L’EGLISE EST SAINTE (CEC § 823-829)
Le Nouveau Testament évoque souvent le lien entre l’Eglise et la sainteté. L’Eglise est « une nation sainte » (1 P 2, 9). Elle est l’Epouse du Christ (Eph 5, 31-32). C’est le « temple du Dieu vivant » (2 Co 6, 16). Et comme nous l’avons plus tôt, l’Eglise est le Saint Corps du Christ. Les membres de l’Eglise sont appelés « saints » (Ac 9, 13 ; 1 Co 6, 1).
Le concept de sainteté est omniprésent dans la Bible. Le mot hébreu pour sainteté est קדושה (Kedousha), signifie littéralement « mise à part », réservé pour un usage particulier, comme le Temple est différent des autres bâtiments, comme le Shabbat est mis à part des autres jours et comme l’épouse est mise à part pour l’époux (en hébreu « fiançailles » se dit « kiddushin »). Le peuple saint est composé de ceux que Dieu a mis à part du reste de la création, pour être le couronnement de cette création, ses fils et filles bien aimés.
L’Eglise est sainte parce qu’elle communique la Vie divine. Comme Corps du Christ, elle possède et dispense la vie même du Christ. Ses membres sont saints parce que, par le baptême, ils sont « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). C’est la signification de la grâce : participer à la vie même de Dieu. Ainsi, ceux que l’Eglise honorent comme « saints », sont ceux qui ont répondus d’une manière exemplaire à la grâce de Dieu. Souvent cette grâce s’est manifestée par des signes extérieurs comme une pratique héroïque des vertus, une mort en martyr ou par des miracles.
L’Eglise est sainte par sa doctrine qu’elle a reçu de son Fondateur Jésus qui est Saint (Ac 4, 27.30) et par le Saint Esprit qui demeure en elle. Sa doctrine est essentiellement l’imitation de Jésus et de sa vie de sainteté. La sainteté est ainsi la vie divine, la vie du Christ reproduit dans la vie et la mort des saints. D’une façon particulière, on le voit dans le cas des martyrs ; Ces derniers étaient vénérés dans l’Eglise primitive (Hb 11, 35-38, Ap 6, 9-11). Mais un autre groupe était encore plus vénéré par les premiers chrétiens. On dit d’eux qu’ils ont vécu le « martyre blanc », non pas en mourant de mort violent en témoin de l’Evangile, mais mourant au quotidien à eux-mêmes. Et parmi eux se trouvaient ceux qui avaient renoncé à la vie de famille pour le Christ et son Royaume, à savoir les vierges consacrés. Jésus loue le choix de ceux qui « qui se sont fait eunuques pour le Royaume des cieux » (Mt 19, 12). Ces personnes, par appel de Dieu, choisissent de se « mettre à part » comme un signe de sainteté, du kiddushin, du mariage de Dieu et de son Epouse, l’Eglise.
Tandis que Jésus n’a jamais connu le péché, l’Eglise qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est à la fois sainte et appelée à se purifier et doit poursuivre de façon incessante son effort de pénitence et de renouvellement. « Tous les membres de l’Église, ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs (cf. 1 Jn 1, 8-10). En tous, l’ivraie du péché se trouve encore mêlée au bon grain de l’Évangile jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 13, 24-30). L’Église rassemble donc des pécheurs saisis par le salut du Christ mais toujours en voie de sanctification » (CEC § 827).
Categories: