Cathobiblique

avril 24, 2009

La Bible est-elle claire en toute chose ?

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De nombreux chrétiens affirment qu’avec la Bible ils ont tout ce qui leur faut pour être sauvés et qu’ils n’ont pas besoin d’Église ni de tradition.

La Bible n’enseigne pas cette doctrine. Et l’histoire du protestantisme, avec ses innombrables divisions, montre clairement qu’elle est fausse. Comment est-il possible, si la Bible est limpide et facile à comprendre que tant de chrétiens sont en désaccord sur tant de différentes interprétations ?

La Bible n’est pas toujours facile à comprendre. C’est un livre complexe dont les mots et les idées ont captivés les intelligences les plus brillantes depuis des millénaires. Sans une instance d’interprétation officielle – telle que l’Église-l’erreur et la division sont inévitables.

De telles divisions sont apparues dès le début du protestantisme.  Martin Luther croyait à la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, mais Jean Calvin professait seulement une « présence mystique », tandis que Huldreich Zwingli pensait qu’elle était seulement symbolique. Ils lisaient la même Bible et confessait la même croyance en la sola Scriptura, mais la Bible par elle-même n’était pas suffisante pour résoudre le problème.

Le Baptême est un autre exemple.  Luther (à nouveau plus proche de la doctrine catholique) croyait à la régénération baptismale; Calvin et Zwingli rejetait cette doctrine, mais étaient d’accord avec Luther que les enfants devaient être baptisés. Les anabaptistes, cependant, pensaient que seuls les adultes devaient être baptisés (les luthériens et les calvinistes les ont persécutés pour cela). Plus tard, d’autres groupes protestants ne baptisaient pas du tout (Quakers, Armée du Salut) ou croyaient dans la régénération baptismale des adultes (Église du Christ), de telle façon qu’aujourd’hui il y a cinq doctrines différentes concernant le baptême. Les protestants diffèrent aussi dans de nombreuses importantes doctrines et pratiques, en dépit de leur croyance en une seule et même “claire” Bible: expiation limitée contre expiation universelle; possibilité ou non de perdre son salut; gouvernement de l’église et clergé féminin; la relation entre la sanctification et la justification; le rôle des charismes, et autres.

Un des passages les plus solides contre la doctrine de la clarté totale de la Bible se trouve dans la deuxième lettre de Pierre:

2 P 3,15-17: “Tenez la longanimité de notre Seigneur pour salutaire, comme notre cher frère Paul vous l’a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. Il le fait d’ailleurs dans toutes les lettres où il parle de ces questions. Il s’y rencontre des points obscurs, que les gens sans instruction et sans fermeté détournent de leur sens – comme d’ailleurs les autres Écritures – pour leur propre perdition. Vous donc, très chers, étant avertis, soyez sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des criminels, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.” (Voir aussi Dt 17, 11; 2 Ch 17, 8-9; Mc 4, 33-34; Ne 8,7-8; Ac 8, 27-31).  

Objection:

Il est certainement mieux d’avoir la liberté de croire ce que nous trouvons dans la Bible, que d’avoir quelqu’un nous disant quoi croire. De plus, les chrétiens des différentes confessions peuvent librement être en désaccord à propos de doctrines qui ne sont pas essentielles, mais ils sont généralement d’accord à propos des doctrines essentielles de la foi. Lorsqu’ils sont en désaccord, cependant, c’est en raison de leur péché et de leur orgueil, et non pas parce que le sens de la Bible n’est pas clair.

Réponse:

Le baptême (selon 1 P 3,21) et l’Eucharistie (Jn 6,53) sont certainement “essentiels”- de fait nécessaires- pour le salut.

Et même dans ce qui ne semble pas “essentiel”, Dieu veut que nous soyons unis dans la foi. Jésus a prié en Jn 17, 22: “qu’ils soient un comme nous sommes un.”  Ac 4,32 nous indique que les premiers chrétiens étaient “d’un seul cœur et d’une seule âme“. Paul enseigne qu’il y a “un seul corps et un seul Espritun seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (Eph 4, 4-5) et que les chrétiens doivent tenir “ferme dans un même esprit, luttant de concert et d’un cœur unanime pour la foi de l’Évangile” (Phil 1, 27) et être “en plein accord et d’un seul esprit” (Phil 2, 2). Pierre nous exhorte à être “en esprit d’union (1P 3, 8). Le confessionnalisme et le relativisme doctrinal sont clairement condamnés par Paul:

1 Co 1,10-13: « Je vous en prie, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, ayez tous même langage ; qu’il n’y ait point parmi vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée. En effet, mes frères, il m’a été signalé à votre sujet par les gens de Chloé qu’il y a parmi vous des discordes. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, je suis à Paul. » – « Et moi, à Apollos. » – « Et moi, à Céphas. » – « Et moi, au Christ. » Le Christ est-il divisé ? Serait-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Ou bien serait-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? »

Seule une Église ayant reçue du Christ l’autorité d’enseigner Sa vérité et étant protégée de l’erreur doctrinale par le Saint Esprit peut préserver les chrétiens des divisions causées par leurs interprétation défectueuses et garantir l’unité pour laquelle Jésus et Paul ont prié.

avril 23, 2009

La Bible est-elle la seule source infaillible de la vérité de la foi?

