Cathobiblique

avril 24, 2009

La Bible est-elle claire en toute chose ?

Classé dans : Bible, Objections courantes — cathobiblique @ 10:03
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De nombreux chrétiens affirment qu’avec la Bible ils ont tout ce qui leur faut pour être sauvés et qu’ils n’ont pas besoin d’Église ni de tradition.

La Bible n’enseigne pas cette doctrine. Et l’histoire du protestantisme, avec ses innombrables divisions, montre clairement qu’elle est fausse. Comment est-il possible, si la Bible est limpide et facile à comprendre que tant de chrétiens sont en désaccord sur tant de différentes interprétations ?

La Bible n’est pas toujours facile à comprendre. C’est un livre complexe dont les mots et les idées ont captivés les intelligences les plus brillantes depuis des millénaires. Sans une instance d’interprétation officielle – telle que l’Église-l’erreur et la division sont inévitables.

De telles divisions sont apparues dès le début du protestantisme.  Martin Luther croyait à la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, mais Jean Calvin professait seulement une « présence mystique », tandis que Huldreich Zwingli pensait qu’elle était seulement symbolique. Ils lisaient la même Bible et confessait la même croyance en la sola Scriptura, mais la Bible par elle-même n’était pas suffisante pour résoudre le problème.

Le Baptême est un autre exemple.  Luther (à nouveau plus proche de la doctrine catholique) croyait à la régénération baptismale; Calvin et Zwingli rejetait cette doctrine, mais étaient d’accord avec Luther que les enfants devaient être baptisés. Les anabaptistes, cependant, pensaient que seuls les adultes devaient être baptisés (les luthériens et les calvinistes les ont persécutés pour cela). Plus tard, d’autres groupes protestants ne baptisaient pas du tout (Quakers, Armée du Salut) ou croyaient dans la régénération baptismale des adultes (Église du Christ), de telle façon qu’aujourd’hui il y a cinq doctrines différentes concernant le baptême. Les protestants diffèrent aussi dans de nombreuses importantes doctrines et pratiques, en dépit de leur croyance en une seule et même “claire” Bible: expiation limitée contre expiation universelle; possibilité ou non de perdre son salut; gouvernement de l’église et clergé féminin; la relation entre la sanctification et la justification; le rôle des charismes, et autres.

Un des passages les plus solides contre la doctrine de la clarté totale de la Bible se trouve dans la deuxième lettre de Pierre:

2 P 3,15-17: “Tenez la longanimité de notre Seigneur pour salutaire, comme notre cher frère Paul vous l’a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. Il le fait d’ailleurs dans toutes les lettres où il parle de ces questions. Il s’y rencontre des points obscurs, que les gens sans instruction et sans fermeté détournent de leur sens – comme d’ailleurs les autres Écritures – pour leur propre perdition. Vous donc, très chers, étant avertis, soyez sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des criminels, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.” (Voir aussi Dt 17, 11; 2 Ch 17, 8-9; Mc 4, 33-34; Ne 8,7-8; Ac 8, 27-31).  

Objection:

Il est certainement mieux d’avoir la liberté de croire ce que nous trouvons dans la Bible, que d’avoir quelqu’un nous disant quoi croire. De plus, les chrétiens des différentes confessions peuvent librement être en désaccord à propos de doctrines qui ne sont pas essentielles, mais ils sont généralement d’accord à propos des doctrines essentielles de la foi. Lorsqu’ils sont en désaccord, cependant, c’est en raison de leur péché et de leur orgueil, et non pas parce que le sens de la Bible n’est pas clair.

Réponse:

Le baptême (selon 1 P 3,21) et l’Eucharistie (Jn 6,53) sont certainement “essentiels”- de fait nécessaires- pour le salut.

