indiquée dans la Bible.

janvier 21, 2008

COMMENT DETERMINER QUELLE EST L’EGLISE FONDEE PAR JESUS ?

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 8:24
Tags:

 COMMENT DETERMINER QUELLE EST L’EGLISE FONDEE PAR JESUS ?

L’Eglise fondée par Jésus doit remonter historiquement au premier siècle, ses doctrines doivent être les mêmes que celles de l’Eglise apostolique et ses dirigeants doivent être capables d’appuyer leur autorité en retraçant leur lien avec les Apôtres. Ainsi l’histoire, les doctrines apostoliques et l’autorité apostolique sont les trois points à considérer pour déterminer quelle Eglise Jésus a fondé. Seule l’Eglise catholique possèdent ces trois caractéristiques.

Histoire

Tout livre historique objectif montrera que seule l’Eglise catholique existait à l’époque des apôtres. Le mot « catholique » apparaît pour la première fois dans une lettre de St Ignace d’Antioche (mort en 110 ap JC) afin distinguer l’Eglise du Christ des groupes hérétiques. Il est intéressant de noter que le terme « chrétien » a aussi utilisé pour la première fois à Antioche (Ac 11, 26). La lettre de St Ignace indique qu’en 110, l’Eglise fondée par Jésus était déjà connue sous le nom d’ « Eglise catholique ».

Doctrines apostoliques

Les Pères de l’Eglise sont le lien indispensable avec le christianisme apostolique. Leurs écrits nous indiquent quelle était la foi des premiers chrétiens. Or, tous enseignent unanimement les mêmes doctrines, clairement catholiques.

Autorité apostolique

La Bible et la Sainte Tradition sont très clairs sur le fait que le Christ a laissé son Eglise avec un gouvernement hiérarchique, composé d’évêques, de presbytres (prêtres) et de diacres, avec le successeur de Pierre à leur tête. Seule l’Eglise catholique a une telle hiérarchie de gouvernement qui peut retracer son autorité – au travers d’une succession ininterrompue- jusqu’aux apôtres, auxquels Jésus a confié son autorité.

L’Eglise est une

janvier 6, 2008

L’Eglise est apostolique

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 7:32
Tags:

 L’EGLISE EST APOSTOLIQUE   (CEC § 857-865)

L’apostolicité est la quatrième caractéristique de l’Eglise et elle est soulignée d’une manière particulière dans le Nouveau Testament. St Paul écrit : « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres » (Eph 2, 19-20). St Jean montre que les Apôtres sont les « douzes assises »des remparts de la Jérusalem céleste (Ap 21, 14). La maison de Dieu, la cité céleste, c’est-à-dire l’Eglise repose sur la fondation solide de son apostolicité.

            L’Eglise est apostolique de plusieurs façons. D’abord, elle est fondée sur les apôtres, aussi parce qu’elle préserve leurs enseignements et traditions, parce qu’elle continue à être guidée par ces enseignements et traditions et enfin parce qu’elle a reçu la totalité de ce patrimoine au travers d’une succession légitime. Or, tout cela est exprimé clairement dans les Ecritures. De fait, la Bible accorde beaucoup d’importance aux généalogies, par ex. en Gn 10-11 ; Mt 1 ; Lc 3. Et cette préoccupation ne s’arrête pas avec Jésus. Comme nous l’avons vu précédemment, les apôtres ont choisi soigneusement leurs successeurs. Le passage cité par Pierre en Ac 1, 20, est très significatif : « Qu’un autre reçoive sa charge » (Ps 109, 8). Le mot « office » est la traduction du mot grec επισκοπος epikopos, qui signifie littéralement « surveillant » et qui a donné en latin « episcopus » et en français « évêque ». Donc Luc évoque ici la transmission de la charge d’évêque à Matthias (Ac 1, 15-26).

