Cathobiblique

juillet 26, 2008

Les indulgences

Classé dans : Indulgences — cathobiblique @ 7:19

Les indulgences

 

Pour mieux saisir la nature et la beauté des indulgences, il nous faut nous pencher un moment sur le mal qu’elles viennent soigner : le péché.

Le péché

Le péché est le plus grand drame de la vie, puisqu’il est séparation de la source de toute vie, bonté et joie, Dieu lui-même. Pêcher, c’est dire « non » à Dieu, à Sa volonté, à Sa loi et à Son amour. C’est rompre l’alliance d’amour qui nous unit à Dieu. C’est de fait comparable à l’infidélité conjugale, comme le montre les Ecritures à de nombreux endroits (par ex. Os 2, 4-15).

Il y a deux types de péchés : le péché actuel et le péché originel. Le péché actuel est quelque chose que nous faisons, le péché originel est quelque chose que nous avons (tel une maladie). Le péché actuel c’est donc tous les péchés que nous commettons, en particulier les actes, les choix que nous faisons et qui sont en opposition avec la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans la loi de Dieu, la loi morale écrite à la fois dans les Dix commandements et dans nos consciences.

Le péché étant réel, le pardon doit l’être tout autant. Or « sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission des péchés » (Hb 9, 22). Or « qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? » (Mc 2, 7). C’est pour cela que le Verbe de Dieu s’est fait homme (cf Jn 1, 14) et est mort sur une croix « pour abolir le péché par son sacrifice » (Hb 9, 26). Donc le pardon des péchés nécessite la croix, ce qui donne la mesure de la gravité du péché, quel qu’il soit.

La peine temporelle dans la Bible

Or si nous regardons dans les Ecritures, il apparaît qu’après la confession des péchés et le pardon reçu de Dieu, il demeure la nécessité de la réparation, qui est aussi appelée satisfaction. La sainteté et la justice de Dieu exige cette réparation en raison de l’offense commise et aussi pour la transformation du pécheur. Un des passages célèbre de l’Ecriture illustre cela. Après le péché d’adultère commis par le Roi David avec Bethsabée, la femme d’Urie, le prophète Nathan vient et confronte David. « David dit à Nathan : ‘J’ai péché contre le Seigneur’. Alors Nathan dit à David : ‘De son côté, le Seigneur pardonne ta faute, tu ne mourras pas. Seulement, parce que tu as outragé le Seigneur en cette affaire, l’enfant qui t’est né mourra’ » (2 S 12, 13-14).

D’autres exemples bibliques inclus l’exclusion du Paradis d’Adam et Eve (Gn 3, 23-24), les 40 ans d’errance dans le désert des Hébreux désobéissants (livre de l’Exode), l’interdiction faite à Moïse d’entrer dans la Terre Promise (Dt 32, 51-52) et la maladie et la mort comme conséquence d’une communion indigne (1 Co 1, 31).

Jésus donne à ses disciples (et par extension aux prêtres) le pouvoir non seulement de « délier » les péchés (pardonner au nom de Dieu) mais aussi de « lier » (imposer des pénitences) : Mt 16, 19 ; 18, 18 ; Jn 20, 23.

La Bible donne d’autres passages qui évoquent ce principe de pénitence : Ex 32, 30-32 ; Nb 14, 19-23 ; 16, 43-48 ; 25, 6-13 ; Rm 8, 13.17 ; 1 Co 11, 27-32 ; 12, 24-26 ; 2 Co 4, 10 ; Phil 3, 10 ; Col 1, 24 ; 2 Tim 4, 6 ; Heb 12, 6-8 ; 1 P 4, 1.13.

Tout péché a une double conséquence qui doit être réparé.

  • Le péché grave ou mortel nous prive de la communion avec Dieu et de ce fait nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s’appelle la « peine éternelle » du péché. En effet l’Ecriture dit : « Le salaire du péché c’est la mort » (Rm 8, 26). C’est ce que Jean appelle la « seconde mort » (Ap 2, 11 ; 20, 14 ; 21, 8), à savoir la mort éternelle.
  •  D’autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l’état qu’on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu’on appelle la « peine temporelle » du péché. Ces deux conséquences découlent de la nature même du péché. Une conversion qui procède d’une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu’aucune peine ne subsisterait.

En recevant le pardon des péchés et en étant restaurés dans la communion avec Dieu, les peines éternelles du péché sont remises. Mais des peines temporelles demeurent. Il s’agit alors, par les œuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et la pénitence, de se dépouiller complètement du « vieil homme » et à revêtir « l’homme nouveau » (Eph 4, 24). Tout cela bien sûr s’opère par la grâce de l’Esprit Saint qui fait que l’homme se tourne vers Dieu et se détourne de son péché, accueillant le pardon et la justice de Dieu.