Classé dans : Bible, Objections courantes — cathobiblique @ 1:32
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La Bible enseigne que l’enseignement de la foi chrétienne qui fait autorité nous vient de la Bible, de l’Église et du dépôt apostolique (Tradition).
 

 L’Écriture est bien une “norme de vérité” et même une norme éminente, mais pas dans le sens qu’elle exclue l’autorité de la Tradition apostolique et de l’Église. Les catholiques affirment que chaque vraie doctrine se trouve dans la Bible, même si c’est indirectement, et qu’aucune ne peut la contredire. 2 Tim 3,16-17 (“Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice : ainsi l’homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne.”) n’enseigne pas « Sola Scriptura », mais décrit simplement les vertus de la Sainte Écriture.

  Les fondements bibliques de la position catholique sont nombreux. Lorsque Jésus condamne la “tradition“(Mc 7, 7-13), il fait référence aux corruptions qu’il appelle les “traditions des hommes”. L’apôtre Paul lui fait référence de façon positive à la Tradition chrétienne (“gardez les traditions comme je vous les ai transmises.” 1 Co 11, 2) qu’il oppose, tout comme Jésus, avec la mauvaise tradition (“selon une tradition toute humaine…et non selon le ChristCol 2, 8). Il confirme aussi l’autorité de la Tradition orale, en faisant référence à “la parole de Dieu que vous avez entendu de nous” (1 Thess 2,13) et aux “saines paroles que tu as entendues de moi. (2 Tim 1, 13-14)”. Il est clair que l’on doit interpréter Paul en comprenant la totalité de son enseignement.

 La preuve biblique la plus claire de l’autorité infaillible de l’Église est le Concile de Jérusalem (Ac 15, 6-30) et sa décision qui fait autorité:

 Acts 15:29-30:  L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autres charges que celles-ci, qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes.”

 Dans le chapitre suivant, nous apprenons que Paul, Timothée et Silas allèrent de ville en ville et  « ils transmettaient, en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem » (Ac 16, 4). C’est la preuve de charisme d’infaillibilité, sanctionné par le Saint Esprit Lui-même, que l’Église affirme posséder lorsqu’elle est assemblée en concile.  

 Objection:

            L’Église Catholique ne peut toujours pas expliquer pourquoi Jésus et les apôtres faisaient toujours référence aux Saintes Écritures pour prouver leurs doctrines. Ils ne faisaient pas appel à la Tradition, et les juifs de l’Ancien Testament avaient foi « dans la Bible seule » (Sola Scriptura).

 Réponse:

            En Matthieu 23,2-3, Jésus enseigne que les scribes et les pharisiens ont une autorité légitime et contraignante (bien qu’ils soient souvent hypocrites): “Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas.”  L’idée de la « chaire de Moïse” ne se trouve nulle part dans l’Ancien Testament, mais vient de la Mishna (tradition orale mise par écrit), qui enseigne une sorte de « succession enseignante » à partir de Moïse. De même en Mt 2,23, la référence à “il sera appelé Nazaréen” est absente de l’Ancien Testament, et cependant a été transmis oralement “par les prophètes“. En 1 Co 10,4, Paul fait référence au rocher qui “suivait” les juifs dans le désert du Sinaï. Dans les passages qui font référence au miracle survenant lorsque Moïse frappait le rocher et l’eau jaillissait (Ex 17,1-7; Nb 20,2-13), il n’est pas fait référence à un tel mouvement miraculeux. La tradition rabbinique, elle en parle.

Les juifs n’ont jamais accepté la doctrine de la Sola Scriptura. Seuls les sadducéens rejetaient la tradition orale, mais ils rejetaient aussi la résurrection des morts, l’existence de l’âme, la vie après la mort, les récompenses et les rétributions éternelles, l’existence des démons et des anges. La nature de l’autorité dans l’Ancien Testament est illustrée par Ezra, un prêtre et un scribe qui enseignait la Loi juive à Israël. Son enseignement avait force d’autorité, le refuser était condamné par l’emprisonnement, le bannissement, la privation de biens, voire la mort (cf Ezra 7, 6. 10. 25-26).

Par conséquent la révélation biblique s’oppose très clairement à la doctrine centrale du protestantisme, la Sola Scriptura, et enseigne au contraire l’idée de l’autorité de la Tradition.

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