            Un proche collaborateur de St Pierre et de St Paul, St Clément de Rome (4ème évêque de Rome de 80 jusqu’à son martyr en 99) décrit comment ces deux apôtres continuèrent cette pratique dans les dernières années de leur apostolat : « A travers les campagnes et les villes, ils proclamaient la parole, et c’est ainsi qu’ils prirent leurs prémices; et après avoir éprouvé quel était leur esprit, ils les établirent évêques et diacres des futurs croyants. Et ce n’était pas là chose nouvelle : depuis de longs siècles déjà l’Écriture parlait des évêques et des diacres; elle dit en effet : “J’établirai leurs évêques dans la justice, et les diacres dans la foi” (Is 60,17) » (Epître de Clément de Rome aux Corinthiens, XLII, 4-5). Il ajoute plus loin : « Nos Apôtres aussi ont su qu’il y aurait des contestations au sujet de la dignité de l’épiscopat; c’est pourquoi, sachant très bien ce qui allait advenir, ils instituèrent les ministres que nous avons dit et posèrent ensuite la règle qu’à leur mort d’autres hommes éprouvés succéderaient à leurs fonctions. » (idem XLIV, 1-2). Et cette succession s’est continuée. De nombreuses citations des Pères de l’Eglise pourraient être apportées ici pour le montrer.

            Aujourd’hui encore, l’Eglise transfère cette autorité apostolique, à la façon des premiers apôtres : par l’imposition des mains (Cf. 1 Tim 5, 22 ; 2 Tim 1, 6). Ceux qui sont ainsi ordonnés deviennent « les intendants des mystères de Dieu » (1 Co 4, 1) avec la capacité donnée par Dieu d’exercer cette mission. Cette caractéristique de l’apostolicité est la marque évidente de l’Eglise fondée par Jésus. Et aujourd’hui, seules l’Eglise catholique et les églises orthodoxes l’ont conservés.

            Cette apostolicité signifie concrètement que la parole de Jésus adressée est vraie et s’accomplit aujourd’hui : « Car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10, 20). Cela ne signifie pas qu’ils seront rendus parfaits « magiquement ». Jésus leur dit que, malgré leurs faiblesses et leurs limites humaines, le St Esprit parlera à travers eux (cf. Jn 20, 21-22). Et Jésus ajoute ailleurs : « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette et qui me rejette rejette Celui qui l’a envoyé » (Lc 10, 16). Ainsi, les apôtres, et leurs successeurs les évêques, sont « envoyés » (le mot « apôtre » en grec « απόστολος » signifie « envoyé ») pour continuer la mission de Jésus (Mc 3, 13-14).

            Bien entendu tout chrétien est, selon sa vocation et dans l’unité de l’Eglise, apôtre en tant qu’il est envoyé dans le monde pour proclamer par sa vie et par ses œuvres la Bonne Nouvelle à toute la Création (Cf. Mc 16, 15).

L’EGLISE EST UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE

Nous avons vu brièvement les fondements scripturaires des quatre grandes caractéristique de l’Eglise, déclarées solennellement dans le Credo du Concile de Nicée-Constantinople, promulgué en 381. Il est bon pour conclure de voir comment St Paul les articule dans la lettre aux Ephésiens où il élabore une profonde théologie de l’Eglise.

L’Eglise est UNE : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit (…), un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » Eph 4, 4-5

L’Eglise est SAINTE : « sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée » Eph 5, 27

L’Eglise est CATHOLIQUE : « vous (les païens) vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu » Eph 2, 19

L’Eglise est APOSTOLIQUE : « car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres » Eph 2, 20

janvier 4, 2008

L’Eglise est catholique

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 6:03
Tags: ,

 L’EGLISE EST CATHOLIQUE (CEC § 830-856)

L’adjectif « catholique » vient du grec καθολικός  (katholikós) qui signifie littéralement « selon le tout » c’est-à-dire « universel ». Cette qualité de l’Eglise est désirée par Jésus lui-même, lorsqu’il dit : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toute les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 18-20).  La catholicité de l’Eglise est l’accomplissement de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament, par ex. : « tous les peuples, nations et langues le serviront. Son empire est un empire éternel » (Dn 7, 14).