Et lorsque cette œuvre de purification n’est pas complète au moment de la mort, il est nécessaire qu’elle s’achève après, car sans la sanctification « personne ne verra le Seigneur » (Heb 12,14) et parce que rien d’impur ne pourra entrer au ciel (cf. Ap 21, 27). Cette étape est temporaire, puisqu’à la fin du processus, l’âme entre dans la vision béatifique, dans le face à face avec Dieu, c’est-à-dire le ciel. (Voir “La doctrine du purgatoire est-elle scripturaire?“)

L’Eglise a le pouvoir de remettre les péchés

Or Jésus a donné à l’Eglise catholique le pouvoir de pardonner les péchés : « ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leurs seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus » (Jn 20, 23) ainsi que le pouvoir de lier et de délier : « tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié » (Mt 18, 18). De plus, Jésus a fait de l’Eglise l’intendante des mérites qu’il a gagné pour nous au travers de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. A ce trésor spirituel infini, Dieu ajoute les mérites que les saints ont obtenus en coopérant avec Sa grâce. L’Eglise comme une bonne mère, utilise ce trésor spirituel pour aider ses enfants en effaçant la peine due aux péchés tout en les encourageant à grandir en sainteté.

Si l’Eglise est capable de pardonner les péchés, pourquoi ce pouvoir serait-il limité au pardon de la faute ? Pourquoi n’inclurait-il pas le pouvoir de pardonner la peine temporelle qui est l’autre conséquence immédiate du péché ?

L’Eglise offre donc aux croyants cette très belle grâce de l’indulgence ainsi définie : « L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints » Catéchisme de l’Eglise Catholique #1471 

Expier les péchés dans la Bible

La Bible mentionne plusieurs façon de réparer les péchés : la prière, les bonnes œuvres, les aumônes et le jeûne :

Proverbes 16, 6 : « Par la piété et la fidélité on expie la faute, par la crainte du Seigneur on s’écarte du mal »

Daniel 4, 24 : « C’est pourquoi, ô roi, agrée mon conseil : romps tes péchés par les œuvres de justice, et tes iniquités en faisant miséricorde aux pauvres, afin d’avoir longue sécurité »

Tobie 12, 8-9 : « Mieux vaut la prière avec le jeûne, et l’aumône avec la justice, que la richesse avec l’iniquité. L’aumône sauve de la mort et elle purifie de tout péché. Ceux qui font l’aumône sont rassasiés de jours »

Matthieu 6, 1-18 : « Quand tu fais l’aumône…quand tu pries…quand tu jeûne…(fais le) dans le secret, et ton Père, qui voit dans le secret te le rendra »

Actes 10, 4 : « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu et il s’est souvenu de toi »

Ainsi l’Eglise invite, pour l’obtention d’une indulgence :

  • 1) à la prière
  • 2) aux actes de charité (à savoir les sept actes de charité corporels: nourrir les affamés, donner à boire aux assoiffés, vêtir ceux qui sont nus, abriter les sans logis, visiter les malades, visiter les prisonniers et enterrer les morts; ainsi que les sept actes de charité spirituels: conseiller ceux qui doutent, instruire les ignorants, réprimander les pêcheurs, conforter les affligés, pardonner les offenses, supporter les injustices avec patience et prier pour les vivants et les morts)
  • 3) au jeûne sous toutes ses formes.

Pour plus amples détails sur la pratique des indulgences, voir ici et ici.

juillet 24, 2008

N’est-il pas impossible pour le corps et le sang de Jésus d’être en deux endroits en même temps ?

Classé dans : Objections courantes — cathobiblique @ 6:24

Comment Jésus pourrait-il donner Son corps et Son sang à ses disciples tout en étant dans la même pièce ? N’est-il pas impossible pour le corps et le sang de Jésus d’être en deux endroits en même temps ?

 

Cela est mystérieux, oui, mais pas impossible. Jésus était présent à la Dernière Cène de deux façons : 1) de façon naturelle à la table avec ses disciples et 2) de façon sacramentelle sous les apparences du pain et du vin. Ce n’est pas parce que nous ne pouvons pas comprendre comment Dieu fait quelque chose que nous devons douter qu‘Il le fasse. Beaucoup de points de la foi chrétienne sont au-delà de notre compréhension. : Comment peut-il y avoir trois Personnes distinctes en un seul Dieu ? Comment Jésus peut-il être à la fois totalement Dieu et totalement homme ? Comment Dieu peut-il créer toute chose à partir de rien ? Comment Dieu peut-il être présent partout dans l’univers au même moment ? Cependant tous les chrétiens acceptent les mystères de la Trinité, de l’Incarnation, de la Création et de l’omniprésence de Dieu. Voilà ce qu’est un mystère : une vérité révélée qui ne peut être complètement comprise. Si nous pouvons accepter le mystère bouleversant de la divinité du Christ, nous ne devrions pas avoir de problèmes à accepter ses enseignements, quand bien même ceux-ci semblent difficiles.

