Cathobiblique

mars 25, 2008

L’Eucharistie promise en Jean 6

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 L’Eucharistie accomplie dans le Nouveau Testament

L’Eucharistie promise en Jean 6

L’expression la plus claire de la doctrine de la Présence Réelle se trouve au sixième chapitre de l’Evangile selon St Jean. Il est extrêmement important de se rappeler que jean 6 a deux thèmes majeurs, profondément liés :

  • L’enseignement de Jésus sur l’Eucharistie
  • La discussion de Jésus à propos de la foi – la foi unique nécessaire pour accepter son difficile enseignement à propos de l’Eucharistie.

En lisant Jean 6, nous voyons combien de disciples manquaient de la foi nécessaire pour croire à la Présence Réelle. Lorsqu’il marchait sur la terre, il fallait une grande foi pour croire que Jésus était Dieu, car Son humanité voilait Sa divinité. Cependant, croire que Jésus est présent dans l’Eucharistie nécessite une foi encore plus grande, parce que l’Eucharistie voile à la fois Sa divinité et Son humanité. C’est pourquoi Jésus insiste si fortement sur le thème de la foi tout en révélant Son enseignement sur l’Eucharistie.

Dans le discours eucharistique (Jn 6, 35-69), Jésus enseigne clairement que nous devons consommer Sa chair et Son sang comme nourriture :

« Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (v 51) « Alors Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.» (v 53) « Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. » (v 55).

Ce n’est pas par hasard qu’immédiatement avant le discours eucharistique, Jésus opère deux de Ses plus fameux miracles, tous deux soulignant l’importance de la foi :

  • La multiplication des pains et le fait de nourrir 5000 personnes, par lequel il met la foi de Philippe à l’épreuve (Jn 6, 6)
  • La tempête apaisée, lorsque Jésus réprimande Pierre pour son manque de foi (Mt 14, 31)

Il y a au moins cinq raisons pour lesquelles nous savons que Jésus parlait littéralement et non pas symboliquement à propos de Sa chair et de Son sang.

  • 1) Le discours se place juste après la multiplication des pains qui préfigure le don inépuisable de la propre chair et du sang de Jésus, qui pourront être reçus par des millions sans être divisés ou diminués. Jésus déclare que ce miracle opéré avec du pain ordinaire n’est rien comparé au miracle qu’Il accomplira en nous donnant le pain extraordinaire de Sa propre chair.
  • 2) Jésus affirme la supériorité de Son pain sur la manne donnée aux Hébreux:«Je suis le pain de vie. Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas.» (Jn 6, 48-50). Le miracle de la manne était extraordinaire. Chaque jour, plusieurs millions d’Hébreux recevaient un gomor (un volume d’environ 2 litres ) de manne par personne (Ex 16, 16). Cela correspond à plusieurs centaines de tonnes de manne tombant du ciel (sauf pour Shabbat) et ceci pendant 40 ans! Jésus dit qu’il va opérer un miracle encore plus grand. Mais un pain ordinaire, servi comme un symbole du Christ serait inférieur à la manne surnaturelle, venue du ciel. Le pain que Jésus nous donne doit être plus réel et encore plus miraculeux que la manne elle-même.
  • 3) Tout ceux qui ont entendu Jésus ont compris qu’Il parlait littéralement de Son corps et de Son sang. Les auditeurs incrédules s’exclament:«Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?» (Jn 6, 52). Et les disciples tout aussi incrédules de dire:« Elle est dure, cette parole ! Qui peut l’écouter ? » (Jn 6, 60). Beaucoup des disciples de Jésus ont vécu avec lui pendant près de deux ans et parlent la même langue. Ils l’ont entendu parlé symboliquement, utilisant des paraboles,; des allégorie et des analogies (en appelant par exemple Hérode un «renard» Lc 13, 32). Ils l’ont aussi entendu parler littéralement. Et ici, personne ne demande à Jésus de s’expliquer, car ils ont parfaitement compris ce que Jésus disait.
  • 4) Au lieu de dire à ses auditeurs qu’ils se méprennent sur le sens de ses paroles, au lieu de leur dire qu’il ne parle que symboliquement, Jésus répète son enseignement de la façon la plus littérale possible, six fois en six versets (Jn 6, 53-58)! « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.» (Jn 6, 53). «Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.» (Jn 6, 55). Ce n’est pas un langage symbolique!
  • 5) Beaucoup de disciples de Jésus n’accepte pas le réalisme de Son enseignement et Le quitte (Jn 6, 66). Remarquons que Jésus ne les retient pas en expliquant qu’il parlait en figure, comme Il le fit précédemment lorsqu’ils ont , par erreur, cru qu’Il parlait littéralement. Par ex en Jn 4, 31-34, Jésus dit:«J’ai à manger un aliment que vous ne connaissez pas». Ses disciples comprennent cette phrase littéralement, donc Jésus explique:«Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin». En Mt 16, 5-12, Jésus dit:«Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens !». Une fois de plus les disciples pensent que Jésus parle littéralement. Jésus les corrige et leur explique qu’il ne parle pas d’un pain réel: «Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.».