Jésus a donné à son Eglise sa propre autorité, et elle s’est étendu aux quatre coins de la terre et au travers du temps. L’Eglise n’est pas un phénomène isolé dans une région particulier ou en un temps particulier. Elle n’appartient pas à un parti politique, ni à une langue comme le St Esprit l’a démontré à la Pentecôte par le don des langues (Ac 2, 4-11). Et cependant, l’unité de l’Eglise n’a rien de vague .Le Corps du Christ est reconnaissable à ses caractéristiques : fidélité à l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et les prières (Ac 2, 42). C’est à cela que l’Eglise ressemble ; sous toutes les latitudes et à toutes les époques.

Depuis le début les chrétiens utilisèrent le mot katholikos pour décrire l’Eglise de Jésus Christ. La trace écrite la plus ancienne de cette pratique se trouve dans la lettre d’Ignace d’Antioche (deuxième évêque d’Antioche après St Pierre, disciple de St Jean) aux chrétiens de Smyrne, en 105 ap. JC : « Là où parait l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où soit le Christ Jésus, là est l’Eglise catholique » (Lettre aux Smyrniotes VIII, 2). En 155, le mot apparaît dans le récit du martyr de St Polycarpe (ami d’Ignace, évêque de Smyrne et disciple de St Jean), qui début ainsi : « L’Eglise de Dieu qui séjourne à Smyrne à l’Eglise de Dieu qui séjourne à Philomélium et à toutes les communautés de la sainte Eglise catholique qui séjournent en tout lieu ».

La doctrine et le culte catholique ont conservé une remarquable unité à travers le temps et l’espace. Ce n’est pas une simple uniformité, car les formes et les expressions changent selon les coutumes et les langages locaux. Cependant les églises locales sont clairement identifiées au corps universel. Les premiers chrétiens soulignent combien le vécu de l’Eglise universelle prolonge celui de la première communauté de Jérusalem. Et la marque distinctive de la pratique chrétienne est la fraction du pain, c’est-à-dire l’Eucharistie. Les Pères de l’Eglise appliquent à la Messe cette prophétie de Malachie : « Mais, du levant au couchant, mon Nom est grand chez les nations, et en tout lieu un sacrifice d’encens est présenté à mon Nom ainsi qu’une offrande pure » (Mal 1, 11). Ce verset est cité dans le plus ancien document chrétien non biblique, la Didachée, écrit en 48 ap. JC et qui décrit en autre la célébration de l’Eucharistie.

« Catholique » est donc le nom propre de l’unique et visible Eglise fondée par Jésus. C’est l’Eglise dont les Actes des Apôtres nous parle, celle qui est décrite comme ayant une tête, des évêques, des prêtres, des diacres, des sacrements, des doctrines, une autorité et des disciples. C’est cette même Eglise catholique qui a été persécutée par les empereurs romains et qui est aujourd’hui répandu à travers le monde.

L’EGLISE EST APOSTOLIQUE

janvier 2, 2008

L’Eglise est sainte

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 6:49
Tags: ,

L’EGLISE EST SAINTE (CEC § 823-829)

Le Nouveau Testament évoque souvent le lien entre l’Eglise et la sainteté. L’Eglise est « une nation sainte » (1 P 2, 9). Elle est l’Epouse du Christ (Eph 5, 31-32). C’est le « temple du Dieu vivant » (2 Co 6, 16). Et comme nous l’avons plus tôt, l’Eglise est le Saint Corps du Christ. Les membres de l’Eglise sont appelés « saints » (Ac 9, 13 ; 1 Co 6, 1).

            Le concept de sainteté est omniprésent dans la Bible. Le mot hébreu pour sainteté est קדושה (Kedousha), signifie littéralement « mise à part », réservé pour un usage particulier, comme le Temple est différent des autres bâtiments, comme le Shabbat est mis à part des autres jours et comme l’épouse est mise à part pour l’époux (en hébreu « fiançailles » se dit « kiddushin »). Le peuple saint est composé de ceux que Dieu a mis à part du reste de la création, pour être le couronnement de cette création, ses fils et filles bien aimés.