Bien sur, rien n’est impossible à Dieu (Lc 1, 37). Mais Jésus nous a préparé à accepter l’idée de quelque chose présent en plusieurs endroits de façon simultanée. Rappelons-nous le miracle des pains et des poissons (Jn 6, 1-13), où un nombre limité de nourriture a pu nourrir des milliers de personnes en même temps. Si Jésus peut multiplier la présence d’un pain naturel, nous ne devrions pas avoir de doute qu’il peut multiplier la présence de Son corps.

Si les Apôtres ont mangé la chair et le sang de Jésus de façon réelle, n’est-ce pas du cannibalisme ?

Classé dans : Objections courantes — cathobiblique @ 6:04

Si les Apôtres ont mangé la chair et le sang de Jésus de façon réelle, n’est-ce pas du cannibalisme ? De plus, n’est-ce pas une violation de l’interdiction biblique de boire du sang ?

 

Non. Cela a été précisément ce malentendu qui a conduit les juifs et beaucoup de disciples en Jean 6 a rejeter Jésus lorsqu’il dit qu’ils devaient manger Sa chair et Son sang. Ils pensaient que Jésus leur demandait de manger son corps de façon sanglante, comme des cannibales. Cependant, les disciples qui restèrent fidèles furent récompensés pour leur foi lors de la Dernière Cène. Jésus leur révéla alors qu’ils recevraient Son corps et Son sang réellement mais de façon sacramentelle (présent d’une façon cachée).

Dans le sacrement de l’Eucharistie, le corps et le sang de Jésus sont réellement présents, mais pas avec leurs propriétés physiques normales. Le corps de Jésus ne s’étend pas dans l’espace, sa condition normale est cachée sous les apparences du pain et du vin. Lorsque les apôtres ont mangé réellement le corps et le sang de Jésus, ce n’était pas du cannibalisme, parce que Jésus n’était pas consommé dans sa condition normale. Ils n’ont pas mangé des morceaux du bras du Christ, par exemple ou avalé des décilitres de son sang. Au contraire, ils ont reçu Jésus totalement et entièrement, son corps, son sang, son âme et sa divinité, sous les apparences du pain et du vin. Cette réception de Jésus est réelle, mais la présence sacramentelle dans l’Eucharistie n’a rien a voir avec le cannibalisme ou avec le fait de boire du sang.

Jésus ne parle-t-il pas de façon imagée lorsqu’il dit : « Ceci est mon corps ; ceci est mon sang » ?

Classé dans : Objections courantes — cathobiblique @ 5:43

Jésus dit de lui-même qu’il est une « vigne » (Jn 15, 1) et une « porte » (Jn 10, 9). Mais il ne peut être littéralement une vigne ou une porte. Ne peut-on pas supposer que Jésus parle aussi de façon imagée lorsqu’il dit : « Ceci est mon corps ; ceci est mon sang » ?

 

Non. Lorsque Jésus dit de lui-même qu’il est une vigne ou une porte, le contexte montre clairement qu’il parle de façon imagée. Jn 10, 6 dit de façon claire que l’illustration de la porte est  « une parabole ». De plus, ces analogies sont très explicite : Jésus est comme une vigne qui donne la vie spirituelle à tous les chrétiens, qui sont les branches. Jésus est comme une porte au travers de laquelle tous les hommes peuvent entrer pour recevoir le salut. Il y a une comparaison évidente entre Jésus et la vigne ou la porte. Mais que pourrait vouloir dire Jésus en brandissant un morceau de pain et disant : « ceci est comme mon corps » ? Nous pouvons voir comment Jésus est comme une vigne ou une porte, mais comment son corps peut-il être comme du pain, ou bien son sang comme du vin ? Il n’y a pas de comparaison évidente entre son Corps et du pain ou entre son Sang et du vin.

Au contraire, tout le contexte suggère que lors de la Dernière Cène, Jésus parle littéralement : ses affirmations répétées en Jean 6 que Sa chair et Son sang sont une vraie nourriture et une vraie boisson ; la solennité du moment ; le discours explicite et la manque total de comparaison entre le pain et le vin d’une part et le corps et le sang de Jésus d’autre part. Plus encore, Jésus affirme l’identité du corps et du sang donnés à la Dernière Cène avec le corps et le sang livrés au Calvaire.

Enfin, il y a une différence grammaticale. « Je suis la vigne » ne peut être vrai de façon littérale, car un homme ne peut être une plante. C’est une contradiction de dire que deux choses matérielles peuvent être littéralement la même chose. A la Dernière Cène, Jésus n’a pas dit : « Le pain est mon corps » (ce qui serait une contradiction). Au lieu de cela, il a dit : « Ceci est mon corps ». Ce « ceci » n’est spécifié que lorsqu’il est identifié avec le corps du Christ. Il n’y a donc aucune contradiction dans le fait de comprendre l’affirmation de Jésus d’une façon littérale, ce qui n’est pas possible dans le cas de la vigne ou de la porte.

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