Si Jésus ne rappelle pas les disciples, c’est parce qu’ils ont compris exactement ce qu’il disait et ils ne peuvent l’accepter. Même les douze apôtres sont secoués. Mais Jésus ne fait aucun compromis. Au contraire, Il met à l’épreuve ceux qu’Il a Lui-même choisi : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jn 6, 67). Pierre fait cette réponse de foi : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. » (Jn 6, 69). Nous avons deux choix : nous pouvons soit douter comme les juifs et les disciples incrédules, soit croire comme Pierre que Jésus va accomplir sa promesse. Il est à noter que Judas rejette apparemment cet enseignement (v 70-71).

En lisant attentivement, nous pouvons voir pourquoi Jésus insiste tant sur le thème de la foi (particulièrement aux versets 61 à 65). La foule et les disciples rejettent l’enseignement de Jésus en raison de leur manque de foi.

Nous catholiques devrions apprécier et chérir ce don spécial de la foi qui nous permet de croire en la Présence Réelle. Nous devrions prier pour nos frères chrétiens qui ne peuvent accepter ce mystère glorieux, qui est bien au-delà de notre compréhension.

Objections:

Jésus ne parle-t-Il pas de façon symbolique lorsqu’Il dit que nous devons manger Sa chair et boire Son sang ?

Lorsque Jésus dit de lui qu’il est le « Pain de vie » (Jn 6, 35), ne dit-il pas que si nous croyons en Lui, Il nous nourrira spirituellement?

En Jean 6, 60-70, Jésus n’explique-t-il pas qu’il parlait seulement symboliquement dans les versets précédents ?

 

mars 18, 2008

L’Eucharistie préfigurée dans l’Ancien Testament

Classé dans : Eucharistie — cathobiblique @ 1:49
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 L’Eucharistie préfigurée dans l’Ancien Testament

L’Ancien Testament contient beaucoup de signes et de symboles de l’Eucharistie qui sont accomplis dans le Nouveau Testament.

•1)      Melchizédek

Le pain et le vin offert par le prêtre-roi Melchisédech (Gn 14, 18) préfigure le pain et le vin offert par le prêtre et le roi éternel Jésus le Jeudi Saint. Notons que Heb 6, 20 identifie Jésus comme « grand prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech »

•2)      L’Agneau pascal

La victime qui était offerte pour sauver les vies des premiers nés d’Israël était aussi la victime mangée en nourriture par les Israélites, sur le point de commencer leur voyage vers la Terre Promise (Ex 1, 1-20). C’est une préfiguration de l’Eucharistie où la même victime, Jésus, qui s’est offerte pour nous péchés afin de nous sauver de la mort spirituelle est consommée dans l’Eucharistie pour nous fournir la nourriture spirituelle dans notre voyage vers notre terre promise du ciel.

•3)      La manne

C’est l’un des symboles les plus clairs de l’Eucharistie dans l’Ancien Testament et est utilisé par Jésus pour se l’appliquer à lui-même  (Jn 6, 32-51). La manne venue du ciel a soutenu les Israélites pendant leur séjour au désert, mais a cessé de tomber lorsqu’ils sont entrés dans la Terre Promise (Ex 16, 35). De la même façon, l’Eucharistie nous nourrit spirituellement dans notre pèlerinage terrestre, mais cessera (comme les autres sacrements) lorsque nous entrerons dans la terre promise du ciel.