            L’Eglise est sainte parce qu’elle communique la Vie divine. Comme Corps du Christ, elle possède et dispense la vie même du Christ. Ses membres sont saints parce que, par le baptême, ils sont « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). C’est la signification de la grâce : participer à la vie même de Dieu. Ainsi, ceux que l’Eglise honorent comme « saints », sont ceux qui ont répondus d’une manière exemplaire à la grâce de Dieu. Souvent cette grâce s’est manifestée par des signes extérieurs comme une pratique héroïque des vertus, une mort en martyr ou par des miracles.

            L’Eglise est sainte par sa doctrine qu’elle a reçu de son Fondateur Jésus qui est Saint (Ac 4, 27.30) et par le Saint Esprit qui demeure en elle. Sa doctrine est essentiellement l’imitation de Jésus et de sa vie de sainteté. La sainteté est ainsi la vie divine, la vie du Christ reproduit dans la vie et la mort des saints. D’une façon particulière, on le voit dans le cas des martyrs ; Ces derniers étaient vénérés dans l’Eglise primitive (Hb 11, 35-38, Ap 6, 9-11). Mais un autre groupe était encore plus vénéré par les premiers chrétiens. On dit d’eux qu’ils ont vécu le « martyre blanc », non pas en mourant de mort violent en témoin de l’Evangile, mais mourant au quotidien à eux-mêmes. Et parmi eux se trouvaient ceux qui avaient renoncé à la vie de famille pour le Christ et son Royaume, à savoir les vierges consacrés. Jésus loue le choix de ceux qui « qui se sont fait eunuques pour le Royaume des cieux » (Mt 19, 12). Ces personnes, par appel de Dieu, choisissent de se « mettre à part » comme un signe de sainteté, du kiddushin, du mariage de Dieu et de son Epouse, l’Eglise.

            Tandis que Jésus n’a jamais connu le péché, l’Eglise qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est à la fois sainte et appelée à se purifier et doit poursuivre de façon incessante son effort de pénitence et de renouvellement. « Tous les membres de l’Église, ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs (cf. 1 Jn 1, 8-10). En tous, l’ivraie du péché se trouve encore mêlée au bon grain de l’Évangile jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 13, 24-30). L’Église rassemble donc des pécheurs saisis par le salut du Christ mais toujours en voie de sanctification » (CEC § 827).

L’EGLISE EST CATHOLIQUE

décembre 29, 2007

L’Eglise est une

Classé dans : Eglise — cathobiblique @ 6:23
Tags: ,

L’Eglise, nous dit St Paul en Eph 3, 10 est un « mystère ». Ce mystère est si grand que les anges du ciel apprennent la sagesse de Dieu par l’Eglise et à travers elle. Comme nous ne pouvons pas voir que Jésus est le Fils du Dieu vivant sans le don de la foi, nous ne pouvons pas, sans la foi voir que l’Eglise est un organisme surnaturel, le Corps du Christ dont l’âme est le St Esprit.Nous allons, à l’aide de la Bible, découvrir les 4 caractéristiques prinicipales de l’Eglise fondée par Jésus et ainsi avoir les moyens de la reconnaître aujourd’hui.L’EGLISE EST UNE (CEC § 813-822)

St Paul met l’accent sur le fait que, comme il y n’y a qu’un seul Seigneur et un seul Dieu, il n’y a qu’ « une seule foi, un seul baptême » (Eph 4, 5). Il décrit fréquemment l’Eglise comme « un seul corps », identifié à l’unicité du corps même de Jésus (Rm 12, 5 ; 1 Co 10, 17 ; 12, 12-13 ; Eph 2, 16 ; 4, 4 ; Col 3, 15). Paul reconnaît que les chrétiens sont nombreux et différents, mais il insiste sur l’unité de l’Eglise. Il en parle même dans des termes sacramentaux : « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps (…) et tous nous avons été abreuvés d’un seul Esprit » 1 Co 12, 13. Les chrétiens sont liés par un baptême commun et une même Eucharistie.

