Posted by: cathobiblique | décembre 29, 2007

L’Eglise est une

L’Eglise, nous dit St Paul en Eph 3, 10 est un « mystère ». Ce mystère est si grand que les anges du ciel apprennent la sagesse de Dieu par l’Eglise et à travers elle. Comme nous ne pouvons pas voir que Jésus est le Fils du Dieu vivant sans le don de la foi, nous ne pouvons pas, sans la foi voir que l’Eglise est un organisme surnaturel, le Corps du Christ dont l’âme est le St Esprit.Nous allons, à l’aide de la Bible, découvrir les 4 caractéristiques prinicipales de l’Eglise fondée par Jésus et ainsi avoir les moyens de la reconnaître aujourd’hui.L’EGLISE EST UNE (CEC § 813-822)

St Paul met l’accent sur le fait que, comme il y n’y a qu’un seul Seigneur et un seul Dieu, il n’y a qu’ « une seule foi, un seul baptême » (Eph 4, 5). Il décrit fréquemment l’Eglise comme « un seul corps », identifié à l’unicité du corps même de Jésus (Rm 12, 5 ; 1 Co 10, 17 ; 12, 12-13 ; Eph 2, 16 ; 4, 4 ; Col 3, 15). Paul reconnaît que les chrétiens sont nombreux et différents, mais il insiste sur l’unité de l’Eglise. Il en parle même dans des termes sacramentaux : « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps (…) et tous nous avons été abreuvés d’un seul Esprit » 1 Co 12, 13. Les chrétiens sont liés par un baptême commun et une même Eucharistie.

Certains objectent que cette « Eglise » est purement spirituelle voire invisible. Mais ce n’est pas ce que Paul exprime lorsqu’il parle de l’Eglise comme le « corps » du Christ. Car le corps est la partie visible d’un être, dotée d’une âme. Si Paul avait voulu décrire une Eglise purement spirituelle, il n’aurait pas parlé de « corps » mais d’ « âme » du Christ….

« Corps » indique une unité visible. Jésus lui-même exprime un profond désir d’une Eglise unie. Evoquant un thème récurrent de l’Ancien Testament, il promet : « Il y aura une seul troupeau, un seul pasteur » Jn 10, 16. Nous pouvons être sûrs que ni Jésus ni Paul ne faisaient allusion à une unité de façade. Au contraire Paul dit : « Je vous en prie frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, Ayez tous le même langage ; qu’il n’y ait pas chez vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et la même pensée » 1 Co 1, 10. Dans l’évangile de Jean, Jésus prie le Père pour l’unité de tous ceux qui croient en Lui (Jn 17, 1-23).

La seule candidate pour une telle unité est l’Eglise Catholique, qui transcende toutes les frontières, qu’elles soient ethniques, nationales ou culturelles. C’est la seule communauté chrétienne qui professe une seule et même foi, inchangée, et ceci dans le monde entier et à travers les âges. Les chrétiens séparés, qui ne s’appuie que sur « l’Ecriture seule », se composent de plusieurs dizaines de milliers de dénominations. De plus, ces dénominations diffèrent l’une de l’autre sur des points de doctrine clés tels la nature de l’expiation et la signification des dons charismatiques, l’âge approprié pour le baptême et la fréquence minimale pour la communion, la moralité de l’avortement et de l’euthanasie, la nature et la fonction du clergé, et même le jour où les chrétiens doivent se réunir pour prier ensemble. Beaucoup de ces interprétations sont mutuellement contradictoires et s’excluent les unes des autres. Est-ce qu’une telle confusion est ce que Jésus et Paul appellent l’unité de l’Eglise ?

Si l’on compare toutes ces dénominations avec l’Eglise de l’Ancien Testament, on découvre une Eglise unie dans laquelle les « églises » sont divisées géographiquement, mais jamais divisées par rapport à la doctrine en multiples dénominations. Cette sorte de diversité est rejetée. Le seul groupe chrétien qui s’est divisé de l’Eglise, à l’époque de la rédaction du Nouveau Testament est celui des Nicolaïtes, qui professe une autre doctrine que celle des apôtres (Ap 3, 15).

Ce qu’il nous dit de l’Eglise primitive dans les Actes est vrai de l’Eglise catholique, à n’importe quelle époque et sous toutes les latitudes : « Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » Ac 2, 42. Partout où est l’Eglise catholique, le peuple s’assemble pour écouter la doctrine apostolique et communier à la fraction du pain, en disant les prières habituelles.

Cela ne signifie pas bien sûr que l’Eglise catholique n’a pas en son sein des râleurs dans les bancs, des rebelles, des dissidents et des pécheurs ! Mais l’Eglise reste une en dépit de ce type de personnages que l’on rencontre dans les pages des Actes des Apôtres, tel qu’Ananie et Saphire (Ac 5, 1-11), Simon le Magicien de Samarie (Ac 8, 9-24) et leurs semblables. Citons par exemple ceux que réprouve Paul dans la première aux Corinthiens ou ceux que déplorent Jean dans sa deuxième épître.

L’Eglise est divine mais aussi humaine. La Deuxième Personne de la Trinité est devenu homme et son corps crucifié a été couvert de saletés et de crachats. A toutes les époques les pécheurs à l’intérieur de l’Eglise (dont nous faisons aussi partie) sont ses salissures sur le Corps du Christ…

Le mot « mystère » est important ici, car c’est un autre mot que Paul emploie pour décrire l’Eglise (Eph 5, 32). Un mystère est quelque chose caché à la vue, quelque chose qui ne peut être connu que par la foi. Quand nous regardons l’Eglise, nous voyons et entendons son aspect humain, un phénomène sociologique. Mais avec les yeux de la foi, nous pouvons, comme Paul, discerner un vrai mystère, le seul « Corps du Christ ». Cela signifie affirmer quelque chose qui n’est pas apparent à la vue, mais qui appartient au domaine de la foi surnaturelle.

L’Eglise est sainte

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