Et même dans ce qui ne semble pas “essentiel”, Dieu veut que nous soyons unis dans la foi. Jésus a prié en Jn 17, 22: “qu’ils soient un comme nous sommes un.”  Ac 4,32 nous indique que les premiers chrétiens étaient “d’un seul cœur et d’une seule âme“. Paul enseigne qu’il y a “un seul corps et un seul Espritun seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (Eph 4, 4-5) et que les chrétiens doivent tenir “ferme dans un même esprit, luttant de concert et d’un cœur unanime pour la foi de l’Évangile” (Phil 1, 27) et être “en plein accord et d’un seul esprit” (Phil 2, 2). Pierre nous exhorte à être “en esprit d’union (1P 3, 8). Le confessionnalisme et le relativisme doctrinal sont clairement condamnés par Paul:

1 Co 1,10-13: « Je vous en prie, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, ayez tous même langage ; qu’il n’y ait point parmi vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée. En effet, mes frères, il m’a été signalé à votre sujet par les gens de Chloé qu’il y a parmi vous des discordes. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, je suis à Paul. » – « Et moi, à Apollos. » – « Et moi, à Céphas. » – « Et moi, au Christ. » Le Christ est-il divisé ? Serait-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Ou bien serait-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? »

Seule une Église ayant reçue du Christ l’autorité d’enseigner Sa vérité et étant protégée de l’erreur doctrinale par le Saint Esprit peut préserver les chrétiens des divisions causées par leurs interprétation défectueuses et garantir l’unité pour laquelle Jésus et Paul ont prié.

avril 23, 2009

La Bible est-elle la seule source infaillible de la vérité de la foi?

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La Bible enseigne que l’enseignement de la foi chrétienne qui fait autorité nous vient de la Bible, de l’Église et du dépôt apostolique (Tradition).
 

 L’Écriture est bien une “norme de vérité” et même une norme éminente, mais pas dans le sens qu’elle exclue l’autorité de la Tradition apostolique et de l’Église. Les catholiques affirment que chaque vraie doctrine se trouve dans la Bible, même si c’est indirectement, et qu’aucune ne peut la contredire. 2 Tim 3,16-17 (“Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice : ainsi l’homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne.”) n’enseigne pas « Sola Scriptura », mais décrit simplement les vertus de la Sainte Écriture.

  Les fondements bibliques de la position catholique sont nombreux. Lorsque Jésus condamne la “tradition“(Mc 7, 7-13), il fait référence aux corruptions qu’il appelle les “traditions des hommes”. L’apôtre Paul lui fait référence de façon positive à la Tradition chrétienne (“gardez les traditions comme je vous les ai transmises.” 1 Co 11, 2) qu’il oppose, tout comme Jésus, avec la mauvaise tradition (“selon une tradition toute humaine…et non selon le ChristCol 2, 8). Il confirme aussi l’autorité de la Tradition orale, en faisant référence à “la parole de Dieu que vous avez entendu de nous” (1 Thess 2,13) et aux “saines paroles que tu as entendues de moi. (2 Tim 1, 13-14)”. Il est clair que l’on doit interpréter Paul en comprenant la totalité de son enseignement.

 La preuve biblique la plus claire de l’autorité infaillible de l’Église est le Concile de Jérusalem (Ac 15, 6-30) et sa décision qui fait autorité:

 Acts 15:29-30:  L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autres charges que celles-ci, qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes.”

 Dans le chapitre suivant, nous apprenons que Paul, Timothée et Silas allèrent de ville en ville et  « ils transmettaient, en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem » (Ac 16, 4). C’est la preuve de charisme d’infaillibilité, sanctionné par le Saint Esprit Lui-même, que l’Église affirme posséder lorsqu’elle est assemblée en concile.  

 Objection:

            L’Église Catholique ne peut toujours pas expliquer pourquoi Jésus et les apôtres faisaient toujours référence aux Saintes Écritures pour prouver leurs doctrines. Ils ne faisaient pas appel à la Tradition, et les juifs de l’Ancien Testament avaient foi « dans la Bible seule » (Sola Scriptura).

 Réponse:

            En Matthieu 23,2-3, Jésus enseigne que les scribes et les pharisiens ont une autorité légitime et contraignante (bien qu’ils soient souvent hypocrites): “Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas.”  L’idée de la « chaire de Moïse” ne se trouve nulle part dans l’Ancien Testament, mais vient de la Mishna (tradition orale mise par écrit), qui enseigne une sorte de « succession enseignante » à partir de Moïse. De même en Mt 2,23, la référence à “il sera appelé Nazaréen” est absente de l’Ancien Testament, et cependant a été transmis oralement “par les prophètes“. En 1 Co 10,4, Paul fait référence au rocher qui “suivait” les juifs dans le désert du Sinaï. Dans les passages qui font référence au miracle survenant lorsque Moïse frappait le rocher et l’eau jaillissait (Ex 17,1-7; Nb 20,2-13), il n’est pas fait référence à un tel mouvement miraculeux. La tradition rabbinique, elle en parle.