Certains objectent que cette « Eglise » est purement spirituelle voire invisible. Mais ce n’est pas ce que Paul exprime lorsqu’il parle de l’Eglise comme le « corps » du Christ. Car le corps est la partie visible d’un être, dotée d’une âme. Si Paul avait voulu décrire une Eglise purement spirituelle, il n’aurait pas parlé de « corps » mais d’ « âme » du Christ….

« Corps » indique une unité visible. Jésus lui-même exprime un profond désir d’une Eglise unie. Evoquant un thème récurrent de l’Ancien Testament, il promet : « Il y aura une seul troupeau, un seul pasteur » Jn 10, 16. Nous pouvons être sûrs que ni Jésus ni Paul ne faisaient allusion à une unité de façade. Au contraire Paul dit : « Je vous en prie frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, Ayez tous le même langage ; qu’il n’y ait pas chez vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et la même pensée » 1 Co 1, 10. Dans l’évangile de Jean, Jésus prie le Père pour l’unité de tous ceux qui croient en Lui (Jn 17, 1-23).

La seule candidate pour une telle unité est l’Eglise Catholique, qui transcende toutes les frontières, qu’elles soient ethniques, nationales ou culturelles. C’est la seule communauté chrétienne qui professe une seule et même foi, inchangée, et ceci dans le monde entier et à travers les âges. Les chrétiens séparés, qui ne s’appuie que sur « l’Ecriture seule », se composent de plusieurs dizaines de milliers de dénominations. De plus, ces dénominations diffèrent l’une de l’autre sur des points de doctrine clés tels la nature de l’expiation et la signification des dons charismatiques, l’âge approprié pour le baptême et la fréquence minimale pour la communion, la moralité de l’avortement et de l’euthanasie, la nature et la fonction du clergé, et même le jour où les chrétiens doivent se réunir pour prier ensemble. Beaucoup de ces interprétations sont mutuellement contradictoires et s’excluent les unes des autres. Est-ce qu’une telle confusion est ce que Jésus et Paul appellent l’unité de l’Eglise ?

Si l’on compare toutes ces dénominations avec l’Eglise de l’Ancien Testament, on découvre une Eglise unie dans laquelle les « églises » sont divisées géographiquement, mais jamais divisées par rapport à la doctrine en multiples dénominations. Cette sorte de diversité est rejetée. Le seul groupe chrétien qui s’est divisé de l’Eglise, à l’époque de la rédaction du Nouveau Testament est celui des Nicolaïtes, qui professe une autre doctrine que celle des apôtres (Ap 3, 15).

Ce qu’il nous dit de l’Eglise primitive dans les Actes est vrai de l’Eglise catholique, à n’importe quelle époque et sous toutes les latitudes : « Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » Ac 2, 42. Partout où est l’Eglise catholique, le peuple s’assemble pour écouter la doctrine apostolique et communier à la fraction du pain, en disant les prières habituelles.

Cela ne signifie pas bien sûr que l’Eglise catholique n’a pas en son sein des râleurs dans les bancs, des rebelles, des dissidents et des pécheurs ! Mais l’Eglise reste une en dépit de ce type de personnages que l’on rencontre dans les pages des Actes des Apôtres, tel qu’Ananie et Saphire (Ac 5, 1-11), Simon le Magicien de Samarie (Ac 8, 9-24) et leurs semblables. Citons par exemple ceux que réprouve Paul dans la première aux Corinthiens ou ceux que déplorent Jean dans sa deuxième épître.