•4)      L’Arche d’Alliance

L’objet le plus sacré de l’Ancien Testament préfigure les tabernacles des églises catholiques parce qu’il contenait trois objets, tous trois préfigurant l’Eucharistie :

  • a) La parole écrite de Dieu sur des tables de pierre (Ex 25, 16) qui préfigure la Parole vivante contenue dans l’Eucharistie
  • b) Un vase rempli de manne (Ex 16, 34). Ce pain ordinaire venu du ciel préfigure l’Eucharistie où Jésus, «le pain vivant descendu du ciel» (Jn 6, 51), vient à nous sous les apparences du pain.
  • c) Le rameau d’Aaron (Nb 17, 25) qui avait fleuri et porté du fruit comme signe de la vraie prêtrise dans la Première Alliance. Le sacerdoce d’Aaron préfigure le sacerdoce de Jésus dans la Nouvelle Alliance. Le rameau d’Aaron, le signe du sacerdoce, préfigure l’instrument du sacerdoce de Jésus, Son propre corps. En assumant une nature humaine, Jésus a pu offrir Son corps et Son sang comme un sacrifice parfait pour nos péchés. Tout comme la rameau d’Aaron a miraculeusement donné des amandes, ainsi le corps de Jésus a miraculeusement donné les sacrement du baptême et de l’Eucharistie, signifiés par le sang et l’eau qui ont coulé de Son côté ouvert(Jn 19, 34).

mars 12, 2008

Les types de Marie dans l’Ancien Testament

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 2:51

 Les types de Marie dans l’Ancien Testament

Dans cet article, nous allons poser les bases pour pouvoir recevoir ce que la Bible nous dit de Marie. Nous allons voir un premier lieu ce qu’est la typologie, puis voir en détail trois types de Marie dans l’Ancien TEstament

La typologie CCC § 128-130

L’Ancien Testament (AT) prépare le Nouveau Testament (NT). Les protagonistes et les évènements de l’AT, préfigurent, anticipent et symbolisent les protagonistes et les évènements du NT. Comme le dit St Augustin : « Le Nouveau se cache dans l’Ancien et dans le Nouveau l’Ancien se dévoile ». Les protagonistes et les évènements de l’AT sont appelés les « types » des protagonistes et des évènements du NT.

Le terme « type » désigne littéralement « une pièce, généralement en métal, portant une empreinte, servant à reproduire des empreintes identiques ». Par extension il désigne un symbole, ici une préfiguration prophétique d’une personne ou d’un évènement du NT.

Pour comprendre l’AT, nous devons le lire pas simplement en utilisant le sens littéral, mais aussi le sens typologique.

Il est de même pour le NT. Par exemple :

  • En Mt 12, 40, Jésus enseigne que les trois jours que Jonas a passé dans le ventre de la baleine préfigurent les trois jours de Jésus au tombeau
  • En Jn 3, 14, Jésus dit que le serpent d’airain de Nb 21, 9 symbolise sa crucifixion
  • En 1 P 3, 19-21, St Pierre montre que le déluge qui s’est produit à l’époque de Noé préfigurait le baptême chrétien
  • En 1 Co 10, 4, St Paul appelle le rocher qui suivaient les Hébreux dans le désert « Christ ». Il ne dit pas que le rocher était comme le Christ ; St Paul dit que le rocher était le Christ. Il utilise ce langage pour insister sur le fait que la relation entre un type de l’AT et son accomplissement dans le NT est plus qu’une similarité.
  • En Rm 5, 14, St Paul appelle Adam de façon spécifique un « type » du Christ.

Ces exemples montrent comment le NT enseigne que dans les personnes et les évènements de l’AT, nous devons voir des doctrines qui seront plus explicites dans l’Evangile. Ainsi, pour être fidèle au NT, nous devons chercher à apprécier la riche typologie trouvée dans l’AT.

Il y a trois types principaux de Marie dans l’AT : Eve, l’Arche d’Alliance et la Reine Mère. Ces trois types sont à la base de toutes les doctrines relatives à Marie.

Marie est la Nouvelle Eve.

Marie est la Nouvelle Arche d’Alliance

Marie est la Reine Mère du Nouveau Testament

mars 7, 2008

Marie est la Nouvelle Eve.

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 4:49

 Marie est la Nouvelle Eve.

