Cathobiblique

décembre 23, 2007

Le canon de la Bible (1ère partie)

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 LE CANON DE LA BIBLE (ou « pourquoi la Bible catholique est plus grosse que les autres ? »)

Si Dieu se révèle à l’homme, il est indispensable d’avoir l’assurance que cette révélation soit accessible. De plus, parce qu’il est question de choses primordiales comme le salut, il nous faut savoir de façon infaillible quels livres contiennent la vérité divine, autrement dit, quels livre contiennent la Parole de Dieu. Pour cela, il nous faut une liste officielle (c’est-à-dire un canon) des livres inspirés de la Bible.

Première partie : L’Ancien Testament

A l’époque de Jésus, les juifs n’avaient pas de liste officielle des livres inspirées ou canon. Le mot «canon » vient du grec « kanon » signifiant « tige pour mesurer ».  Les juifs vivant en Palestine et parlant araméen utilisaient 24 livres qu’ils divisaient en trois parties : la Loi (5 livres de Moïse ou Pentateuque) ; les Prophètes (8 livres) et les Ecrits (11 livres). Les Saducéens qui mettaient l’accent principalement sur les livres de la Loi rejetait par exemple Daniel qui supportait la foi en la résurrection qu’ils niaient. D’autres tels que les Samaritains acceptaient seulement leur version du Pentateuque comme Ecriture,  et ce jusqu’à ce jour.

D’un autre côté les juifs de la diaspora, dispersés autour de la Méditerranée, étaient de langue grecque et utilisaient la traduction de la Bible hébraïque en grec réalisée autour de 250 av. JC à Alexandrie en Egypte. Selon la tradition, cette traduction fut effectuée par 70 ou 72 sages juifs, six par tribu. C‘est pour cela qu’elle est appelée la LXX ou Septante (du latin « septuaginta », « soixante-dix »). Cette traduction en grecque était très populaire, le grec étant devenu la langue la plus parlée dans le monde méditerranéen  (équivalent à l’anglais d’aujourd’hui). Le texte grec comporte 7 livres supplémentaires (appelés aussi « deutérocanoniques » « appartenant au second canon »): 1 et 2 Maccabées, Tobie, Judith, Siracide, Sagesse et Baruch, ainsi que des ajouts à Daniel et Esther. Il faut ajouter le fait que la LXX diffère, à certains endroits, du texte massorétique (le texte hébreu de référence). Par exemple en Is 7, 14, là où l’hébreu parle d’une « jeune fille », la LXX évoque une « vierge ». De fait, depuis la découverte les rouleaux de Qumran, il est apparu qu’il y avait au 1er siècle et probablement auparavant, plusieurs versions du texte hébreu. Il a été découvert par ex. une version de Jérémie très proche de la LXX mais écrite en hébreu.

Pour les premiers chrétiens, dont la plupart ne savaient lire l’hébreu, la LXX était l’Ancien Testament. Sur les 37 citations de l’Ancien Testament dans le Nouveau, 33 sont tirées directement de la LXX Plusieurs décennies après la vie du Christ, l’immense majorité des chrétiens était d’origine païenne et utilisait la LXX à l’exemple des juifs parlant grec, de Jésus et des apôtres. Lorsque l’Eglise décida de clore officiellement le canon des Ecritures en 382 à Rome, la liste des livres de l’AT retenue fut logiquement celle de la Septante qui ont été considérés inspirés par les chrétiens depuis la fondation de l’Eglise.

Le canon juif

Or le fait que les chrétiens utilisent la LXX pour montrer aux juifs que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes a entraîné un rejet progressif de cette traduction par la communauté juive. Or la LXX était en vigueur et honorée depuis plus de 350 ans par les juifs eux-mêmes.

Vers 90 ap. JC, un groupe de juifs, sous la direction de Yohanan Ben Zakkai,  reçu l’autorisation des occupants romains de se rassembler à Yabné, en Palestine. Ils reconstituèrent un Sanhédrin et parmi de nombreux sujets décida de légiférer à propos des écrits bibliques. Dans même élan, ils décidèrent de rejeter les écrits des chrétiens comme non inspirés, ainsi que le texte de la LXX et de mettre en œuvre une nouvelle traduction de l’Ancien Testament en grec. Nous ne savons pas si il y eut rejet de quelconque livre à cette période. Par contre, le livre de l’Ecclésiastique et le Cantique des cantiques fut alors acceptés. Cependant cela n’a pas empêché de nombreuses disputes ultérieures à leur sujet. De fait la discussion en milieu juif autour des livres de l’Ancien Testament s’est continué après Yabné, jusqu’au 3ème siècle, bien après la période apostolique.

Le canon de l’Eglise catholique

La plupart des Pères de l’Eglise ont considéré la Septante comme la forme standard de l’Ancien Testament, les livres deutérocanoniques n’étant pas distingués des autres. Le concile de Rome (382) publie sous l’autorité du pape Damase la liste des 46 livres de l’Ancien Testament et des 27 du Nouveau. Cette liste est reprise par les conciles d’Hippone (393) et Carthage (397 et 419). Ceci n’est que la confirmation de ce qui était déjà le consensus général de l’Eglise. Les manuscrits grecs de l’Ancien Testament les plus anciens, tels le Codex Sinaiticus (4 ème siècle) et le Codex Alexandrinus (autour de 450) inclus les deutérocanoniques insérés avec les autres livres. Ainsi lorsque le concile de Trente (1545-1563) réaffirmera avec vigueur face à la Réforme le canon de l’Ecriture, il ne fera que de réitérer une décision vieille de 11 siècles et demi.

La Réforme

Les protestants, à la suite de Martin Luther, enlevèrent les deutérocanoniques de leurs Bibles, en raison des doctrines qu’ils renferment et qui venaient d’être récemment répudiés par la Réforme, tel que la prière pour les défunts (Tb 12, 12 ; 2 M 12, 39-45 ; cf. 1 Co 15, 29), l’aumône pour l’expiation des péchés (Tb 12, 9 ; Cf. Pr 16, 6), l’intercession des fidèles défunts (2 M 15, 14, cf. Ap 6, 9-10) et l’intercession des anges (Tb 12, 12.15 ; cf. Ap 5, 8 ; 8, 3-4). Nous savons cela par des déclarations claires de Luther et des autres réformateurs. En fait Luther ne s’arrêta pas là et commença à mettre en doute l’inspiration d’autres livres de la Bible. Il considérait Job et Jonas comme de simples fables et le livre de l’Ecclésiaste incohérent et incomplet. Il émit le souhait qu’Esther « n’existât point ». De plus il rejeta du canon du Nouveau Testament la lettre aux hébreux, la lettre de Jacques (qu’il appelait « l’épître de paille »), Jude et l’Apocalypse, et les plaça à la fin de sa traduction, comme des Apocryphes du Nouveau Testament. Il les considérait comme non apostoliques. Du livre de l’Apocalypse il dit : « Christ n’est ni enseigné ni connu à l’intérieur ». Ces opinions se trouvent dans les préfaces de Luther aux livres bibliques, dans sa traduction allemande de la Bible en 1522.

2ème partie

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