Les juifs n’ont jamais accepté la doctrine de la Sola Scriptura. Seuls les sadducéens rejetaient la tradition orale, mais ils rejetaient aussi la résurrection des morts, l’existence de l’âme, la vie après la mort, les récompenses et les rétributions éternelles, l’existence des démons et des anges. La nature de l’autorité dans l’Ancien Testament est illustrée par Ezra, un prêtre et un scribe qui enseignait la Loi juive à Israël. Son enseignement avait force d’autorité, le refuser était condamné par l’emprisonnement, le bannissement, la privation de biens, voire la mort (cf Ezra 7, 6. 10. 25-26).

Par conséquent la révélation biblique s’oppose très clairement à la doctrine centrale du protestantisme, la Sola Scriptura, et enseigne au contraire l’idée de l’autorité de la Tradition.

janvier 25, 2008

Qu’est ce que la Tradition?

Classé dans : Bible, Tradition — cathobiblique @ 4:46
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 Qu’est ce que la Tradition? CEC§ 81-82

Jésus n’a rien écrit et n’a pas demandé à ses apôtres d’écrire quelque chose. Il les envoyer prêcher l’évangile à toute la création (Cf. Mt 16, 15). Ainsi l’Evangile s’est propagé oralement. Les premiers chrétiens ont prêché, ils n’ont pas distribué des copies du Nouveau Testament, qui n’était pas encore totalement rédigé et encore moins établit dans un canon officiel (voir ” Le canon du Nouveau Testament “). Le Nouveau Testament est la cristallisation d’une tradition orale plus large qui comprend la totalité de l’enseignement de Jésus telle qu’il a été transmis par les apôtres. C’est pour cela que l’ensemble de ces doctrines est appelée la Tradition apostolique ou Sainte Tradition. Tout ce que Jésus a dit et fait n’est pas dans les Ecritures

Dans le Nouveau Testament nous trouvons de claires affirmations que l’Ecriture ne contient pas tout l’enseignement de Jésus.

Mc 4, 33 : « C’est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la Parole selon qu’ils pouvaient l’entendre ». Beaucoup de paraboles ne sont pas rapportées dans le NT.

Mc 6, 34 : « et il se mit à les enseigner longuement ». Nous ne savons pas ce que Jésus leur a dit.

Jn 16, 12 : « J’ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. ». Peut être Jésus fait allusion aux enseignements qu’il donnera à ses apôtres après sa résurrection. Cependant, très peu de ces choses ont été écrites.

Jn 20, 30 : « Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d’autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. »

Jn 21, 25 : « Il y a encore bien d’autres choses qu’a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu’on en écrirait. ».

Ac 1, 3 : « C’est encore à eux [aux apôtres] qu’avec de nombreuses preuves il s’était présenté vivant après sa passion ; pendant quarante jours, il leur était apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu. »

Tradition dans le Nouveau Testament

Le mot grec le plus important pour le concept de tradition est παραδόσις « paradosis ». Il est utilisé quatre fois en référence à la tradition chrétienne. Il signifie simplement la transmission de quelque chose d’une personne à une autre. Cette « tradition » peut être mauvaise : « Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la philosophie , selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ. » (Col 2, 8 Voir aussi Mt 15, 2 et suiv). Elle peut être opposée à la volonté de Dieu (cf Mc 7, 8).

Elle peut être aussi entièrement bonne, comme on le voit dans les cas suivants :

1 Co 11, 2 : « Je vous félicite de ce qu’en toutes choses vous vous souvenez de moi et gardez les traditions comme je vous les ai transmises. »

2 Thess 2, 15 : « Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre. »

2 Thess 3, 6 : « Or nous vous prescrivons, frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui mène une vie désordonnée et ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçue de nous. »

Il est donc clair que de même que nous devons obéir aux commandements de Jésus transcrits dans le Nouveau Testament, nous devons obéir aux commandements de Jésus transmis par les apôtres.