Les Pères de l’Eglise, dans leur méditation de la Bible, utilisent beaucoup la typologie. Ils découvrirent que les individus impliqués dans la chute originelle avaient leur pendant dans le NT. Le démon, un ange déchu, apporta des paroles de mort à Eve ; l’ange Gabriel apporta des paroles de vie à Marie.

Eve, notre mère dans la chair, désobéit à Dieu et collabora grandement au péché d’Adam, ce qui provoqua la chute de la race humaine.

Marie obéit à Dieu et contribua grandement à la mission rédemptrice du Christ. Elle fut sa mère et son parfait disciple.

Les Pères firent un lien évident : tout comme le Christ est le nouvel Adam (1 Co 15, 45), Marie est la nouvelle Eve. Après qu’Adam et Eve péchèrent, Gn 3, 15 prophétise une femme et sa descendance qui seront en totale hostilité avec le serpent (Satan) et sa descendance :

« Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. ». Le fils (« il ») écrasera la tête du serpent. Puisque l’homme qui écrase la tête du serpent est Jésus, sa mère (« la femme ») est donc Marie.

Ainsi, Gn 3, 15-17 décrit deux famille : celle de la chute -Adam et Eve- et celle de la rédemption -Jésus et Marie, le nouvel Adam et la nouvelle Eve. Bien que la race humaine tomba dans le péché à travers la faute d’Adam, le rôle d’Eve fut crucial. Jésus a accomplit la rédemption du monde, et le rôle de Marie est là aussi crucial. Nous allons voir que l’Ecriture montre continuellement Jésus et Marie ensemble lors des évènements pivots de notre salut.

Jésus et Marie écrasent ensemble la tête du serpent.

Notons comment l’AT décrit des femmes (types de Marie) qui écrasent les ennemis d’Israël (types de Satan). En Juges 4, 17-22, Yaël plante un piquet dans le crâne du général cananéen Sisera. Juges 5, 24 la célèbre : « Bénie entre toutes les femmes soit Yaël »

Juges 9, 50-55 décrit une femme qui lance une meule de moulin sur la tête du tyran, le roi Abimélek.

Une autre femme, Judith, délivre le peuple juif de l’assaut de l’armée assyrienne en tuant pendant son sommeil son commandant en chef, Holopherne, avec sa propre épée (Judith 12-13). L’héroïsme de Judith est célébré par ces mots : « Tu es bénie par le Dieu Très Haut plus que toute les femmes du monde, et béni soit le Seigneur Dieu (…) qui t’a conduite pour trancher la tête du chef de nos ennemis » (Judith 13, 18).

Les louanges de Yaël et de Judith anticipent celles d’Elisabeth envers Marie en Luc 1, 42 : « Bénie es-tu entre toutes les femmes ». Elisabeth fait le lien ensuite avec Jésus en ajoutant immédiatement « et béni le fruit de ton sein ».

Des hommes justes écrasèrent aussi des têtes dans l’AT. David (un type de Jésus, qui est le fils de David) a vaincu Goliath le champion philistin et lui a tranché la tête avec sa propre épée (1 S 17, 41-58).

Dans le NT, des types de Marie et de Jésus (la femme et sa descendance) écrasent la tête de types de Satan.

Jésus écrase la tête de Satan de façon définitive sur la croix. De manière significative, les quatre évangélistes mentionnent le fait que Calvaire signifie « le lieu du crâne ». Satan voulait frapper mortellement Jésus sur la croix, mais ne lui a en fait qu’infligé qu’une blessure mineure (« tu l’atteindras au talon »). Satan reçu une blessure mortelle (« il écrasera ta tête ») lorsque Jésus détruisit le pouvoir du péché et de la mort.

Qui était au côté du Christ au Calvaire ? Marie. Et comment Jésus l’appelle-t-elle ? « Femme ». Marie est la Nouvelle Eve. Elle est la « femme » de Gn 3, 15, la « femme » de Jn 2 dont l’intercession à Cana fit débuter le ministère public de Jésus, la « femme » de Jn 19 au pied de la Croix et la « femme » d’Ap 12 qui, avec son fils Jésus, combat Satan jusqu’à la fin.

De la Genèse à l’Apocalypse, la Bible décrit Jésus et Marie (le Nouvel Adam et la Nouvelle Eve) écrasant ensemble la tête du serpent.

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