Cathobiblique

février 28, 2008

Marie est la Nouvelle Arche d’Alliance

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 Marie est la Nouvelle Arche d’Alliance

L’Arche d’Alliance

L’arche d’Alliance était l’objet le plus sacré pour le peuple d’Israël. A l’intérieur avait été placé les tables de la Loi (Ex 25, 16), c’est-à-dire l’alliance que Dieu a établi avec son peuple. L’arche contenait aussi un peu de manne donnée par Dieu pour nourrir les Hébreux dans le désert (Ex 16, 14-16) ainsi que le bâton du prêtre Aaron. L’arche, surmontée de deux chérubins, était le trône visible du Dieu invisible. Elle était portée à l’avant du peuple partout, signifiant la présence de Dieu avec eux (par ex en Nb 10, 33).

Lorsque David conquit Jérusalem, il en fit sa capitale puis « David se leva et alla avec tout le peuple qui l’accompagnait à Baala de Juda, afin de faire monter de là l’arche de Dieu, qui porte le nom de Yahvé Sabaot, siégeant sur les chérubins.» (2 S 6, 2) L’arche fut placé sur un nouveau chariot (contrairement aux instructions données pour le transport de l’Arche en Ex 25, 13-15 et 1 Ch 15-15). Mais le chariot était instable et un des hommes chargé du transport étendit la main sur l’Arche pour la retenir (autre violation de la Loi, cf Nb 4, 15) et mourut sur le champ.

David fut alors dans un grand désarroi et dit : « Comment l’Arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? » (1 S 6, 9).

Et  « L’arche de Yahvé demeura trois mois chez Obed-Édom de Gat, et Yahvé bénit Obed-Édom et toute sa famille.» (2 S 6, 11). Finalement David ramena l’Arche à Jérusalem, conformément aux prescription de la Loi, dans la fête et la réjouissance. David lui-même « dansa et sauta » de joie devant l’Arche (2 S 6, 14-16).

Plus tard 2 M 2, 4-8 nous dit que Jérémie cacha l’Arche d’Alliance au Mont Nébo : « Il y avait dans cet écrit qu’averti par un oracle, le prophète se fit accompagner par la tente et l’arche, lorsqu’il se rendit à la montagne où Moïse, étant monté, contempla l’héritage de Dieu. Arrivé là, Jérémie trouva une habitation en forme de grotte et il y introduisit la tente, l’arche, l’autel des parfums, puis il en obstrua l’entrée.  Quelques-uns de ses compagnons, étant venus ensuite pour marquer le chemin par des signes, ne purent le retrouver. Ce qu’apprenant, Jérémie leur fit des reproches : «Ce lieu sera inconnu, dit-il, jusqu’à ce que Dieu ait opéré le rassemblement de son peuple et lui ait fait miséricorde. Alors le Seigneur manifestera de nouveau ces objets, la gloire du Seigneur apparaîtra ainsi que la Nuée, comme elle se montra au temps de Moïse et quand Salomon pria pour que le saint lieu [c'est-à-dire le Temple] fût glorieusement consacré

Ainsi l’Arche ne réapparaîtra que lorsque Dieu montrera sa miséricorde et rassemblera son peuple à nouveau. Mais quand cela se produira ?

La visitation

Luc, dans son récit de la Visitation (Lc 1, 39-56) établit un parallèle frappant avec le texte de 2 Samuel 6 que nous venons de lire. Dans ce dernier « David se leva et alla » à Baala, une ville de Juda (2 S 6, 2), ici « En ces jours-là, Marie se leva et alla en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. » (Lc 1, 39-40).

David « sauta et dansa » devant l’Arche (2 S 6, 14-16). De même en Lc 1, 41 « Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant sauta dans son sein ». Elisabeth, après avoir été remplie du Saint Esprit s’écrit : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (Lc 1, 43), question qui reflète celle de David : « Comment l’Arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? » (2 S 6, 9).

Enfin, après que Marie chante une hymne de louange au Seigneur (communément appelé le Magnificat Lc 1, 46-55), elle « demeura avec elle environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. » (Lc 1,56) De même « l’arche de Yahvé demeura trois mois chez Obed-Édom de Gat, et Yahvé bénit Obed-Édom et toute sa famille. » (2 S 6, 11)

Pour parachever le tout, Luc utilise une expression très intéressante en Lc 1, 42. Il nous dit qu’Elisabeth « cria d’une voix forte » pour exprimer sa joie à l’arrivée de Marie. Or ce verbe ἀναφωνέω n’est pas utilisé ailleurs dans le Nouveau Testament. Mais il employé cinq fois dans la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament ) et à chaque fois en lien avec l’Arche d’Alliance, pour décrire l’exclamation de joie du peuple pour célébrer la présence de Dieu au milieu d’eux.