Tradition, Evangile et Parole de Dieu sont synonymes 

Dans les quelques exemples suivants, nous voyons que la prédication des apôtres, est une prédication orale et qu’elle est appelée alternativement Tradition , Evangile, Parole de Dieu  ou autre.

1 Co 11, 2 : « Gardez les traditions comme je vous ai transmises »

2 Thess 2, 15 : « Gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre »

2 Thess 3, 6 : « … la tradition que vous avez reçu de nous »

1 Co 15, 1 : «  …l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu »

Ga 1, 9 : « … un évangile (…) que vous avez reçu »

1 Thess 2, 9 : « Nous vous avons annoncé l’Evangile de Dieu »

Ac 8, 14 : « Samarie a reçu la Parole de Dieu »

1 Thes 2, 13 : « …une fois reçu la Parole de Dieu que vous nous faisions entendre, vous l’avez accueillie »

2 P 2, 21 : « …le saint commandement qui leur avait été transmis »

Jude 3 : « …la foi transmise aux saints une fois pour toute »

En fait dans ses lettres aux Thessaloniciens, Paul utilise tradition, évangile et parole de Dieu de façon interchangeable.

La tradition orale selon St Paul

Dans ses deux lettres à Timothée, Paul fait de fascinantes remarques sur l’importance de la tradition orale :

2 Tim 1, 13-14 : « Prends pour norme les saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour du Christ Jésus. »

2 Tim 2, 2 : « Ce que tu as appris de moi sur l’attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d’en instruire d’autres. »

Paul dit que, non seulement que Timothée doit recevoir et suivre son enseignement oral, en plus de son enseignement écrit, mais qu’il doit enseigner d’autres à faire de même.

C’est ce que l’Eglise catholique s’efforce à faire, en accord avec le commandement de Paul, à propos de la totalité du « dépôt de foi », c’est-à-dire de l’enseignement des apôtres. Car c’est l’Eglise qui est « la colonne et le support de la vérité » (1 Tim 3, 15).

janvier 15, 2008

Le canon de la Bible (2ème partie)

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 Deuxième partie : Le Nouveau Testament

Le premier mot du NT a été écrit autour de 50 ap JC (1 Thes) et le dernier entre 70 et 90 ap JC (Ap). Il comprend 27 livres, tous acceptés comme canoniques et inspirés par les catholiques et les protestants. Cependant la question qui se pose est : « Qui a déterminé quels livres étaient inspirés ? Qui a déterminé le canon du NT ? ». La Bible n’étant pas tombé du ciel (comme le Coran…), comment est-elle née ? Comment savons-nous que nous pouvons faire confiance en chacun de ces livres ?

Un peu d’histoire

Différents évêques ont rédigé des listes des livres inspirés :

  • Méliton, évêque de Sardes, 175 ap JC
  • St Irénée, évêque de Lyon, 185
  • Eusèbe, évêque de Césarée, 325
  • Pape Damase en 382, lors du Concile de Rome, rédige un décret comprenant l’actuel canon de l’Ancien et du Nouveau Testament (73 livres).
  • Le concile d’Hippone (Afrique du Nord) approuve ce même canon en 393
  • Le concile de Carthage (Afrique du Nord), en 397, fait de même. C’est le concile que de nombreux protestants considèrent comme ayant autorité pour le canon du NT
  • Pape St Innocent I approuve le canon des 73 livres en 405 et clôture officiellement le canon de la Bible.

Le canon de la Bible a été officiellement déterminé au 4ème siècle par des conciles et des papes catholiques. Or, jusqu’à la clôture officielle du canon en 405, il y a eu de nombreux débats autour de l’inspiration des textes. Certains soutenaient que certains livres (Hébreux, Jude, Apocalypse, 2ème lettre de Pierre) n’étaient pas inspirées, tandis que d’autres affirmaient que certains livres extra-canoniques (le Berger d’Hermas, les évangiles de Pierre et de Thomas, les lettres de Barnabé et de Clément) étaient inspirés.