L’Eglise est divine mais aussi humaine. La Deuxième Personne de la Trinité est devenu homme et son corps crucifié a été couvert de saletés et de crachats. A toutes les époques les pécheurs à l’intérieur de l’Eglise (dont nous faisons aussi partie) sont ses salissures sur le Corps du Christ…

Le mot « mystère » est important ici, car c’est un autre mot que Paul emploie pour décrire l’Eglise (Eph 5, 32). Un mystère est quelque chose caché à la vue, quelque chose qui ne peut être connu que par la foi. Quand nous regardons l’Eglise, nous voyons et entendons son aspect humain, un phénomène sociologique. Mais avec les yeux de la foi, nous pouvons, comme Paul, discerner un vrai mystère, le seul « Corps du Christ ». Cela signifie affirmer quelque chose qui n’est pas apparent à la vue, mais qui appartient au domaine de la foi surnaturelle.

L’Eglise est sainte

décembre 20, 2007

Pierre et la Papauté

Classé dans : Eglise, Papauté — cathobiblique @ 4:55
Tags: ,

Pierre et la Papauté 

 1)      Pierre est le Rocher sur lequel l’Eglise est bâtie

Mc 3, 16 ; Jn 1, 42 Jésus renomme Simon (qui signifie « grain de sable) « Kepha » en araméen qui signifie littéralement « pierre ». Or ce nom était inconnu à l’époque. En faisant cela, Jésus exprime un changement de statut pour Pierre au sein du groupe des disciples. En effet, quand Dieu change le nom de quelqu’un, il change son statut.

Gn 17, 5 ; 32, 28 ; 2 R 23, 34 ; Ac 9, 4 ; 13, 9 Dans ces différents passages, on voit Dieu changer le nom de quelqu’un et lui conférer alors une mission particulière. Abram, devient Abraham, Jacob Israël, Eliakim Jehoiakim, Saul Paul.

Note : la Bible utilise un même mot pour désigner des personnes différentes. Ainsi Dieu est aussi appelé « Rocher » en 2S 22, 2-3, 32, 47 ; 23, 3 ; Ps 18, 2.31.46 ; 19, 4 ; 28, 1 ; 42, 9 ; 62, 2.6.7 ; 89, 26 ; 94, 22 ; 144, 1-2. Or, Abraham est aussi appelé « pierre » en Is 51, 1-2.  De la même façon, Jésus est appelé le seul fondement de l’Eglise en 1 Co 3, 11. Or en Eph 2, 20 et Ap 21, 14, les apôtres sont appelés aussi le fondement de l’Eglise.  On trouve un autre exemple en 1P 2, 25 où Jésus est appelé le Berger du troupeau et en Ac 20, 28 où ce sont les apôtres qui sont appelés les bergers du troupeau. Jésus est appelé aussi le constructeur (Mt 16, 18), la pierre d’angle (Ac 4, 11) et le temple (Ap 21, 22). Les apôtres sont appelés à leur tour bâtisseurs (1 Co 3, 11), pierres (1 P 2, 4) et temples (Eph 2, 21). Il y a donc de multiples métaphores de l’Eglise dans l’Ecriture 

Mt 16, 18 Jésus dit en araméen « Tu es Kepha et sur cette kepha je bâtirai mon Eglise ». Le grec rend : « Tu es Petros et sur cette petra je bâtirai mon Eglise », ce que nous traduisons en français : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Jésus choisit de prononcer ces paroles à Césarée de Philippe. A cet endroit Hérode avait bâti un temple pour César Auguste au sommet d’un immense rocher ; centre de culte païen et l’une des source du Jourdain. A la base de ce rocher, se trouvait un gouffre béant appelé par les païens « les portes de l’enfer ». Se tenant devant le « temple » bâti pour le « divin César », Jésus révèle le plan de Dieu de bâtir son nouveau « temple », l’Eglise, dédié au vrai Dieu et bâti sur le rocher solide qu’est Pierre.

Mt 16, 21 Ce n’est qu’après avoir établi Pierre à la tête de l’Eglise que Jésus parle pour la première fois de sa mort et de son départ. Ceci parce qu’il vient d’institué celui qui sera son intendant sur cette terre.