Elisabeth élève sa voix pour louer Dieu en présence de Marie, tout comme ses ancêtres (Elisabeth est lévite et descendante d’Aaron cf Lc 1, 5) le firent en présence de l’Arche d’Alliance.

Marie est donc l’Arche de la Nouvelle Alliance. Dans l’Ancien Testament, l’Arche d’Alliance contenait les tables de l’Alliance de Dieu, la parole de Dieu dans la pierre. Dans le Nouveau Testament, Marie porte la Parole de Dieu dans la chair, Jésus Christ qui va amener la Nouvelle Alliance que Jérémie entrevit il y a bien longtemps (Jer 31, 27-34).

L’Arche au ciel.

Alors que Luc utilise des expressions similaires et des images pour suggérer que Marie est la Nouvelle Arche, Jean nous dit avoir vue en vision l’Arche d’Alliance disparue depuis l’époque de Jérémie : « Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel et son arche d’alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru… Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » (Ap 11, 19-12, 2). On retrouve ici la description donnée par Jérémie en 2 M 2, 7-8, lorsqu’il parle de la Gloire de Dieu qui apparaît comme au temps de Moïse (Ex 19, 16.18). Or, en décrivant sa vision de l’Arche qui réapparaît après des centaines d’années, Jean nous dit qu’il voit une femme enveloppée de soleil !

La division en chapitres qui apparaît dans nos bibles date de 1227 lorsque Stephen Langton, professeur à l’Université de Paris divisa la Bible en chapitre (la division en verset a été entreprise en 1539 par Robert Estienne). Jean, dans sa rédaction, a écrit tout d’un trait.

Et qui est cette femme ?

« elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » Ap 12, 2

« Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un bâton de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône» Ap 12, 5

Celui qui doit mener les nations avec un bâton de fer (un bâton de berger) c’est l’Oint du Seigneur, le Messie ou Christ (voir Ps 2). Cette femme que Jean voit lorsqu’il contemple l’Arche d’Alliance, c’est la Mère du Christ.

Qu’est-ce qui fait que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance ?

L’Arche d’Alliance était le signe de la présence de Dieu parmi son peuple. En Jésus, né de Marie, Dieu était réellement présent au milieu de son peuple, d’une manière encore plus directe.

L’Arche contenait la Parole de Dieu écrit dans la pierre. Marie porta la Parole de Dieu dans la chair.

L’Arche contenait le pain du ciel, une préfiguration de l’Eucharistie (1 Co 10, 1-4). Marie porta le Pain de Vie, Jésus Christ (Jn 6, 48-50).

L’Arche contenait le bâton d’Aaron, symbole de son sacerdoce. Marie porta Jésus Christ notre Grand Prêtre (Heb 3, 1).

Si l’Arche d’Alliance était sainte,  Marie l’est encore plus. Comme Mère de Dieu, elle est l’Arche de la Nouvelle Alliance, portant Jésus Christ, la Parole de Dieu, le Pain de Vie et notre Grand Prêtre. C’est le témoignage des auteurs du Nouveau Testament.

février 20, 2008

Marie est la Reine Mère du Nouveau Testament

Classé dans : Marie — cathobiblique @ 1:44
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 Marie est la Reine Mère du Nouveau Testament

Les rois de l’Ancien Testament préfigurent Jésus Christ le Roi des rois (Ap 19, 16). Jésus, dans son humanité, descend du Roi David. Par conséquent, les rois de Juda, qui sont de la lignée de David, préfigurent de manière particulière la royauté de Jésus. Lc 1, 32 déclare : « Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père »

Il est intéressant de noter que la femme du roi de Juda n’est pas la reine. En effet, comme dans les pays environnants, la polygamie est de mise dans le royaume davidique. Par exemple le roi Salomon, fils du roi David, « eut sept cents épouses de rang princier et trois cents concubines. » (1 R  11, 3). Pour garantir l’unité du royaume et sauvegarder la dynastie, la reine était la mère du roi. Elle était connue comme la « Reine Mère » et jouissait d’un grand honneur et d’une grande autorité dans le royaume. En 1 R 2, 19-20, nous lisons : « Bethsabée se rendit donc chez le roi Salomon pour lui parler d’Adonias, et le roi se leva à sa rencontre et se prosterna devant elle, puis il s’assit sur son trône, on mit un siège pour la mère du roi et elle s’assit à sa droite. Elle dit : « Je n’ai qu’une petite demande à te faire, ne me rebute pas. » Le roi lui répondit : « Demande, ô ma mère, car je ne te rebuterai pas. »