Comme nous l’avons vu dans notre première partie, le processus de canonisation des Ecritures est lent et difficile. De fait, la Bible ne donnant pas de liste de livres inspirés, il faut qu’une autorité autre que l’Ecriture détermine quels livres sont canoniques et quels livres ne le sont pas.

Cette autorité, c’est l’Eglise « colonne et support de la vérité » 1 Tm 3, 15. C’est ce qui fait dire à St Augustin : « Je ne croirais pas à l’Évangile, si l’autorité de l’Eglise catholique ne m’y poussait”. C’est donc l’autorité infaillible de l’Eglise éclairée par l’Esprit Saint qui fonde notre certitude que la Bible est Parole de Dieu.

Ceci amène les chrétiens non catholiques à une situation paradoxale, à savoir refuser l’autorité de l’Eglise catholique et en même temps la reconnaître par le simple fait de croire en l’inspiration des Ecritures, préservées et canonisées par elle. Martin Luther lui-même admet que les chrétiens doivent la Bible aux efforts de l’Eglise catholique : « Nous sommes obligés de concéder beaucoup de choses aux Papistes (Catholiques)- qu’ils possèdent la Parole de Dieu que nous avons reçu d’eux, autrement nous n’en aurions rien su du tout » (Commentaire à l’Evangile de Jean, ch 16). Cette déclaration de Luther confirme le fait que sans la décision de l’Eglise, nous ne saurions pas quels livres sont inspirés et font partie de la Bible.

                                               

Points de repère

  • 1) Historique

La Bible est une bibliothèque (Biblia en grec) de livres catholiques. Le Nouveau Testament a été écrit, copié et préservé par les catholiques. Le canon officiel a été déterminé par l’Eglise catholique au 4ème siècle. Ainsi tout chrétien reçoit la Bible de l’Eglise catholique

  • 2) Logique

L’Eglise qui a l’autorité pour déterminer l’infaillible Parole de Dieu, doit avoir l’autorité infaillible et être guidée par le Saint Esprit. Comme nous l’avons vu, sans l’autorité de l’Eglise catholique, nous n’avons absolument aucune garantie que ce qui est dans la Bible est l’authentique Parole de Dieu.

Croire en la Bible, c’est croire en l’autorité de l’Eglise qui garantit la Bible.

Sola Scriptura?

Classé dans : Bible, Sola Scriptura — cathobiblique @ 12:47
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 SOLA SCRIPTURA ?

La plupart des protestants professent la doctrine de la « sola scriptura », selon laquelle seule la Bible fait autorité en matière de foi et de morale. Si nous catholiques acceptons la Bible comme autorité parce qu’elle est la Parole de Dieu inspirée, cependant nous ne pouvons pas l’accepter comme unique règle de foi pour les raisons suivantes :

C’est contraire à la Bible

L’Ecriture nous dit que le Christ a laissé une Eglise avec une autorité divine pour gouverner en Son nom (Mt 16, 13-20 ; 18, 18 ; Lc 10, 16). Jésus a promis que cette Eglise subsisterait jusqu’à la fin des temps (Mt 16, 13-20 ; 28, 19-20 ; Jn 14, 16).

La Bible nous dit aussi que la Sainte Tradition doit être suivie, tout autant que les Saintes Ecritures : « Dès lors, frères, tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre »(2 Thess 2, 15) ; « Nous vous prescrivons frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui (…) ne se conforme pas à la tradition que vous avez reçu de nous »(2 Thess  3, 6).

La doctrine de la sola scriptura n’est pas dans l’Ecriture ! En fait la Bible nous dit que nous avons besoin de plus que la Bible. Elle nous confirme que tout ce que Jésus a dit et fait n’est pas écrit dans les Ecritures (Jn 21, 25) et que nous devons aussi obéir à la tradition orale, la Parole de Dieu prêchée (1 Co 11, 2 ; 1 P 1, 25). En 2 P 3, 15-16, Pierre prévient que la Bible peut être difficile à interpréter, ce qui implique nécessaire une instance ayant autorité pour l’interpréter. Enfin, 1 Tim 3, 15 déclare que l’Eglise est « la colonne et le support de la vérité »

C’est contraire à l’histoire

L’histoire de la Bible atteste que l’Eglise exerçait son autorité apostolique pour déterminer ce qui était ou non Ecriture inspirée (voir « Le canon de la Bible » http://cathobiblique.wordpress.com/2007/12/23/le-canon-de-la-bible/). Nous avons besoin de l’autorité de l’Eglise pour nous dire ce qui appartient à la Bible (1 Tim 3, 15).