Mt 7, 24 Jésus, tel l’homme sage, bâti sa maison dur le roc (Pierre), et non sur le grain de sable (Simon) pour que la maison ne s’écroule pas.

Jn 21, 15-17 Jésus sélectionne Pierre pour être le chef des apôtres quand il lui dit par trois fois de prendre soin de ses brebis.

Lc 22, 31-32 Jésus prie pour que la foi de Pierre ne défaille pas et le charge d’être celui qui fortifie la foi des autres apôtres : « Simon, Satan vous (pluriel) a réclamés pour vous cribler comme le froment, mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères ».

Ac 1-5 ; 6 ; 15 Personne ne conteste l’autorité de Pierre sur l’Eglise, ce dernier énonçant des anathèmes et résolvant les débats doctrinaux.

2)      Le pouvoir des clés

2 S 7, 16 ; Ps 89, 3-4 ; 1 Ch 17, 12.14 Dieu promet d’établir le royaume davidique pour toujours sur la terre. Or, depuis la captivité à Babylone en 586 av. JC,le trône davidique est vacant.

Lc 1, 32 L’archange Gabriel annonce à Marie que son fils recevra « le trône de David son père ».

Mt 1, 1 Matthieu établit clairement le lien entre David et Jésus. Jésus est le nouveau Roi de la Maison de David

Mt 16, 19 Jésus donne à Pierre les « clés du Royaume des Cieux ».

Se faisant il fait référence à Isaïe 22, 15-22 (seul endroit de la Bible où le lien est fait entre des clés et un royaume). Dans ce passage il est a fait allusion à la transmission d’une charge, celle de « maître du palais », symbolisée par « la clé de la maison de David ». Cet intendant royal, soumis au roi, était à la tête des ministres. Isaïe le désigne comme « un père pour l’habitant d’Israël et pour la maison de Juda » Is 22, 21.

Dans l’Ancien Testament, un intendant est un homme ayant autorité sur une maison (Gn 43, 19 ; 44,4 ; 1 R 4, 6 ; 16, 9 ; 18, 3 ; 2 R 10, 5 ; 15, 5 ; 18, 18 ; Is 22, 15).

Dans le Nouveau Testament, les deux mots souvent traduit par « intendant » sont oikomos (Lc 16, 2-3 ; 1 Co 4, 1-2 ; Tit 1, 7 ; 1 P 4, 10) et epitropos (Mt 20, 8 ; Ga 4, 2).

Dans la pensée sémitique, le pouvoir des clés est lié à l’autorité administrative et législative.  Cette capacité d’ « ouvrir » et de « fermer » (Is 22, 2) est un pouvoir juridique que, dans le royaume de Juda, seul le roi pouvait outrepasser. Littéralement, cela fait référence à la prérogative du premier ministre, lui permettant d’autoriser ou de refuser l’entrée dans le palais et l’accès au roi.

A l’époque d’Isaïe, cela fait déjà 300 ans que cet office était en place dans le royaume davidique. Il se modèle probablement sur l’office du vizir égyptien qui était, après Pharaon, la plus haute autorité sur la pays. C’est d’ailleurs le poste qu’a occupé Joseph (Gn 41, 40-44 ; 45, 8)

Jésus, le nouveau roi davidique, délègue à son premier ministre Pierre, l’autorité sur son royaume. Il s’agit donc d’une délégation d’autorité. Pierre et ceux qui reçurent sa charge pendant 2000 ans sont les intendants d’un royaume terrestre dont le souverain réside au ciel.

3)      Le pouvoir de lier et de délier

Mt 16, 19 Lier et délier (en hébreu asar ve-hittir) sont des termes techniques rabbiniques signifiant respectivement « autoriser » et « interdire » dans l’interprétation de la loi juive.  Les Pharisiens ont toujours clamé avoir cette autorité (cf. Talmud Chadiga 3b ; Josèphe (37-101) « La guerre des juifs » 1:5:2 ).