En honorant sa mère et en lui donnant un trône à sa droite, Salomon établit une institution qui dura aussi longtemps que le royaume de Juda, quasiment 400 ans. La Reine Mère avait le rôle de confidente et de conseillère du roi. Elle avait une position officielle et devait être déposée afin d’être révoquée (1 R 15, 13). Ainsi le royaume davidique ne peut se concevoir sans la Reine Mère siégeant à la droite du Roi.

Le Saint Esprit, en inspirant le Royaume de Juda de se doter de l’office de reine mère, préparait le chemin pour Marie. Jésus, le roi davidique du Nouveau Testament, n’a pas de femme. Sa mère sera donc la Reine du Nouveau Testament. Tout comme Salomon promet à sa mère Bethsabée qu’il ne refusera aucune de ses requêtes (1 R 2, 19-20), ainsi le Roi des rois ne refuse pas d’accéder à la requête de sa Reine Mère aux noces de Cana (Jn 2). Nulle raison qu’aujourd’hui encore Jésus n’accède pas aux prières de sa Mère pour nous.

La royauté de Marie, c’est exactement ce que Apocalypse 11 et 12 décrit : une femme (Marie) donne naissance à un fils (Jésus) « qui mènera toutes les nations avec un sceptre de fer » (Ap 12, 5). Jésus est le nouveau Salomon. Tout comme Salomon règna sur d’autres rois (2 Ch 9, 23-26), Jésus est le « Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » (Ap 19, 16).

Tout comme Salomon, le fils de David qui bâtit un Temple pour abriter l’Arche d’Alliance (le Temple a été détruit et l’Arche perdue en 587 av JC), Jésus, fils de David, bâtit un Temple éternel, abritant une nouvelle Arche d’Alliance au ciel (Ap 11, 19). Et comme le Roi Salomon fit asseoir sa mère sur un trône royal à sa droite, Jésus couronne Marie comme sa Reine Mère : « une femme vêtue de soleil, avec la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (Ap 12, 1).

Tout roi de la maison de David jouit de la présence à ses côtés d’une reine mère. C’est précisément ce qu’est Marie : la Reine Mère du Roi Messianique.

février 8, 2008

Pourquoi les catholiques appellent leurs prêtres « père »?

Classé dans : Objections courantes — cathobiblique @ 1:42
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 Pourquoi les catholiques appellent leurs prêtres « père », alors que Jésus nous ordonne en Mt 23, 9 de n’appeler « personne votre père sur la terre » ?

En Mt 23, 1-12, lorsque Jésus nous dit de n’appeler aucun homme « père » ou « maître », il utilise un langage figuratif pour souligner le fait que toute autorité légitime et toute vérité viennent ultimement de Dieu. Nous ne devons pas prendre ce passage de façon littérale. Autrement, Jésus se contredirait en répétant le 4ème commandement « honore ton père et ta mère » (Lc 19, 19) et en faisant référence à « père Abraham » (Lc 16, 24).

Partout dans la Bible, des hommes sont appelés pères et maîtres. Tous les chrétiens appellent des êtres humains pères et maîtres. St Etienne et St Paul appellent les juifs en autorité « pères » (Ac 7, 2 et 22, 1). St Paul appelle les Corinthiens « mes enfants bien aimés (…) car je suis votre père dans le Christ Jésus au travers de l’Evangile » (1 Co 4, 14-15 ; voir aussi 1 Thess 2, 11, 1 Tim 1, 2 et Tite 1, 4).

St Paul est devenu leur père spirituel parce qu’il a coopéré avec Dieu pour leur donner la vie spirituellement, tout comme les pères biologiques coopèrent avec Dieu pour donner la vie physique.

Les catholiques appellent leurs prêtres « père » parce que, comme St Paul, les prêtres collaborent avec Dieu pour donner la vie spirituelle aux fidèles par la prédication de l’Evangile et l’administration des sacrements.

février 4, 2008

Prier pour les morts, est-ce scripturaire ?

Classé dans : Objections courantes, Purgatoire — cathobiblique @ 7:48

 Prier pour les morts, est-ce scripturaire ?