C’est contraire au sens commun

Tout document écrit destiné à jouer un rôle crucial pour déterminer comment les gens doivent vivre (par exemple la constitution d’un pays) a besoin d’une autorité permanente pour le garder, en être garant et l’interpréter de façon officielle. Autrement, le chaos règne, si chaque individu interprète le document à sa guise. Les rédacteurs des constitutions nationales ont eu la sagesse de mettre en place de telles instances. Or Dieu, qui est la Sagesse même, n’aurait jamais laissé un document écrit tel que la Bible sans instituer une autorité ayant la charge de la préserver et de l’interpréter officiellement.

Pour conclure, la division du mouvement protestant et évangélique en plus de 33 000 dénominations est le fruit direct de la doctrine de la Sola Scriptura, doctrine qui n’a pas été enseigné par Jésus, ni par l’Eglise, et qui apparut plus de 1500 ans après la Pentecôte…

décembre 23, 2007

Le canon de la Bible (1ère partie)

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 LE CANON DE LA BIBLE (ou « pourquoi la Bible catholique est plus grosse que les autres ? »)

Si Dieu se révèle à l’homme, il est indispensable d’avoir l’assurance que cette révélation soit accessible. De plus, parce qu’il est question de choses primordiales comme le salut, il nous faut savoir de façon infaillible quels livres contiennent la vérité divine, autrement dit, quels livre contiennent la Parole de Dieu. Pour cela, il nous faut une liste officielle (c’est-à-dire un canon) des livres inspirés de la Bible.

Première partie : L’Ancien Testament

A l’époque de Jésus, les juifs n’avaient pas de liste officielle des livres inspirées ou canon. Le mot «canon » vient du grec « kanon » signifiant « tige pour mesurer ».  Les juifs vivant en Palestine et parlant araméen utilisaient 24 livres qu’ils divisaient en trois parties : la Loi (5 livres de Moïse ou Pentateuque) ; les Prophètes (8 livres) et les Ecrits (11 livres). Les Saducéens qui mettaient l’accent principalement sur les livres de la Loi rejetait par exemple Daniel qui supportait la foi en la résurrection qu’ils niaient. D’autres tels que les Samaritains acceptaient seulement leur version du Pentateuque comme Ecriture,  et ce jusqu’à ce jour.

D’un autre côté les juifs de la diaspora, dispersés autour de la Méditerranée, étaient de langue grecque et utilisaient la traduction de la Bible hébraïque en grec réalisée autour de 250 av. JC à Alexandrie en Egypte. Selon la tradition, cette traduction fut effectuée par 70 ou 72 sages juifs, six par tribu. C‘est pour cela qu’elle est appelée la LXX ou Septante (du latin « septuaginta », « soixante-dix »). Cette traduction en grecque était très populaire, le grec étant devenu la langue la plus parlée dans le monde méditerranéen  (équivalent à l’anglais d’aujourd’hui). Le texte grec comporte 7 livres supplémentaires (appelés aussi « deutérocanoniques » « appartenant au second canon »): 1 et 2 Maccabées, Tobie, Judith, Siracide, Sagesse et Baruch, ainsi que des ajouts à Daniel et Esther. Il faut ajouter le fait que la LXX diffère, à certains endroits, du texte massorétique (le texte hébreu de référence). Par exemple en Is 7, 14, là où l’hébreu parle d’une « jeune fille », la LXX évoque une « vierge ». De fait, depuis la découverte les rouleaux de Qumran, il est apparu qu’il y avait au 1er siècle et probablement auparavant, plusieurs versions du texte hébreu. Il a été découvert par ex. une version de Jérémie très proche de la LXX mais écrite en hébreu.