Lorsque Jésus nomme Pierre et les apôtres pour être ses successeurs, il utilise cette formule juive familière  (Mt 16, 19 et 18, 18). Par ces mots ils les investit de la même autorité exercée par les scribes et les Pharisiens qui « lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt », c’est-à-dire à les « délier » comme ils en avaient le pouvoir (cf. Mt 23, 2-4). En d’autres termes il leur donne l’autorité de décider la halakha (litt « le chemin à emprunter »), à savoir les règles de conduite pour les membres du royaume dont ils ont la charge. Jésus donne à Pierre l’autorité sur l’Eglise universelle en Mt 16, puis accorde le même pouvoir en Mt 18, 17-18 aux apôtres où il est lié à la discipline et l’excommunication dans les communautés locales.

La toile de fond est bien évidemment juive. De fait, les apôtres unis à Pierre remplacent « les prêtres lévitiques et les juges » (Dt 17, 8-12) comme autorité terrestre dans l’interprétation de la Loi Nouvelle apporté par Jésus.

4)      L’Eglise est le royaume des cieux  déjà commencé sur terre

Mt 13, 24-52 Jésus compare le royaume des cieux à un champ, à un grain de moutarde, au levain et à un filet, démontrant qu’il parle de l’Eglise universelle sur la terre, et non pas dans son stade éternel et glorieux. Par conséquent, les clés du Royaume des cieux renvoient à l’autorité sur l’Eglise sur terre.

Mc 4, 26-32 Ici encore le Royaume des Cieux est comme la semence qui grandit et se développe. Il s’agit donc de l’Eglise sur terre. Voir aussi Lc 13, 19-20

Lc 9, 27 Jésus dit que certains ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le « royaume de Dieu ». Ce royaume est le royaume terrestre du Christ, que Jésus établit par sa mort et sa résurrection.

Mt 12, 28 ; Mc 1, 15, Lc 11, 20 ; 17, 21 Ces versets affirment que le Royaume de Dieu est au milieu de nous.

1 Ch 28, 5 Salomon est assis sur le trône de la royauté du Seigneur. Ici aussi c’est une royauté terrestre. Voir 1 Ch 29, 23.

Lc 12, 41-42 Quand Pierre demande à Jésus si la parabole du maître et du royaume était pour les disciples ou pour tout le peuple, Jésus confirme rhéthoriquement à Pierre qu’il est la chef intendant sur la Maison du Maître (Dieu) : « qui donc, (Pierre) est l’intendant fidèle, avisé que le maître établira sur ses gens (…) Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte »

5)      L’Eglise est le royaume davidique continué

Jr 33, 17 Jérémie prophétise que David ne manquera jamais d’un descendant qui prendra place sur le trône de la maison d’Israël.

Dn 2, 44 Daniel prophétise un royaume terrestre qui sera jamais détruit

Is 22, 19-20  Dans le royaume davidique, Elyaqim succède à Shebna comme intendant du royaume. Shebna est décrit comme recevant un « poste » et une « place ». Un poste, par définition, est une charge qui se transmet. Pour qu’un royaume puisse subsister il est nécessaire qu’une succession se mette en place. Comme dans le royaume davidique, le même principe s’applique dans la Nouvelle Alliance où Jésus le Roi d’Israël désigne un intendant, le revêtant d’une charge transmissible.

Is 22, 21 Elyaqim est appelé « père » du peuple de Dieu. Le mot « pape » vient du grec « papas » qui signifie « père ». C’est ainsi que le peuple de Dieu désigne celui qui a la charge de l’Eglise comme intendant du Royaume.

Is 22, 22 Les clés du royaume sont transférées de Shebna à Elyaqim. La transmission de la charge d’intendant du royaume de Dieu s’est faite de la même façon de Pierre à Lin ; son successeur, puis pendant 2000 ans jusqu’au pape actuel.

Ac 1, 20 Il en va de même pour la charge des apôtres. Tout comme l’Eglise remplace Judas, elle remplaça Pierre par un successeur après sa mort.

Publié sur WordPress.