L’Ecriture nous indique que les morts sont bien vivants :

Mt 17, 1-3 : « Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l’écart, sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. »

Mc 12, 26-27 : « Quant au fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le Livre de Moïse, au passage du Buisson, comment Dieu lui a dit : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? Il n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants. Vous êtes grandement dans l’erreur ! »

Lc 15, 7 : « C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir. »

Lc 16, 19-20.22-24 : «  Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère. Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères. Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit. « Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein. Alors il s’écria : «Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. » 

Nous avons vu ailleurs les conséquences du péché et la nécessaire purification pour en être délivré. En 2 Co 7, 1, Paul nous dit: “purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, achevant de nous sanctifier dans la crainte de Dieu. ». L’auteur de la lettre aux Hébreux nous exhorte à considérer nos épreuves comme venant du Père céleste « c’est pour notre bien, afin de nous faire participer à sa sainteté. » (Heb 12, 10).

De la communion des saints, découle le fait que nous pouvons prier pour nos frères en Christ, y compris ceux qui se trouvent dans le stade de purification du Purgatoire.

Cette pratique est exposée clairement dans les Ecritures.

  • 2 Tim 1, 16-18 : « Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore, car souvent il m’a réconforté, et il n’a pas rougi de mes chaînes ; au contraire, à son arrivée à Rome, il m’a recherché activement et m’a découvert. Que le Seigneur lui donne d’obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu’il m’a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne. »

Le fait que Paul prie pour son ami défunt entraîne deux conséquences :

1) Prier pour les morts est une bonne chose.

2) Notre prière leur apporte un bienfait.

Ainsi, Onésiphore est dans un stade où il peut bénéficier des prières à son égard (ce qui n’est pas possible en enfer et inutile au ciel) : il est donc au Purgatoire.

  • 1 Co 15, 29S’il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux ?»

Ici Paul ne fait pas allusion au baptême d’eau, mais à une sorte de baptême symbolique :

Mc 10, 38 : « Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? »

Dans ce contexte, Jésus ne parle pas du baptême d’eau mais du baptême symbolique du martyre, de la souffrance, de la persécution, etc. C’est, selon les Ecritures, un auter genre de baptême que nous pouvons recevoir.

Ainsi la phrase de Paul s’éclaire. Il dit : « s’il n’y a pas de résurrection, pourquoi subir la souffrance, la mortification personnelle, etc., pour les morts ? ». Les versets suivants confirment cette interprétation :

1 Co 15, 30-32 : « Et nous-mêmes, pourquoi à toute heure nous exposer au péril ? Chaque jour je suis à la mort, aussi vrai, frères, que vous êtes pour moi un titre de gloire dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Si c’est dans des vues humaines que j’ai livré combat contre les bêtes à Éphèse, que m’en revient-il ? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » (Référence à Is 22, 12-13 où Dieu appelle le peuple à la pénitence et ce dernier répond par toutes sortes de réjouissance en disant les mêmes mots : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons »)

Donc Paul fait allusion à la pénitence en faveur des morts. La raison de cette pratique, c’est la résurrection des morts. C’est une référence directe à un autre passage de l’Ecriture, 2 M 12, 43-44 (voir ici)

Ainsi prier pour les morts et offrir toutes formes de pénitence pour eux est une pratique scripturaire et apostolique.

La plupart des liturgies des premiers siècles incluent des prières pour les morts. Sur les tombes chrétiennes du premier,deuxième et du troisième siècle qui se situent à Rome, il n’est pas rare de trouver des prières adressés en faveur des disparus (ainsi qu’un grand nombre de prières réclamant l’intercession des saints, en particulier de St Pierre et de St Paul) gravées dans la pierre.

Tertullien, en 211 ap JC, évoque cette pratique de prier et d’offrit des sacrifices pour les morts, comme une coutume bien établie : « Nous faisons annuellement des oblations pour les trépassés et pour les nativités des martyrs» (De la  couronne du soldat, III). D’autres auteurs chrétiens, entre autres St Cyprien, St Ambroise et St Augustin, y font allusion.

En bref, si les Juifs, St Paul et les premiers chrétiens priaient pour les morts, cela implique qu’ils croyaient en l’existence d’un stade intermédiaire de purification, que la Tradition appelle Purgatoire. Prier pour les morts est donc une pratique sainte et bonne, pratiquée depuis la fondation de l’Eglise et même auparavant, par nos frères juifs.

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