Pour les premiers chrétiens, dont la plupart ne savaient lire l’hébreu, la LXX était l’Ancien Testament. Sur les 37 citations de l’Ancien Testament dans le Nouveau, 33 sont tirées directement de la LXX Plusieurs décennies après la vie du Christ, l’immense majorité des chrétiens était d’origine païenne et utilisait la LXX à l’exemple des juifs parlant grec, de Jésus et des apôtres. Lorsque l’Eglise décida de clore officiellement le canon des Ecritures en 382 à Rome, la liste des livres de l’AT retenue fut logiquement celle de la Septante qui ont été considérés inspirés par les chrétiens depuis la fondation de l’Eglise.

Le canon juif

Or le fait que les chrétiens utilisent la LXX pour montrer aux juifs que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes a entraîné un rejet progressif de cette traduction par la communauté juive. Or la LXX était en vigueur et honorée depuis plus de 350 ans par les juifs eux-mêmes.

Vers 90 ap. JC, un groupe de juifs, sous la direction de Yohanan Ben Zakkai,  reçu l’autorisation des occupants romains de se rassembler à Yabné, en Palestine. Ils reconstituèrent un Sanhédrin et parmi de nombreux sujets décida de légiférer à propos des écrits bibliques. Dans même élan, ils décidèrent de rejeter les écrits des chrétiens comme non inspirés, ainsi que le texte de la LXX et de mettre en œuvre une nouvelle traduction de l’Ancien Testament en grec. Nous ne savons pas si il y eut rejet de quelconque livre à cette période. Par contre, le livre de l’Ecclésiastique et le Cantique des cantiques fut alors acceptés. Cependant cela n’a pas empêché de nombreuses disputes ultérieures à leur sujet. De fait la discussion en milieu juif autour des livres de l’Ancien Testament s’est continué après Yabné, jusqu’au 3ème siècle, bien après la période apostolique.

Le canon de l’Eglise catholique

La plupart des Pères de l’Eglise ont considéré la Septante comme la forme standard de l’Ancien Testament, les livres deutérocanoniques n’étant pas distingués des autres. Le concile de Rome (382) publie sous l’autorité du pape Damase la liste des 46 livres de l’Ancien Testament et des 27 du Nouveau. Cette liste est reprise par les conciles d’Hippone (393) et Carthage (397 et 419). Ceci n’est que la confirmation de ce qui était déjà le consensus général de l’Eglise. Les manuscrits grecs de l’Ancien Testament les plus anciens, tels le Codex Sinaiticus (4 ème siècle) et le Codex Alexandrinus (autour de 450) inclus les deutérocanoniques insérés avec les autres livres. Ainsi lorsque le concile de Trente (1545-1563) réaffirmera avec vigueur face à la Réforme le canon de l’Ecriture, il ne fera que de réitérer une décision vieille de 11 siècles et demi.

La Réforme

Les protestants, à la suite de Martin Luther, enlevèrent les deutérocanoniques de leurs Bibles, en raison des doctrines qu’ils renferment et qui venaient d’être récemment répudiés par la Réforme, tel que la prière pour les défunts (Tb 12, 12 ; 2 M 12, 39-45 ; cf. 1 Co 15, 29), l’aumône pour l’expiation des péchés (Tb 12, 9 ; Cf. Pr 16, 6), l’intercession des fidèles défunts (2 M 15, 14, cf. Ap 6, 9-10) et l’intercession des anges (Tb 12, 12.15 ; cf. Ap 5, 8 ; 8, 3-4). Nous savons cela par des déclarations claires de Luther et des autres réformateurs. En fait Luther ne s’arrêta pas là et commença à mettre en doute l’inspiration d’autres livres de la Bible. Il considérait Job et Jonas comme de simples fables et le livre de l’Ecclésiaste incohérent et incomplet. Il émit le souhait qu’Esther « n’existât point ». De plus il rejeta du canon du Nouveau Testament la lettre aux hébreux, la lettre de Jacques (qu’il appelait « l’épître de paille »), Jude et l’Apocalypse, et les plaça à la fin de sa traduction, comme des Apocryphes du Nouveau Testament. Il les considérait comme non apostoliques. Du livre de l’Apocalypse il dit : « Christ n’est ni enseigné ni connu à l’intérieur ». Ces opinions se trouvent dans les préfaces de Luther aux livres bibliques, dans sa traduction allemande de la Bible en 1522.

2ème partie

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